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05/10/2011

ÉLECTIONS : POSITION DE L'ÉPISOPAT FRANÇAIS

Avant l’élection

 

présidentielle,

 


les conseils

 

 

de l’Eglise de France


 


Les évêques ont rendu public un texte visant à éclairer les chrétiens avant les échéances électorales.

Le texte propose treize « éléments de discernement », pour lesquels est précisée la position de l’Église catholique.

Le document insiste en particulier sur les questions d’éthique et de société.

Le ton est nouveau, plus précis et plus incisif. Il est d’usage que, quelques mois avant les élections, les évêques de France rendent public un texte de réflexion, de façon à éclairer les chrétiens sur les enjeux du débat politique à venir. Mais, par rapport au document « Qu’as-tu fait de ton frère ? », publié dans les mêmes circonstances, en octobre 2006, avant l’élection présidentielle de 2007, le texte présenté hier par le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques, « Élections : un vote pour quelle société ? », se veut beaucoup plus concret.

Après une première partie qui dresse le tableau de fond, évoquant la crise économique et le pluriculturalisme qui caractérise désormais la société française, un second volet expose 13 points d’attention, appelés « éléments de discernement », sur lesquels les électeurs chrétiens doivent s’interroger et interpeller les candidats. Avec, pour certains d’entre eux, l’explicitation très claire de ce que l’Église catholique estime essentiel : ainsi, le rejet (« impératif ») de l’instrumentalisation de l’embryon, la différence sexuelle homme-femme (« fondatrice et structurante »), le refus de l’injustice économique (corrections des écarts disproportionnés de richesse « exigée »), la prise en compte de l’immigration (« accueillir au mieux ceux qui se présentent ») ou de la fin de vie (« rejet » de l’euthanasie).

Il s’agit d’une sorte de « boîte à outils » pour l’élection présidentielle : une grille de lecture morale, sur des rubriques précises. De ce point de vue, le texte des évêques marque pour l’Église une nouvelle manière d’intervenir dans le débat politique, qui fait penser aux « points non négociables » souvent énumérés par Benoît XVI lorsqu’il s’adresse aux dirigeants politiques : l’Église ne se contente pas d’une position de principe éthique. Elle aborde les sujets qui lui tiennent à coeur en donnant précisément sa position.

Certes, comme l’a rappelé le cardinal Vingt-Trois en présentant hier ce texte à la presse, « l’essence de la politique, c’est la négociation ». Donc « on peut toujours dire qu’il y a des éléments non négociables, mais les hommes politiques, eux, sont là pour négocier ». Il n’empêche, le président de la Conférence épiscopale note que « des lobbys, même minoritaires, militent pour que l’on légalise un certain nombre de choses ». Dans ce contexte, la prise de position de l’épiscopat est destinée à « alerter les citoyens », « allumer des balises, sur le chemin ardu du choix ».

Les évêques prennent acte du nouveau positionnement d’une parole chrétienne désormais minoritaire dans l’espace politique. Dans un monde où les valeurs chrétiennes ne sont pas, et de loin, partagées par la majorité, l’Église ne peut se contenter de présenter les grands principes de la doctrine sociale, mais doit intervenir de manière plus explicite sur tel ou tel point, avec son expertise. Une méthode éprouvée lors de la révision des lois de bioéthique en 2010, par Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, qui a présenté sur les questions précises le point de vue de l’Église, après un important travail de réflexion en amont.

De plus, l’épiscopat a conscience aussi de la sensibilité nouvelle des catholiques sur certains sujets, notamment éthiques, et de la capacité de mobilisation de réseaux catholiques.

Enfin, avec le document rendu public hier, les évêques commencent à marquer le terrain en cas d’alternance politique, et de projets législatifs concernant des questions de société. De fait, si les 13 points abordés concernent aussi les domaines économiques et sociaux, les sujets d’éthique sont particulièrement présents, qu’il s’agisse de la différence sexuelle, de la recherche sur l’embryon, ou de l’euthanasie.

En proposant un texte aussi détaillé, les évêques ont bien conscience d’être sur une ligne de crête difficile à tenir.

Fidèles en cela à la tradition politique française, ils se refusent à soutenir un candidat en particulier.

« Nous excluons totalement de nous situer dans une identification à un parti politique », a bien rappelé Mgr Vingt-Trois. Et dans le même temps, il n’est pas besoin d’aller bien loin pour trouver dans les programmes politiques des mesures contrevenant à certaines des exigences formulées par l’épiscopat, notamment les questions liées au mariage, la fin de vie ou l’immigration. L’épiscopat ne veut en aucun cas s’ériger en autorité suprême mais seulement proposer aux Français des éléments de réflexion : « L’Église n’a pas d’autre puissance que sa capacité de convaincre et son autorité morale, ajoute encore le cardinal Vingt-Trois. La responsabilité pèse sur les électeurs, qui vont devoir arbitrer. »

iSABELLE DE GAUlMYN

et FRANCOiS-XAViER MAiGRE

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03/10/2011

LE PAPE PEUT-IL ÊTRE JUGÉ PAR UN TRIBUNAL INTERNATIONAL?

 

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La plainte contre le pape devant la Cour pénale : une anomalie juridique

 

Une initiative de victimes de prêtres pédophiles

 

ROME, Dimanche 2 octobre 2011 (ZENIT.org) – Nous proposons aujourd’hui un « Observatoire juridique » spécial, face à la plainte déposée par le SNAP (Survivors Network of those Abused by Priests), la plus importante association de victimes de pédophilie de la part de membres de l’Eglise, contre le pape Benoît XVI et plusieurs cardinaux de l’Eglise.

 

L’histoire du droit, au cours de sa longue évolution, a accumulé quelques curiosités juridiques. Je veux parler de situations anormales généralement classées dans les cas qui, parfois, font du droit une « mission impossible » ; autrement dit ce qu’on a appelé judicieusement une « iustopie ». Un grand nombre relève de la procédure, probablement parce que les sentiers du juriste sont tellement variés, qu’il n’est pas rare de voir certains finir dans des voies sans issue.

 

Je crains que l’un d’eux soit le chemin choisi par des conseillers juridiques de certaines victimes de ce délit gravissime qu’est la pédophilie. L’intention d’attribuer à l’Eglise catholique, au Saint-Père ou aux membres de la Curie de Rome, la responsabilité de faits commis dans différentes parties du monde par des personnes dotées de la capacité suffisante pour relever de la responsabilité pénale, et où il existe des organes judiciaires compétents pour les juger, constitue une véritable anomalie juridique.

 

Il ne s’agit pas seulement de quelque chose d’injuste mais, en outre, d’une mission impossible. Un peu comme si – pardonnez-moi la comparaison, qui comporte toujours une part d’inexactitude - on accusait le secrétaire général de l’ONU de faits délictueux commis dans l’un des 192 pays membres des Nations Unies. Les coupables sont les délinquants, non les autorités qui luttent pour éradiquer ces délits.

 

Le cas de Benoît XVI est particulièrement exemplaire : il a été le pontife qui a fait le plus dans la prévention et le châtiment des clercs ou religieux pédophiles. Certainement un petit nombre, par rapport à la grande majorité des membres du clergé ou des religieux qui mènent une vie ordonnée et irréprochable.

 

Certains média ayant eu l’amabilité de solliciter de notre Observatoire juridique une analyse de la plainte déposée devant la Cour pénale internationale de la Haye (CPI) – à ne pas confondre avec la Cour internationale de justice de l’ONU (CIJ) -, qu’il me soit permis de résumer ma pensée. Le lecteur me pardonnera si, inévitablement, je devrai recourir à un certain jargon juridique.

 

Compétence et matières jugées par la Cour pénale internationale. Le cas du Saint-Siège

 

Pour qu’un organisme international ait capacité d’agir, il faut avant tout qu’il soit compétent en l’espèce et que l’affaire portée devant lui soit recevable. La CPI exerce sa compétence à l’égard des personnes physiques, majeures, ressortissants d’Etats qui ont ratifié le Statut de Rome de 1998 instituant la CPI. A ma connaissance, ni le Saint-Siège ni le Vatican ne figurent parmi les Etats qui l’ont fait. Ainsi, en l’occurrence, cette Cour n’a compétence à l’égard ni du Saint-Père ni des 450 personnes environ qui jouissent de la citoyenneté vaticane, dont les cardinaux Bertone, Levada et Sodano, visés par la plainte déposée. Il en va de même, par exemple, pour les Etats-Unis ou la Chine qui n’ont pas ratifié le Statut de Rome : leurs autorités ne relèvent pas de la compétence de la Cour.

 

Seulement dans le cas où le Conseil de sécurité des Nations Unies estimerait qu’il existe une menace pour la paix et la sécurité internationales – ce qui bien évidemment n’est pas le cas -, la Cour pénale internationale pourrait être appelée à enquêter et juger de faits commis dans un Etat qui ne serait pas Partie au Statut de Rome. Cela est arrivé avec le génocide du Darfour (Soudan). Ce pays n’était pas Partie au Statut, cependant le 31 mars 2005, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1593déférant la situation du Soudan à la Cour pénale internationale (CPI).

 

Pour ce qui concerne la matière qui fait l’objet de la plainte (pédérastie pratiquée dans diverses zones géographiques), on pourrait très difficilement les faire entrer dans le champ d'action des crimes contre l’humanité énumérés à l’article 7 du Statut de la Cour. Non parce qu’ils n’auraient pas un caractère suffisant de gravité ; mais parce que cet article entend par crimes contre l’humanité des actes déterminés « lorsqu’ils sont commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque ». Parmi ces actes, certains délits sexuels comme la prostitution forcée, grossesse forcée, stérilisation forcée ou « ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable ». L’exemple le plus typique est celui des grossesses forcées, perpétrées en masse par une ethnie à l’encontre d’une autre, dans le cadre de conflits armés. En effet, la CPI a enquêté sur ce type de crimes commis au Congo, en Ouganda et en République centrale africaine.

 

Cependant, il s’agit ici de délits qui auraient été commis par des prêtres de différentes nationalités dans divers pays. Il manque ce que Cuno Tarfusser, juge de la CPI, vient de définir comme l’ « élément contextuel », c’est-à-dire des actes qui auraient été commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre une population civile, dans la poursuite de la politique d’un Etat. Depuis 2002, date où elle a commencé à fonctionner, la CPI a reçu quelque 8000 plaintes de toutes sortes. A ma connaissance, aucune procédure n’a été ouverte pour pédérastie dans ce contexte.

 

Complémentarité entre la CPI et les juridictions nationales

 

Ainsi donc, c’est le droit pénal de chacun des pays concernés qui a compétence, individuelle et territoriale. N’oublions pas que la Cour pénale internationale n’est que « complémentaire » des juridictions nationales (article 1 Statut CPI). Par conséquent, selon les dispositions du Statut, une question sera jugée recevable par la Cour seulement lorsque « l’affaire fait l’objet d’une enquête ou de poursuites de la part d’un État ayant compétence en l’espèce, à moins que cet État n’ait pas la volonté ou soit dans l’incapacité de mener véritablement à bien l’enquête ou les poursuites »(article17).

 

Est intéressante la position adoptée par la jurisprudence américaine à propos des relations entre les diocèses et le Saint-Siège en matière de pédophilie. En 2009, la cour d’appel des Etats-Unis pour le neuvième circuit a décrété, dans un important arrêt, qu’il n’y a pas lieu de parler de « communication ou de lien de responsabilité entre les diocèses et les membres du clergé concernés et le Saint-Siège » (Arrêt John Doe et Saint-Siège, année 2009, Cour d’appel pour le neuvième circuit, recours auprès de la Cour suprême rejeté).

 

Un autre tribunal de la Haye, lui non plus, n’aurait pas compétence : la Cour internationale de justice de l’ONU, non seulement parce que le Saint-Siège n’est pas un Etat membre de l’ONU (il ne dispose que du statut d’observateur permanent), mais aussi parce que, dans ce cas, il ne peut agir à travers des groupes de personnes, mais à travers des Etats, qui seuls ont qualité pour se présenter devant la Cour.(article 34.1 de la Cour internationale de justice de l’ONU).

 

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire à plusieurs reprises, j’ai l’impression que quelques-unes des victimes de ces graves délits font l’objet d’une manipulation juridique par des adversaires de l’Eglise catholique. Il ne s’agit pas de minimiser leur douleur et la gravité du délit. Ce dont il s’agit est que cette indignation naturelle puisse trouver son expression adéquate – juridique également – dans les juridictions compétentes. Toute manipulation finit à la longue par être démasquée, surtout quand elle s’accompagne d’un grand déploiement médiatique. Le droit est un instrument très sensible face aux tentatives de cette sorte. Il réagit fortement, en rejetant ce qui n’est pas juste ou qui est grossi dans ses revendications de compétence. Ayons confiance dans la justice pénale des pays dans lesquels se sont produits ces faits douloureux que, j’en suis sûr, elle punira avec la sévérité voulue.

 

Par ailleurs, il est surprenant que cette plainte en justice ait été déposée immédiatement après cette approbation massive de la figure de Benoît XVI par deux millions de jeunes lors de la JMJ de Madrid, et immédiatement avant un voyage délicat du pape en Allemagne.

 

En définitive, je prévois pour cette plainte non fondée un refus sans palliatifs de la part de la Cour pénale internationale. Le thème, me semble-t-il, sera considéré avec le temps comme une de ces raretés juridiques qui, de temps à autre, se vérifient dans l’histoire du droit.

 

Rafael Navarro- Valls

 

Traduit de l'espagnol par Elisabeth de Lavigne

 

*L’Observatoire juridique est un espace de réflexion dirigé par l’Espagnol Rafael Navarro - Valls, professeur à la faculté de l’Université Complutense de Madrid, et secrétaire général de la Royale Académie de jurisprudence et de législation d’Espagne

 

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10:38 Publié dans ACTUALITÉ | Commentaires (0)

22/09/2011

FESTVAL DE LOIRE À ORLÉANS

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FESTIVAL DE LOIRE 2011

 

Du 21 au 25 septembre 2011, les quais d’Orléans se mettent de nouveau en scène et accueillent pendant cinq jours de festivités le plus grand rassemblement européen de la marine fluviale. 600.000 visiteurs sont attendus pour découvrir ce patrimoine vivant exceptionnel et profiter des centaines d’animations et des grands spectacles entièrement gratuits.

Bienvenue au port d’Orléans !

 

Le temps de cette manifestation unique, quelques 500 mariniers de Loire et d’autres fleuves réinvestissent les quais d’Orléans et font résonner les pavés de ce port historique au rythme de leurs chants, et au travers leurs démonstrations des métiers traditionnels de la batellerie.

La Loire à l’honneur

 

Dernier fleuve sauvage d’Europe, la Loire et ses rives, classées au Patrimoine mondial de l’Humanité, portent une histoire riche, profondément ancrée à Orléans. Plus de 200 bateaux traditionnels viennent célébrer ce patrimoine au gré des démonstrations nautiques, des balades sur le fleuves, des régates et des joutes.

Les pays Bas invités

 

Après le Portugal et ses fleuves en 2009, les Pays-Bas et ses canaux seront les invités de l'édition 2011. Une dizaine d'embarcation partira des Pays Bas cet été pour rejoindre les quais d'Orléans, via les canaux, la Seine et la Loire. A leur arrivée, les hollandais feront partager leur culture ainsi que leur gastronomie, rapportée par bateau.

Un air de fête…

 

Chaque jour, les exposants vous proposent de découvrir l’artisanat et la gastronomie de la région tandis que les guinguettes offrent une restauration thématique au plus près du fleuve. Artistes, poètes, musiciens, les déambulations et spectacles de rue égayent petits et grands dans une ambiance festive et pédagogique.

Et de rêve !

 

Au crépuscule, le site s’illumine et dévoile ses scènes, parmi lesquelles la Loire joue le premier rôle. Chaque soir, un grand spectacle lui rend hommage et crée un tableau unique qui mêle poésie et réjouissances.

J Puyo ©

 

 

renseignements du public :

Office de tourisme et de congrès d’Orléans

2, place de l’Etape

45000 Orléans

02 38 24 05 05

Contact

Contact

 

 

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21/09/2011

ENCORE LA PEINE MORT AUX USA !

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La Géorgie refuse la clémence

à Troy Davis

 

Le comité des grâces de Géorgie, dans le sud des États-Unis, a choisi hier de ne pas commuer en prison à perpétuité la peine du condamné à mort Troy Davis.

Malgré les nombreuses zones d’ombre de l’affaire, le Noir américain de 42 ans

doit être exécuté ce soir.

 

Après de longues discussions, et malgré une forte mobilisation américaine et internationale, le comité des grâces de Géorgie a refusé hier de sauver Troy Davis : les cinq membres de cette institution indépendante ont confirmé la condamnation à mort de celui qui est devenu, au fil du temps, de recours en recours, un symbole du combat des abolitionnistes.

Ses avocats pensaient pourtant avoir été convaincants lundi : pendant trois heures, ils avaient présenté leurs arguments devant le comité, rappelant les zones d’ombre qui entourent ce qui s’est passé ce jour de 1989, sur un parking de Savannah.

Un policier intervenant pour mettre un terme à une bagarre avait été mortellement blessé par balle. Si neuf témoins avaient désigné à l’époque Troy Davis comme l’auteur du coup de feu, sept se sont depuis rétractés, confiant même à la justice les pressions qu’ils avaient subies de la part des forces de l’ordre. Or ces témoignages étaient les seuls éléments dont disposait l’accusation : l’arme du crime n’a jamais été retrouvée et aucun élément matériel n’implique le condamné afro-américain. Alors que de nombreux manifestants s’étaient donné rendez-vous à Atlanta et défilaient devant le siège du comité en portant des pancartes

« Nous sommes tous Troy Davis » ou « Justice, libérez Troy Davis », « Trop de doutes, sauvez Troy Davis »

les avocats avaient obtenu des soutiens qu’ils espéraient déterminants. Comme celui de Brenda Forrest : cette jurée du procès de 1991 avait fait le déplacement pour plaider en faveur de l’homme qu’elle avait pourtant contribué à condamner, estimant aujourd’hui qu’il y a bien trop de doutes pour l’envoyer à la mort. Deux autres jurés avaient par écrit également fait part de leur regret, et réclamé la clémence. Ils rejoignaient une longue liste de personnalités d’horizons divers, de Desmond Tutu à Benoît XVI, en passant par l’ancien président Jimmy Carter ou, ces derniers jours, l’ancien directeur du FBI Williams Sessions.

À défaut d’avoir pu aboutir à la révision du procès, les avocats espéraient que ces arguments pourraient convaincre le comité des grâces, ultime recours dans cet État où le gouverneur n’a pas pouvoir de grâce. Cette institution dont les membres sont nommés par le gouverneur, et qui est censée mieux garantir la séparation des trois pouvoirs, avait certes déjà refusé la clémence au condamné en 2008. Mais les avocats de Troy Davis voulaient croire en une volte-face, après la nomination, ces dernières années, de trois nouveaux membres. Ils ont rappelé que des témoins s’étaient rétractés depuis 2008, laissant planer un doute réel sur l’identité du tueur. Or en juillet 2007, le comité des grâces avait assuré que « les membres du comité des grâces de Géorgie n’autoriseraient pas qu’une exécution ait lieu dans cet État à moins que ses membres ne soient convaincus qu’il n’y a aucun doute quant à la culpabilité de l’accusé ».

En vain : le comité des grâces ayant fermé la dernière porte qui pouvait faire sortir Troy Davis du couloir de la mort, plus rien ne peut désormais empêcher son exécution.

Au soulagement de la famille de Mark MacPhail, le policier tué en 1989 à 27 ans, venue elle aussi plaider sa cause, réaffirmant sa conviction que Troy Davis est bien l’auteur du meurtre commis à Savannah.

« Justice est en train d’être rendue. C’est ce que nous voulions », a déclaré hier Anneliese MacPhail, la mère du policier, qui a indiqué qu’elle n’assisterait pas à l’exécution. « Nous sommes les vraies victimes», a ajouté Joan MacPhail-Harris, sa veuve. Elle assistera ce soir à l’exécution de Troy Davis en compagnie de leurs deux enfants, qui ont rappelé n’avoir presque pas connu leur père.

Chez les proches de l’accusé, la colère est à la hauteur des espoirs déçus. « Je suis profondément choqué et déçu par cet échec de notre justice, à tous les niveaux, à corriger une erreur judiciaire », a réagi Brian Kammer, l’un des avocats de Troy Davis.

« Clémence refusée. Triste. Scandaleux», écrivait sur son compte Twitter Laura Moyle, directrice de la campagne contre la peine de mort aux États-Unis d’Amnesty International. Un rassemblement était prévu plus tard dans la journée à 19 heures devant le Capitole de Géorgie à Atlanta, les manifestants étant invités à porter un brassard noir et les mots : « Pas en mon nom ».

À la même heure ce soir (1 heure du matin à Paris), Troy Davis sera exécuté par injection mortelle, en dépit des nombreux doutes. Il sera le 52e condamné à périr ainsi en Géorgie depuis le rétablissement de la peine de mort aux Etats-Unis en 1976.

Gilles Biassette (La Croix, 21/09/2011)

 

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13/09/2011

SANT'EGIDIO À MUNICH

La rencontre de Sant’Egidio invite

à sortir de l’obsession du terrorisme

 

 

Sant'Egidio.jpg

 

 

Marquée par le souvenir du 11-Septembre, la Rencontre internationale pour la paix de la communauté italienne Sant’Egidio s’est ouverte dimanche à Munich.

S’adressant hier à cette rencontre interreligieuse, Angela Merkel a regretté l’absence des « racines chrétiennes » dans les traités européens.

 

MUNICH

De notre envoyée spéciale

 

Les images des deux tours du World Trade Center étaient présentes dans toutes les mémoires des participants à la célébration de cet anniversaire, dimanche 11 septembre, à Marstallplatz à Munich, qui a ouvert la rencontre de Sant’ Egidio pour le dialogue des religions et des cultures. Mais pas seulement dimanche. Les deux tours sont comme en surimpression de chacune des interventions des hommes de religion, mais aussi de l’entreprise et de la politique, qui, durant deux jours, se croisent dans les divers bâtiments de la ville bavaroise.

Tentation naturelle, dix ans après, jour pour jour. Mais justement, portant un regard sur la décennie qui vient de s’écouler, les participants de la rencontre ne peuvent se départir d’un sentiment d’échec, et de rendez-vous manqué. « N’avons-nous pas perdu dix années ? », s’est interrogé Andrea Riccardi, le responsable de la communauté Sant’Egidio. Comme si, a expliqué en substance l’historien, on s’était focalisé sur un ennemi invisible, cédant en cela aux tentations du « choc de civilisations», à une « interprétation de l’histoire comme un conflit permanent entre l’islam et l’Occident ».

Pour quels résultats ? 130 000 morts civils, dans les conflits de l’Afghanistan, de l’Irak et du Pakistan, et de nombreux morts militaires, reprend Andrea Riccardi, alors qu’au même moment, le nombre de pauvres, de réfugiés, d’immigrants a augmenté. Sont apparus des nouveaux problèmes, que l’obsession de la lutte contre le terrorisme a pour un moment masqués, avec une crise économique et financière et l’émergence de zones grises, où règne une « culture de la violence », « fruit de la pauvreté, de la mafia et de la criminalité ».

Comme l’a souligné de son côté le cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich, il est temps d’avoir une réponse « plus large et plus profonde » que la seule lutte contre le terrorisme. « Nous ne devons pas seulement nous protéger de la violence, a-t-il repris, mais aussi trouver de nouvelles réponses pour la paix et le vivre-ensemble dans un monde global. » « Il me semble, a-t-il repris, que tout s’est passé comme si la décennie avait été perdue sans que l’on recherche des réponses plus profondes : nous nous sommes probablement trop habitués aux scénarios de guerre et à la rhétorique de l’affrontement. » Dans le message qu’il a envoyé à ces journées

de Munich, hier, Benoît XVI a d’ailleurs, à quelques jours de l’anniversaire des 25 ans de la rencontre d’Assise, rappelé la « grande valeur » de ces rendez-vous interreligieux, pour contribuer à bâtir un « vivre ensemble» autour des principes

communs.

En résonance, les hommes et femmes de Sant’Egidio s’attachent, en ce début de semaine, à sortir d’un affrontement de civilisation pour élargir leurs regards aux nouveaux problèmes. La large place donnée à la crise économique et financière, avec notamment la présence de Christophe de Margerie, directeur général de Total, est significative.

L’Europe et ses incertitudes, hésitations et divisions économiques actuelles, ont été l’un des autres axes forts de cette rencontre.

Comme l’a souligné Angela Merkel, venue hier après-midi devant les participants, l’Europe a su, après 1989, montrer que l’espoir et la paix étaient possibles. Et si elle l’a su, c’est que, dans cette « maison commune » qui s’est construite, les Églises ont fortement contribué à « cimenter ses valeurs communes qui nous unissent ».

« C’est pourquoi, a-t-elle martelé en faisant allusion à l’opposition française de l’époque, il aurait été important de rappeler dans la Constitution européenne, comme dans le Préambule, les racines chrétiennes de l’Europe. » Car, a poursuivi la chancelière protestante, citant son compatriote le pape Benoît XVI, « sans la religion, nous risquerions d’oublier le véritable sens de notre vie ».

Angela Merkel a appelé de ses voeux le soutien des religions face à la crise financière et économique que traverse aujourd’hui le Vieux Continent. « On emploie des mots techniques pour analyser l’état de la dette, dans tel ou tel pays. Mais plus sereinement, il faut simplement expliquer que nous ne pouvons peser sur les générations européennes futures. Et je vous demande à vous, hommes de religion, d’aider les gouvernements de l’Europe en ce sens. »

C’est à cette condition, a-t-elle conclu en substance, que l’Europe, aujourd’hui un continent prospère, pourra continuer à se battre pour promouvoir, de l’Afrique du Nord au Proche-Orient, la dignité et la liberté de l’homme.

iSABELLE DE GAULMYN

10:36 Publié dans ACTUALITÉ | Commentaires (0)

 
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