logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

09/04/2012

9 AVRIL 2012 : LUNDI DE PÂQUES

« Un ressuscité vraiment déconcertant »

 

 

Le RESSUSCITÉ.jpg

Nous voici parvenus à la fin de ce temps de carême, temps de grâce que l’Église nous a proposé.

Est-ce un grand Ouf que nous poussons en disant : « J’m’en suis pas mal tiré. J’ai respecté ce que je m’étais dit » et, laissant là ce temps, repartir dans le monde, reprendre notre vie « normale »… Or, qui dit fin, dit toujours nouveau départ.

Qu’en est-il donc de ce nouvel aujourd’hui ? Un regard neuf, rendu acéré par le renouvellement de notre intelligence, nous découvre des horizons nouveaux qu’il nous faut atteindre.

Le renouvellement de l’intelligence sur notre manière de voir le Christ est en réalité une libération de nos vues à court terme, nos vues parcellaires, pour embrasser l’universel.

Apprécions-nous maintenant les aspects déconcertants de notre Dieu qui sont autant de portes ouvertes dans les murs de nos enfermements ? Sommes-nous convaincus du bienfait de ses exigences ? Avons-nous expérimenté la suavité des fruits qu’ils nous tend ? La Parole de Dieu a-t-elle, à travers nos lectures et méditations, retrouvé sa saveur et fait naître en nous le désir de l’approfondir et de s’en nourrir ?

 

Si oui, alors nous sommes prêts maintenant à vivre la tête dans le Ciel et les pieds sur la terre. Non plus l’un ou l’autre, mais les deux en même temps, ce qui est la prouesse que le chrétien réalise : plongé dans ce monde en n’étant plus de ce monde (Jean 17, 16).

 

En ce saint dimanche de Pâques, nous affirmons que Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité. Pourquoi rajouter un « vraiment » ? Parce que le doute frappe encore à la porte. Il a frappé à la porte de Thomas et des apôtres, pourquoi ne frapperait-il pas à la nôtre ?

Croyons-nous que Jésus est ressuscité ? Même si la réponse se fait dans l’intimité de notre cœur, notre bouche doit être capable de le proclamer. Personnellement, je ne crois pas qu’il est ressuscité. Je sais qu’il l’est car je l’ai rencontré ! C’est peut-être cela que signifie : « vraiment ressuscité ».

 

Afin qu’ensemble nous continuions avec joie et émerveillement de nous laisser dérouter par Dieu, en ce jour de résurrection, voici encore une manière d’être du Christ qui est déroutante et qui nous oblige à renouveler notre intelligence :

 

Jésus se tint au milieu d’eux. Et il leur dit « Paix à vous ». Stupéfaits et saisis de crainte, il leur semblait contempler un esprit. Et il leur dit : « De quoi êtes-vous troublés ? Et pourquoi des incertitudes s’élèvent-elles en vos cœurs ? Voyez mes mains et mes pieds : oui, c’est bien moi. Touchez-moi ; et rendez-vous compte qu’un esprit n’a ni chair ni os comme vous constatez que j’en ai ». Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds. Comme ils étaient encore incrédules à force de joie et dans l’étonnement, il leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Et ils lui donnèrent un peu de poisson grillé ; et il le prit et mangea en leur présence… Et il les emmena jusque vers Béthanie.

(Luc 24, 36-43.50)

 

Ce n’est pas un Christ désincarné, un ectoplasme pour spirite averti, un esprit ou un fantôme sorti du tombeau, c’est bien un être vivant, avec un corps qui est présent au milieu d’eux… un corps de gloire, certes, mais vraiment un corps vraiment ressuscité.

 

Pensez-vous, que ce soit une activité digne du ressuscité (tel qu’on se l’imagine), de préparer à manger à ses apôtres, et de les inviter à déjeuner(verset 12) ? Pourtant c’est ce qu’il fait sur la plage.

 

Lorsqu’ils furent descendus à terre, [ayant quitté leur barque] ils aperçoivent sur le sol un feu de braise sur lequel il y avait du poisson et du pain… Jésus s’approche, et prend le pain et le leur donne ; et le poisson, de même… Lors donc qu’ils eurent déjeuné…

(Jean 21, 9… 15)

 

Méfions-nous des lectures trop symboliques qui viennent au secours de notre manque de foi. Même si les Pères de l’Église y ont vu de multiples sens, le Christ est bien là sur la plage entrain de faire griller du poisson pour ses apôtres !

Franchement, trouvez-vous que c’est un job de ressuscité ? Notez d’ailleurs que peu ou pas de peintre n’ont saisi ce sujet… tant il est déconcertant, inattendu.

 

Combien de repas Jésus ressuscité a-t-il pris avec ses apôtres ? Les Évangiles ne nous le disent pas. Qu’importe, qu’il en ai pris un ou dix… Un est déjà déconcertant. C’est ce que nous relatent aussi les Actes des Apôtres (1, 4 et 10, 41) : Au cours d’un repas qu’il partageait avec eux ou encore À nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts…

Notons bien, ce n’est pas au cours du repas, mais d’un repas… ce qui laisse supposer qu’il y en a eu plusieurs. A-t-on besoin de supposer d’ailleurs ? Un repas, c’est déjà trop pour nos intelligences qui pensent à un ressuscité de type ascensionnel, lumineux, extatique, — ce qu’il est aussi !

 

Déconcertant ressuscité qui nous dit qu’il va nous préparer une place et qu’il sera avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde…

Le croyons-nous vraiment ?

 

 

En cette septième étape :

 

  • Croyons-nous qu’Il est vraiment ressuscité ? Si nous avons une difficulté à croire, demandons à Jésus, en cette fin de carême de faire grandir en nous la foi.
  • Attachons-nous à lire la Parole de Dieu et à la méditer chaque jour.
  • Pourquoi ne pas continuer le rythme de prière mis en place durant le carême ?

 

 

 

TEXTE DE RÉFLEXION

qui nous emmène déjà vers la Pentecôte

 

 

Dans le doute

 

Lorsque Jésus se rendit présent devant les disciples, il réussit à les convaincre moins en leur montrant son corps qu’en leur insufflant le don qu’il leur faisait.

Comme vous le savez, quand il vint à eux, portes closes, et se tint debout au milieu d’eux, ils furent troublés et effrayés, croyant voir un esprit (Jn 20,26 ; Lc 24, 36-37) ; mais il souffla sur eux et leur dit : Recevez le Saint-Esprit (Jn 20, 22). Puis il leur envoya du ciel le même Esprit, mais par l’effet d’un nouveau don. Ce sont ces dons qui furent pour eux les témoignages et les preuves indubitables de sa résurrection et de son retour à la vie.

C’est l’Esprit en effet qui témoigne, d’abord dans le cœur des saints, puis par leur bouche, que le Christ est la vérité (1 Jn 5, 6), la vraie résurrection et la vie. C’est pourquoi les Apôtres, qui étaient d’abord restés dans le doute même après avoir vu son corps vivant, rendirent témoignage avec une grande force à sa résurrection (Ac 4, 33), lorsqu’ils eurent goûté l’Esprit vivifiant. Il est donc bien plus avantageux de concevoir Jésus dans son cœur que de le voir de ses yeux ou de l’entendre parler.

 

Bx Guerric d’Igny

 

Le bienheureux Guerric (†1157), cistercien, qui fut abbé d’Igny, était le disciple de saint Bernard.

© Magnificat, avril 2012

 

 

 

 

La pensée de la semaine :

 

« Si le Christ n’est pas ressuscité vaine est notre foi…

Nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. »

(Saint Paul aux Corinthiens 1-15, 17.19)

(Source : Monastère Invisible)

 

***********************************************************************************************************

 

 

10:18 Publié dans RELIGION | Commentaires (0)

08/04/2012

8 AVRIL 2012 : PÂQUES

 

RÉSURRECTION.jpg

PAR SA MORT, IL A VAINCU LA MORT : CHRIST EST RESSUSCITÉ, ALLÉLUIA!

 

Domingo de Páscoa

 

I LEITURA

 

Leitura dos Actos dos Apóstolos

 

Naqueles dias, Pedro tomou a palavra e disse: «Vós sabeis o que aconteceu em toda a Judeia, a começar pela Galileia, depois do baptismo que João pregou: Deus ungiu com a força do Espírito Santo a Jesus de Nazaré, que passou fazendo o bem e curando a todos os que eram oprimidos pelo Demónio, porque Deus estava com Ele. Nós somos testemunhas de tudo o que Ele fez no país dos judeus e em Jerusalém; e eles mataram-n’O, suspendendo-O na cruz. Deus,

ressuscitou-O ao terceiro dia e permitiu-Lhe manifestar-Se, não a todo o povo, mas às testemunhas de antemão designadas por Deus, a nós que comemos e bebemos com Ele, depois de ter ressuscitado dos mortos. Jesus mandou-nos pregar ao povo e testemunhar que Ele foi constituído por Deus juiz dos vivos e dos mortos. É d’Ele que todos os profetas dão o seguinte testemunho: quem acredita n’Ele recebe pelo seu nome a remissão dos pecados». Palavra do Senhor.

 

SALMO RESPONSORIAL

 

Refrão: Aleluia.

 

Dai graças ao Senhor, porque Ele é bom, porque é eterna a sua misericórdia. Diga a casa de Israel: é eterna a Sua misericórdia.

 

A mão do Senhor fez prodígios, a mão do Senhor foi magnífica. Não morrerei, mas hei-de viver, para anunciar as obras do Senhor.

 

A pedra que os construtores rejeitaram tornou-se pedra angular. Tudo isto veio do Senhor: e é admirável aos nossos olhos.

 

II LEITURA

 

Leitura da Epístola do apóstolo São Paulo aos Colossenses

 

Irmãos: Se ressuscitastes com Cristo, aspirai às coisas do alto, onde Cristo Se encontra, sentado à direita de Deus. Afeiçoai-vos às coisas do alto e não às da terra. Porque vós morrestes e a vossa vida está escondida com Cristo em Deus. Quando Cristo, que é a vossa vida, Se manifestar, então também vós vos haveis de manifestar com Ele na glória. Palavra do Senhor.

 

SEQUÊNCIA PASCAL

 

À Vítima pascal

Ofereçam os cristãos

sacrifícios de louvor

O Cordeiro resgatou as ovelhas:

Cristo, o Inocente,

reconciliou com o Pai os pecadores.

A morte e a vida

travaram um admirável combate:

depois de morto,

vive e reina o Autor da vida.

Diz-nos, Maria:

Que viste no caminho?

 

EVANGELHO

 

Evangelho de Nosso Senhor Jesus Cristo segundo S. João

 

No primeiro dia da semana, Maria Madalena foi de manhãzinha, ainda escuro, ao sepulcro e viu a pedra retirada do sepulcro. Correu então e foi ter com Simão Pedro e com o outro discípulo que Jesus amava e disse-lhes: «Levaram o Senhor do sepulcro e não sabemos onde O puseram». Pedro partiu com o outro discípulo e foram ambos ao sepulcro. Corriam os dois juntos, mas o outro discípulo antecipou-se, correndo mais depressa do que Pedro, e chegou primeiro ao sepulcro. Debruçando-se, viu as ligaduras no chão, mas não entrou. Entretanto, chegou também Simão Pedro, que o seguira. Entrou no sepulcro e viu as ligaduras no chão e o sudário que tinha estado sobre a cabeça de Jesus, não com as ligaduras, mas enrolado à parte. Entrou também o outro discípulo que chegara primeiro ao sepulcro: viu e acreditou. Na verdade, ainda não tinham entendido a Escritura, segundo a qual Jesus devia ressuscitar dos mortos. Palavra da Salvação.

 

ORAÇÃO DOS FIÉIS

 

Irmãos caríssimos: Neste dia santíssimo, em que os cristãos dizem uns aos outros, “Cristo ressuscitou, aleluia”, peçamos ao Salvador que o seu Espírito nos dê a força de testemunhar a fé dos Apóstolos e de toda a Igreja, dizendo com alegria:

 

R. Cristo ressuscitado, ouvi-nos.

 

1. Para que o Senhor ressuscitado, que apareceu aos seus discípulos, faça da Igreja testemunha da esperança, oremos, irmãos.

 

2. Para que o Senhor ressuscitado, que inaugurou na terra um novo reino, faça progredir a justiça entre as nações, oremos, irmãos.

 

3. Para que o Senhor Jesus Cristo, homem novo, renove em cada um dos seus discípulos o gosto de procurar os bens do alto, oremos, irmãos.

 

4. Para que o Senhor Jesus, Filho de Deus vivo, que pela sua Ressurreição venceu a morte, dê a paz e a vida eterna aos moribundos, oremos, irmãos.

 

5. Para que o Senhor Jesus Cristo, Cordeiro imolado, que está à direita do Pai a interceder por nós, nos dê a graça da sua Ressurreição, oremos, irmãos.

 

OREMOS. Senhor Jesus Cristo, nossa vida, nossa esperança e nossa paz, que nos escolhestes e nos chamastes da escravidão à liberdade dos filhos de Deus, fazei-nos anunciar, com alegria, a Boa Nova proclamada nesta Pascoa. Por Nosso Senhor…

 

 

======================

 

PÂQUES 2012 - HOMÉLIE

 

Depuis cette nuit, depuis la Vigile Pascale, retentit un peu partout, dans les églises, les chapelles et les cœurs chrétiens, un même cri : « ALLÉLUIA! » C’est un mot hébreu qui signifie : « LOUANGE À DIEU ! »… Ce cri, l’Eglise l’a adopté depuis les origines pour exprimer sa joie pascale… Pour être complet, il faudrait dire, comme nos frères orthodoxes : « Christ est ressuscité : alléluia ! ».

Après les sombres heures de Gethsémani, de toute la passion et de la mort de Jésus en Croix, éclate enfin la joie typiquement chrétienne : oui, au matin de Pâques, Christ est vraiment ressuscité… Et cette résurrection nous remplit de joie, non seulement parce qu’elle signifie le triomphe Jésus sur la mort, mais tout autant parce qu’elle nous concerne personnellement. Jésus est, comme le dit St Paul , « le premier-né d’entre les morts » : à sa suite, la multitude des êtres humains du passé, du présent et du futur, est promise, elle aussi, à « la résurrection de la chair » comme dit le Credo. Et plus qu’une promesse, c’est déjà une réalité : toujours selon St Paul, par le baptême, nous avons été mis au tombeau avec le Christ et avec lui nous sommes déjà ressuscités : c’est fait ! Cela ne se voit pas encore, cela dépasse nos sens et nos intelligences, mais la résurrection est déjà là : un peu comme un atome imperceptible contient en lui une énergie incommensurable. Oui, nous sommes des ressuscités : c’est la merveille que fait pour nous le Seigneur de l’Univers, alléluia !

Bien sûr les textes de la messe ne parlent que de cet événement fondateur… Et pourtant, vous l’avez peut-être noté, aucun d’eux ne nous fait voir Jésus ressuscité : il ne manque pourtant pas de récits d’apparitions : nous en lirons tout au long de la semaine… Mais aujourd’hui, l’Eglise veut s’adresser à notre foi : car, dans ce monde terrestre, nul ne voit le Ressuscité, à part de très rares mystiques, que Jésus veut favoriser en se montrant à eux ! On croit en Jésus ressuscité, mais on ne peut ni le voir ni le toucher. C’est pourquoi le mot central de nos deux Lectures est le verbe « croire », qui vient, et c’est notable, au terme de chacun des deux textes.

Prenons d’abord l’Evangile. Trois personnages y interviennent : Marie-Madeleine, Pierre et « le disciple que Jésus aimait », sans doute St Jean : aucun de ces 3 ne voit Jésus. Marie-Madeleine, elle, ne voit qu’une chose : le tombeau est vide, d’où elle déduit qu’on a « enlevé le corps du seigneur ! »… Pierre et Jean, avertis par elle, voient aussi que le tombeau est vide. Mais ils réagissent différemment : Pierre remarque le linceul qui est « resté là » : il n’en conclut rien. Jean, qui entre ensuite dans la grotte/tombeau, voit aussi le linceul, et, en plus, le linge qui avait couvert la tête de Jésus, roulé soigneusement à l’écart. Tandis que Pierre reste perplexe, Jean a une toute autre réaction : « il vit et il CRUT », dit le texte. Qu’a-t-il vu ? des linges, rien de plus : en soi, cela ne prouve rien ! Et pourtant, « il crut » : pour lui, le disciple aimé (et aimant, n’en doutons pas), ces linges restés sur place et portant peut-être encore la trace du corps qu’ils avaient enveloppé sont le signe, le déclic qui provoque sa foi : il « crut » que Jésus, bien qu’absent, était ressuscité, comme il l’avait annoncé ! Cette foi de Jean est évidemment l’image de la nôtre, du moins de ce que devrait être la nôtre !--- Et puis, il y a la 1ère Lecture, tirée du livre des Actes des Apôtres. Il s’agit d’un fragment du discours adressé par Pierre, bien plus tard, aux personnes qui se trouvent dans la maison d’un centurion de l’armée romaine, à Césarée. Pierre résume brièvement la vie publique de Jésus, qui a « passé en faisant le bien » et qui pourtant, a été crucifié. Mis, dit-il, ce Jésus, « Dieu l’a ressuscité… Nous avons mangé et bu avec lui après sa résurrection. Et il nous a chargé d’une mission… celle de proclamer dans le monde entier que quiconque CROIT en Lui reçoit le pardon de ses péchés. Il est le Juge des vivants et des morts ». Certes, il est question de visions authentiques… celles dont les Apôtres ont bénéficié. Mais les auditeurs de Pierre, eux, ne voient pas : ils sont invités à croire, ce qui est bien différent !

Vous l’avez compris, en ce jour de Pâques, nous sommes, nous aussi, invités à CROIRE sans voir ! « Bienheureux ceux qui croient sans avoir vu ! » lirons-nous dans un autre texte… Alors, croyons-nous ? Croyons-nous vraiment ?

Père Gabriel JEUGE, « Nazareth » - 45000 ORLÉANS

 


 

===============

09:52 Publié dans RELIGION | Commentaires (0)

07/04/2012

7 AVRIL 2012 : APRÈS LE CHEMIN DE CROIX DU COLISÉE

Jésus crucifié.jpg

 

Entretien avec les auteurs du chemin de croix du colisée

 

 

ROME, vendredi 6 avril 2012 (ZENIT.org) – Les stations du Chemin de Croix du Christ « parlent de moments véritables, bien réels dans les familles » expliquent Danilo et Annamaria Zanzucchi.

 

C’est à ce couple italien que le Saint-Siège a confié la charge de rédiger les textes des méditations qui, cette année, illustrent les stations du traditionnel Chemin de Croix du Colisée.

 

Les époux Zanzucchi, originaires de Parme, ont cinq enfants. Ils ont été consulteurs du Conseil pontifical pour la famille, et ont fondé le mouvement « Familles Nouvelles » au sein du Mouvement des Focolari. Ils confient aux lecteurs de Zenit ce qu’a signifié pour eux la préparation de ces méditations, ancrées dans leur longue expérience.

 

Zenit - Danilo et Annamaria, comment avez-vous accueilli demande du Saint-Père ?

 

Danilo et Annamaria Zanzucchi – Nous avons appris que nous avions été choisis par le pape Benoît XVI pour rédiger les méditations du Vendredi Saint avec étonnement, émotion et, pour ne pas vous le cacher, avec crainte et appréhension.

 

Mais aussi avec une très grande joie : il nous semble que le fait que le pape ait appelé une famille à exposer la pensée de l’Eglise pour les textes du Chemin de Croix met en évidence que la famille, au sein même de l’Eglise, n’est pas seulement objet d’évangélisation mais aussi une véritable « voie » proposée par celle-ci pour vivre et porter l’évangile, la réalisation de ce que Jean-Paul II a écrit dans la Lettre aux familles en 1984

 

En effet, la famille est au cœur de vos méditations. Comment avez-vous fait pour l’insérer dans le Chemin de Croix ?

 

Danilo – Nous avons cherché à voir la correspondance qui existe entre le Chemin de Croix et la vie de famille. Dans notre vie de couple, mais aussi dans l’expérience du mouvement Familles Nouvelles, nous avons eu l’occasion de connaître et, d’une certaine manière, de participer aux souffrances de nombreuses familles et de voir comment, dans chacune de ces épreuves, il y a un reflet du Chemin de Croix de la famille.

 

La douleur d’une famille est toujours un mystère en effet, parce qu’elle atteint la personne, et même les deux époux ensemble ou leurs enfants, quand il y en a. C’est une douleur communautaire qui a aussi des répercussions dans la société.

 

Annamaria – La conviction que nous nous sommes forgée, petit à petit, c’est donc que le Chemin de Croix est très lié à la vie humaine et à celle de la famille, en particulier dans les moments douloureux que traverse celle-ci.

 

Par exemple, la station du Cyrénéen : se pencher sur la douleur d’un parent, faire tout son possible pour la soulager… Ou bien la rencontre de Jésus avec sa Mère, la coparticipation… Ce sont des épisodes qui parlent de moments véritables, bien réels dans les familles.

 

Le Chemin de Croix est une réalité vivante. En approfondissant cette tradition de l’Eglise, nous l’avons accueillie comme une réalité qui, nous fait goûter non seulement la vie de Jésus mais, en lui, la vie humaine dans tant de ses passages, dans toutes ses douleurs.

 

Qu’est-ce que le mouvement des « Familles Nouvelles », et quelle est son action ?

 

Familles Nouvelles est une branche du mouvement des Focolari, fondé par Chiara Lubich en 1967. C’est un mouvement de familles au service de la famille, pour en développer les potentialités dans un contexte comme celui d’aujourd’hui qui semble méconnaître son rôle.

 

Ce sont des familles qui ont découvert, dans l’amour évangélique, la source et l’inspiration pour un engagement nouveau et plus fort dans la vie de couple, dans l’éducation des enfants, dans un dialogue constructif avec d’autres familles, suivant des lignes-guides dans la spiritualité de l’unité.

 

Avec des initiatives familiales et communautaires dans les cinq continents, le mouvement propose des parcours de formation pour les couples et les personnes en fonction des différentes phases et des âges de la vie familiale et, à travers l’association AFN (Action pour les Familles Nouvelles), il soutient 102 projets de coopération au développement dans 54 pays, dans lesquels ils sont progressivement insérés jusqu’à leur autonomie, ainsi que 18.000 enfants et leurs familles.

 

Quels sont les questions les plus urgentes pour la famille aujourd’hui ?

 

Nous pourrions en citer au moins deux : avant tout, la présence de pressions idéologiques qui, en voulant placer toute forme de vie en commun sur le même plan que la famille, risquent de vider la famille naturelle de sa signification profonde et de ses devoirs spécifiques.

 

Le second est le peu d’attention que portent à la famille les organes politiques et législatifs, en ces temps de difficultés économiques et sociales. En ce sens, l’importance accordée par le pape à la famille, à travers la charge qu’il nous a confiée, est un signe notable de la valeur que lui reconnaît l’Eglise.

 

Peut-on dire qu’il y a une espérance pour les familles, et notamment pour les familles nombreuses ?

 

Nous sommes convaincus que le manque de reconnaissance et d’attention à l’égard de la famille est une phase de transition. On perçoit déjà les effets négatifs du niveau des naissances quasiment réduit à zéro. C’est pourquoi nous croyons qu’émergera bientôt une nouvelle conscience de la valeur de la procréation, y compris pour le bien commun. Nous verrons donc venir un nouveau soutien pour ces familles qui se disposent généreusement à donner un avenir à notre société.

 

Dans cette phase de « transition » , comment soutenir le désir de maternité et de paternité chez les couples plus jeunes ?

 

En témoignant et en faisant prendre conscience de la joie que donnent la maternité et la paternité. Comme membres de Familles Nouvelles, nous voyons beaucoup de jeunes couples qui sont d’abord surpris mais qui, ensuite, veulent vivre eux-mêmes ce don. C’est pour cela que nous organisons des sessions de formation pour les jeunes couples désireux de se confronter et de s’aider mutuellement dans l’expérience éducative qu’ils ont avec leurs enfants.

 

Comment la foi peut-elle aider à fortifier le mariage face aux attaques et aux critiques ?

 

Comme familles, en particulier, c’est de notre foi que nous tirons la motivation pour nous associer et agir. C’est pourquoi, depuis 1992, nous contribuons à l’action du Forum des associations familiales présentes en Italie, en Espagne et dans d’autres nations européennes. Mais ce qui est important surtout, c’est l’action que nous cherchons aussi à mener auprès des institutions locales, afin que la famille soit reconnue et aidée à remplir sa fonction de « cellule sociale de base ». Elle est le lieu qui fournit à la société ses ressources humaines et qui, à travers le témoignage de la gratuité sur laquelle se fondent les rapports familiaux, constitue aussi un modèle de vie pour la société tout entière.

 

**********************************************************************************************************

 

 

11:53 Publié dans RELIGION | Commentaires (0)

06/04/2012

6 AVRIL 2012: VENDREDI-SAINT

VENDREDI-SAINT à Braga.jpg

 

Le saint Vendredi, où Dieu est mis en croix

Il règne sur le bois, ton Roi !

Père Daniel-Ange

ROME, jeudi 5 avril 2012 (ZENIT.org) – A l’occasion du Triduum pascal, le P. Daniel-Ange propose aux lecteurs de Zenit des méditations sur le Jeudi Saint (le lavement des pieds, l’eucharistie et el sacerdoce, l’agonie à Gethsémani, et l’arrestation de Jésus : cf. Zenit du 4 avril 2012), le Vendredi Saint (la crucifixion et les paroles de Jésus en croix, ci-dessous), et sur le Samedi Saint et la Résurrection (que nous publierons demain, 6 avril).

Le saint Vendredi, où Dieu est mis en croix

Il règne sur le bois, ton Roi !

Jésus est arraché au puits infernal, conduit menottes aux mains devant ces tribunaux où, pendant des heures, il va être soumis à des interrogatoires dérisoires[1]. Simulacre de procès, histoire de sauver quelques formes juridiques, vu les lois de l’Empire romain. Mais tout est joué d’avance !

Le jour lentement se lève, triste et blafard… Le voici jugé, condamné, comme le sont tant et tant d’hommes et de femmes innocents.

Que de jugements injustes, iniques, peuvent être rendus ! Que de juges corrompus, achetés, compromis dans des magouilles politiques ! Que d’innocents détenus en prison, des années durant ! Que de calomnies condamnent un homme, une femme à une mort sociale !

Que de « on-dit » colportés derrière notre dos ! Que de suspicions ou simplement d’étiquettes collées ! Et un beau jour, tu te retrouves en prison, parfois condamné à mort !

Toutes ces injustices criminelles, notre Dieu a voulu les subir, en pâtir… Le voilà humilié, bafoué, calomnié, outragé, comme le seront tant de martyrs. Je pense à ces tribunaux populaires sous Staline, Mao ou Pol Pot.

Dans le totalitarisme psycho-médiatique occidental, ces tribunaux, ce sont souvent ces plateaux-télé où – modernes arènes – on tourne les chrétiens en dérision, on les jette en pâture aux bêtes sauvages : l’opinion publique. Notre manière à nous d’être flagellés, conspués, rejetés.

En plein tribunal sa gloire royale !

On va le renvoyer de tribunal en tribunal. Se le passer de mains en mains : comparution – encore de nuit – devant le grand prêtre Anne, l’ancien. Devant Caïphe, le grand prêtre en charge, et tout le Sanhédrin. Devant le gouverneur romain, Ponce Pilate. Renvoi à Hérode. Renvoi à Pilate… Cela n’en finit pas ! Comme pour mieux savourer leur victoire, faire durer le plaisir de cette condamnation.

Tout au long de ce procès truqué, on lui balance à la figure ses propres paroles. On les retourne contre lui. Ces joyaux de vérité, on en fait des couteaux pour l’étriper.

Tout au long de l’Histoire, ses détracteurs continueront de le faire : « Tu as dit… Il a dit… détruisez ce temple… »

Plus douloureux encore : ses titres eux-mêmes – affirmation de son identité – sont aussi retournés contre lui : « Roi d’Israël », « Fils de Dieu »

On les arrache à ses lèvres. On les tourne en railleries, en moqueries. Sa parole, on la singe, on la prostitue.

Durant les premiers siècles, on recueillait avec grand soin ces procès-verbaux d’interrogatoires, où scintillent des paroles de feu directement inspirées de l’Esprit Saint.

Ici, pas de disciples ou amis, personne pour prendre sa défense. Jésus n’aura qu’un seul avocat, le plus inattendu de tous, mais une fois le procès fini, la condamnation prononcée. Et lui-même ne dit pas un mot pour se défendre, ou si peu. Il est seul, tout seul !

Oui, devant cette avalanche d’accusations, de mensonges, de calomnies, Lui, il se tait. Ô silence de Dieu en sa souffrance ! Silence qui sidère et énerve ses juges. Mais silence qui confortera une multitude d’accusés, choisissant de répondre par le silence au bombardement d’accusations.

Puis, tels des éclairs déchirant ce grand silence, quelques brèves réponses de pure splendeur.

Souviens-toi : quand il avait – aussi l’espace d’un éclair, sur le Thabor – laissé transparaître sa gloire à travers sa chair, il avait parlé avec Élie et Moïse de quoi ? De sa Passion ! Et en pleine Passion, à quoi pense-t-il ? Solennellement, majestueusement, il ose clamer :

« Amen ! je vous le déclare : dorénavant vous verrez le Fils de l’homme siégeant à droite de la Puissance et venant sur les nuées du ciel. »

Plus tard, sous la pluie de pierres, Étienne verra « les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu » [Ac 7, 57], l’attendant dans la gloire.

Viens et vois ton Roi ! Le voilà humilié, bafoué, condamné, et il proclame sa venue en gloire ! Il le dit pour prouver qu’il est en vérité : qu’il EST.

Tous saisissent parfaitement l’allusion au livre de Daniel, parlant de Dieu lui-même. Et la question stratégique entre toutes de fuser : « Donc c’est toi le Fils de Dieu ? » Sans l’ombre d’une hésitation : « Vous le dites je le suis ! » Oui, c’est bien moi !

Blasphème suprême ! Trop c’est trop ! Cela suffit. Il s’est condamné lui-même à mort. Le verdict tombe comme une lame d’échafaud : « Passible de mort ! »

Aujourd’hui, ceux qui osent suspecter son identité divine lui arrachent la raison précise de sa condamnation, donc le sens même de son martyre. Ils stérilisent toute sa Passion. Pire : le condamnent à mort une seconde fois dans l’esprit des croyants. S’ils se disent chrétiens, s’ils sont baptisés, alors ce sont des renégats, des judas. Quelle que soit par ailleurs leur bonne foi. Douter de sa divinité, c’est dire : tu es mort pour rien. Conséquence : personne n’est sauvé !

Si tu témoignes de sa vérité,

il partage avec toisa royauté

Et maintenant, viens et vois encore Jésus devant un nouveau tribunal : celui de Pilate. Au Prétoire : la cour du Palais ou plutôt de la forteresse Antonia. Dialogue bouleversant entre ces deux hommes. Entre le Sauveur des humains et le gouverneur des Romains…

« Tu es le roi des Juifs ?

– Mon royaume n’est pas de ce monde.

Si mon royaume était de ce monde,

mes gens auraient combattu

pour que je ne fusse pas livré aux Juifs.

Mais mon royaume n’est pas d’ici. »

Pilate sidéré : « Mais alors, tu es… roi ? »

Jésus en majesté : « Oui, tu le dis : Roi, je le suis[2] ! »

Il ne s’esquive pas. Ne biaise pas. N’édulcore pas.

Devant le tribunal juif, il a proclamé sa divinité devant le tribunal romain, il clame sa royauté.

Tu te rends compte : il est là, pitoyable, condamné, le visage méconnaissable, et il ose dire tranquillement : « Je suis Roi ! » Et, sur la lancée, il donne le sens même de sa présence, affirmant du même coup sa préexistence éternelle :

« Je suis né, je ne suis venu au monde que pour ceci :

rendre témoignage à la vérité.

Quiconque est de la vérité, il écoute ma voix. »

Il est de mon bord. Il partage mon sort. Il me suit. Il m’aime.

Ce qui fonde sa royauté : sa vérité. Il est Roi parce qu’il EST. C’est tout. Depuis toujours et pour toujours.

Pour régner avec Lui, suis-je prêt à témoigner de la vérité ? Jusqu’au bout ? Jusqu’au sang versé ? Ceux qui règnent sur le monde, ceux qui en dirigent le cours, ce sont avant tout ceux qui confessent leur foi, ceux qui souffrent pour la vérité. Ceux qui sont persécutés parce qu’ils sont enfants de Dieu.

Dans l’Apocalypse, le ciel résonne d’hymnes acclamant la victoire, la puissance et ici royauté de Jésus. Pourquoi ? Parce qu’il a été vaincu, « l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait jour et nuit ». Et par qui donc ? Par les accusés eux-mêmes, ceux qui ont « méprisé leur vie jusqu’à mourir ». Et avec quelle arme ? Le sang de l’Agneau ! [cf. Ap 12, 10-12]

Avec Lui, ils sont donc rois et reines. Avec Lui, ils règnent sur le monde :

« Ils mèneront campagne contre l’Agneau, et l’Agneau les vaincra », car il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois.

Roi tout seul ? Non !

« avec les siens : les appelés, les choisis, les fidèles. » [Ap 17, 14]

« Puis je vis des trônes sur lesquels ils s’assirent, et aussi les âmes de ceux qui furent décapités pour le témoignage de Jésus et la Parole de Dieu, et tous ceux qui refusèrent d’adorer la Bête et son image, de se faire marquer sur le front ou sur la main [du chiffre 666] : ils reprirent vie et régnèrent avec le Christ. » [Ap 20, 4-4]

Ton Roi, le voici !

En pleine comparution-condamnation, Jésus contemple déjà cette cohorte magnifique des témoins de la vérité de tous les temps.

Dans sa majesté et sa simplicité, ce courageux témoignage ne suscite en Pilate que cynisme et scepticisme : « La vérité, c’est quoi ce truc-là ? »

Jusqu’à la fin des temps, il y aura ceux en qui voir et entendre Jésus n’éveillera que déception, soupçon, suspicion. Mais il y aura la foule sans nombre de ceux qui, à sa suite, deviendront les splendides témoins d’une vérité, non fabriquée par eux-mêmes, mais donnée par Dieu, et par eux reçue.

N’empêche : sans en être bouleversé, Pilate en est ébranlé. Un moment, il a même le courage de prendre la défense de Jésus, d’affirmer son innocence. Par trois fois, il répétera : « Non, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » Il va tenter deux subterfuges pour le sauver.

D’abord, faire appel à cette coutume juive de gracier un condamné pour la Pâque. Supermoyen de s’en tirer, de sauver la face. Mais voilà le pire qu’on pouvait redouter : « Tous vocifèrent : non pas lui, mais Barrabas ! »

Au Saint, on préfère l’assassin ! A la Lumière, les ténèbres ! Au Sauveur, un voleur ! Et cela se répétera si souvent !

Autre subterfuge : pour apaiser leur colère, le faire fouetter, flageller. Horrible injustice, mais mieux qu’une exécution. La soldatesque s’exécute. Elle en profite pour tourner en dérision sa grande affirmation : « Salut… roi des Juifs ! »

Couronne, manteau royal, sceptre, tout y est : super sketch ! Super parodie

Ici encore, viens et vois ton Roi ! Plus beau, plus majestueux que jamais… Sa couronne est tressée d’épines. Mais chaque goutte de sang qui en perle, n’est-ce pas effectivement déjà un rubis scintillant de sa gloire ?

Jésus a été le premier a être blessé par tout ce qui va un jour me blesser. Par sa Flagellation, il s’est interposé entre le coup et moi-même. Dans son corps, mes propres blessures sont devenues des blessures d’amour. Et, à chaque messe, en recevant son Corps, sa Vie, je reçois mon corps, ma vie. Mais déjà guéris par l’Amour. Si je le veux bien.

Pilate continue d’essayer de le sauver : « Il cherche à le faire relâcher. » Il voudrait qu’ils soient impressionnés, comme lui, par son humble majesté. Deux fois, il le présente à la populace, avec deux mots extraordinaires. Deux titres :

– « L’Homme, le voici ! »

– « Votre Roi, le voici ! »

Il ne sait pas ce qu’il dit. Il ne se doute pas de ce qui est contenu en ces deux mots. Ils traverseront les siècles. Toute la suite de l’histoire du monde sera là pour le prouver : oui, il est l’Homme. L’Unique. Le Seul. En Lui, tout homme devient homme.

Il est le Roi : de Lui toute autorité vient. Il règne sur le monde. Il règne d’abord par sa Croix, ensuite dans sa gloire. D’abord par sa souffrance. Ensuite par sa puissance.

Une ultime fois, Pilate : « Votre roi, vais-je donc le mettre en croix ? » En trente versets, quatorze fois ce mot « roi »

Mais au Roi du ciel, on préfère les roitelets de la terre. à un Dieu-Enfant, on préfère les idolestyrans. Au Sauveur, les dictateurs. Aujourd’hui comme hier. Actualité incessante de la Passion !

Pilate fiumt par céder, succomber. Lâchement. Malgré l’intervention courageuse d’une femme : la sienne.

Sa petite revanche ? Le mot qu’il écrit sur l’écriteau : « Jésus, le roi des Juifs ! » Basta ! Et cela, malgré toutes les pressions, il ne le lâchera pas. Il tiendra bon !

Et voilà Jésus lâché, largué, livré. Ne reste que l’exécution.

J’aimerais tant être aidé par toi

[Mt 27, 32 ; Lc 23, 26 ; Mc 15, 21 ; Jn 19, 17]

Avec toute la force qui est en lui, il aurait pu facilement porter sa Croix. Tout seul. Fièrement. Mais non ! Il veut la porter faiblement, pauvrement. Tomber et retomber. Il veut être aidé, soutenu. Et, puisque tous ses disciples se sont enfuis, un certain Symon de Cyrène se trouve réquisitionné au retour des champs. Il commence par subir cette contrainte. Mais sans doute très vite est-il bouleversé de lire dans les yeux de Jésus une telle paix, une telle douceur. Tout le reste de sa vie, il a dû être fier et heureux d’avoir pu avoir cette toute petite part à la souffrance de son Dieu.

C’est ainsi que Jésus nous fait ce cadeau inestimable : pouvoir participer un peu à sa Passion rédemptrice. Au début, c’est souvent malgré nous : nous subissons une épreuve. Puis, à contrecœur, nous tâchons de l’assumer. Vient enfin le moment où nous recevons la grâce de l’offrir, d’entrer dans l’oblation de Jésus. Alors, quelle paix ! Quelle paix et quelle puissance sur le Cœur de Dieu !

Ces pépites d’or pur…

Pour comprendre la Passion de Jésus de l’intérieur, il faut le rencontrer là même où il vit encore et toujours sa Passion aujourd’hui. Le rejoindre vivant dans les personnes en qui sa Passion se poursuit. Durant sa propre Passion, il y a presque 2 00 ans, c’est la gloire divine qui s’est insinuée dans la souffrance humaine. Aujourd’hui, comme tout au long de ces 2000 ans, je puis voir les lieux, les événements, lespersonnes où rejaillit cette gloire infiltrée dans la souffrance humaine (comme un filet d’eau qui disparaît sous terre et ressort beaucoup plus loin dans une prairie).

Et dans les pires souffrances, aujourd’hui, je peux voir la gloire de Jésus. Il y a des pépites d’or de don de soi, de générosité, qui illuminent les pires situations. Aujourd’hui même, j’ai la preuve tangible, visible, vérifiable, de cette plénitude d’amour que Jésus a vécue dans sa Passion : quand je vois des hommes, des femmes, des jeunes, des enfants qui devraient être révoltés par la souffrance, et qui l’offrent avec joie, parce que le cœur plein d’amour. Je suis témoin aujourd’hui de tout ce que Jésus a infusé d’amour dans la souffrance humaine pour la transfigurer du dedans, c’est-à-dire en changer le visage.

Je comprends qui est Jésus, moins en lisant le récit de la Passion dans l’Évangile, qu’en recevant de ceux qui souffrent avec amour, l’Évangile vivant pour aujourd’hui.

Au fond des pires horreurs, il y a de telles splendeurs ! Personne n’en parle !

Au fond de l’enfer, tant de fois j’ai vu le ciel ouvert ! Personne n’en parle !

Au fond des pires souffrances, il y a des trésors de patience ! Personne n’en parle !

Mais Dieu le sait. Cela suffit.

[1] Encore une fois, je ne prétends nullement ici faire le récit de cette Passion du Sauveur. Pour cela, il suffit de méditer le texte même des différents évangiles (si possible en Synopse, c’est-à-dire en parallèle), afin de suivre Jésus à la trace, minute par minute. Ici, simplement quelques flashes « zoomant » sur tel moment ou tel détail pour mieux en saisir le sens.

[2] Et non pas, comme l’édulcore de façon navrante la traduction liturgique française : « C’est toi qui dis que je suis roi », ce qui fausse gravement le sens.

***************************************************************************************************************

10:52 Publié dans RELIGION | Commentaires (0)

05/04/2012

5 AVRIL 2012 : JEUDI-SAINT

Capture d’écran 2012-04-05 à 11.03.30.png
JEUDI-SAINT – HOMÉLIE

 

Il vous est sans doute arrivé de contempler, dans une église ou dans un musée, tel ou tel de ces chefs d’œuvres , peints au XVè ou XVè siècles par des artistes célèbres, et qui sont composés de 3 volets, souvent articulés, dont les panneaux de gauche et de droite peuvent se rabattre sur la partie centrale : on appelle ce genre de peintures des « triptyques »… (Vous en trouvez un au bas du verso de votre feuille)  Pourquoi est-ce que je vous dis cela ? C’est bien simple : la liturgie du Jeudi-Saint nous propose 3 lectures, qui évoquent 3 scènes bibliques : il serait facile de les représenter sous forme de triptyque ; pour ne pas trop prolonger notre célébration, nous n’avons lu que deux des trois scènes, mais les trois sont importantes pour bien saisir l’esprit de la liturgie de ce jour. Voici donc 3 tableaux (ou 3 scènes) : au Centre, bien entendu, se trouve le repas du Seigneur – à gauche, nous voyons l’Agneau Pascal – et à droite le Lavement des pieds : chaque scène mériterait d’être contemplée longuement, mais je voudrais souligner plutôt ce qui en fait l’unité profonde .

Regardons d’abord le volet de « L’Agneau pascal »… Vous savez à quoi il fait allusion : à la Sortie d’Egypte sous la conduite de Moïse. La mémoire de ce fait merveilleux s’était gravé à tout jamais dans la mémoire du Peuple, et chaque année, les Juifs devaient manger l’Agneau Pascal, en souvenir de l’Agneau que leurs Pères avaient immolé et mangé avant de sortir d’Egypte : le chair de l’Agneau avait été leur nourriture, et de son sang les portes des maisons avaient été marquées, pour épargner la mort aux premiers-nés, dernier fléau qui devait décider Pharaon à laisser enfin partir le peuple esclave…

Il se trouve que Jésus a voulu mourir au moment où les Juifs mangeaient l’Agneau Pascal. Les chrétiens ont tout de suite compris que, désormais, l’Agneau Pascal ne serait plus un animal, mais bien Jésus lui-même : voici pourquoi on lit aujourd’hui ce récit de l’Agneau Pascal.

Et nous « passons » de la figure à la réalité, avec le récit du dernier repas de Jésus.

Dans son récit, St Paul ne vise pas directement à faire œuvre d’historien, mais il écrit pour reprocher vivement aux Chrétiens de Corinthe, de galvauder le « repas du Seigneur » : la coutume des premiers chrétiens était de célébrer ce repas dans la maison de l’un d’entre eux, assez grande pour accueillir la communauté : il n’était pas question de faire cela à la synagogue, car ce « repas » était un rite nouveau, ignoré de la Tradition Juive ; il n’existait pas non plus encore d’églises, évidemment ! On se réunissait donc dans une maison « privée », et c’est ce qui commençait à donner lieu à bien des abus… Chacun apportait son repas, et les uns mangeaient beaucoup tandis que d’autres n’avaient que très peu ; il y en avait même qui buvaient plus que de raison ! St Paul s’enflamme donc contre ce dévoiement de « repas du Seigneur », et il rappelle à la raison les chrétiens égarés : ils défigurent le « repas du Seigneur » : et Paul d’en profiter pour leur rappeler ce qu’on lui a enseigné à lui-même à ce sujet… Et ce qu’on lui a enseigné, c’est exactement ce dont témoignent les Evangiles : Jésus a donné sa chair à manger et son sang à boire, la nuit même où il fut livré, et du même coup, il a institué le sacerdoce, en chargeant les apôtres de « faire cela en mémoire de Lui ». C’est cela que nous célébrons ce soir… et à chaque Eucharistie .

Mais il manque encore un volet du triptyque : c’est celui que St Jean raconte dans son Evangile (alors qu’il ne parle pas de l’Eucharistie !) : le LAVEMENT DES PIEDS… Scène surprenante, et qui a heurté Pierre, lequel proteste vivement… Mais scène voulue expressément par Jésus, comme un commentaire vivant de sa vie, et surtout de sa Pâque : il accomplit un geste courant à l’époque, mais qui incombait aux esclaves… Lui, le « Maître et Seigneur », il joue le rôle de Serviteur : toute sa vie a été SERVICE, service du Père et Service des hommes, et sa mort rédemptrice est le plus grand service qu’il pouvait rendre à l’Humanité… Désormais l’Eucharistie a partie liée avec le service : il sera impossible de communier à Jésus Serviteur sans vouloir être soi-même Serviteur.

Voilà donc le sens plénier du Triptyque « Agneau – Eucharistie – Service ».
- « Seigneur, que tes Œuvres sont belles ! Que tes Œuvres sont grandes ! Tu nous combles de joie ! » Amen !

Père Gabriel JEUGE (Maison de Nazareth - Orléans 45000)

 

 

ccccccccccccc

11:09 Publié dans RELIGION | Commentaires (0)

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique