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22/03/2012

22 MARS 2012 : LES ÉVÊQUES ET LA FIN DE VIE

Les situations difficiles

Fin de vie.jpg
FIN DE VIE

 

 

Tous ces efforts [NDLR : les « soins palliatifs» décrits dans les paragraphes précédents], déjà largement déployés en France et encore bien insuffisants, représentent une forme légitime et nécessaire d’humanisation de la mort. Ils ne suppriment pas toute souffrance, car ce n’est pas à la portée de l’homme. Sur ce point il importe de renoncer aux illusions trompeuses. Mais bien des malades, ainsi soignés et accompagnés, ont eu le temps de témoigner de l’aide reçue et de leur reconnaissance. Des familles ont porté le même témoignage. Demeurent cependant en fin de vie, et demeureront sans doute toujours, des situations de détresse, de douleurs ou d’autres symptômes mal soulagés,

d’anxiété, d’agitation et d’angoisse. Il s’agit alors de faire preuve de beaucoup d’attention et de créativité, de manière à tenter d’adoucir cette épreuve.

Une question est souvent posée, notamment par des soignants. Ils demandent s’il est légitime, dans de tels cas, et lorsque la mort est proche, de plonger le malade dans un sommeil artificiel.

Voici notre position. Depuis toujours, l’Église catholique a accordé une grande importance aux pensées et aux actes de l’être humain parvenu à proximité de sa mort. L’expérience acquise par ceux qui ont accompagné

de grands malades renforce cette conviction. Les derniers moments peuvent être l’occasion de sentiments, de paroles, ou d’autres formes de communication, de décisions, importants pour le mourant et son entourage. Beaucoup souhaitent la présence de proches, d’amis, de membres de leur communauté religieuse ; certains veulent garder la possibilité de prononcer une dernière prière, de recevoir une dernière fois un sacrement. « Les en frustrer répugne au sentiment chrétien, et même simplement humain » (21). Il ne faut donc pas, sans raisons graves, priver le mourant de sa lucidité et de sa conscience. Comme le disait le Pape Pie XII, « l’anesthésie (c’est-àdire la suppression de la sensibilité générale et de la conscience), employée à l’approche de la mort, dans le seul but d’éviter au malade une fin consciente, serait non plus une acquisition remarquable de la thérapeutique moderne, mais une pratique vraiment regrettable » (22). (•) Il arrive cependant que des malades proches de leur fin soient écrasés par des souffrances physiques ou morales que personne n’arrive à atténuer, qu’ils manifestent un désir de dormir et qu’ils jugent n’avoir plus à accomplir de

tâches qui requerraient leur lucidité; dans ces cas, et eux seuls, si l’on veille à continuer les soins nécessaires et si le maniement des diverses médications manifeste que l’on a pour unique objectif d’arracher ces malades au mal qui les accable et non pas de hâter ou de provoquer leur mort, alors nous jugeons qu’il est acceptable d’induire et de maintenir plus ou moins longtemps un sommeil artificiel (23). De telles décisions sont d’ailleurs exceptionnelles là où les malades sont bien soignés et accompagnés. Leur fréquente répétition dans une institution sanitaire serait sans doute le signe d’un manque grave dans l’accueil et dans l’organisation des soins. La recherche médicale doit être poursuivie, de manière à permettre d’éviter à l’avenir des décisions ressenties comme profondément insatisfaisantes par bien des soignants et des familles. Un soutien adéquat doit aussi être apporté aux équipes soignantes, spécialement à celles qui ont à remplir leur tâche dans des conditions particulièrement difficiles.

 

Le grand âge

 

Les débats actuellement les plus vifs, en France et en Europe, portent sur les décisions à prendre envers les personnes atteintes d’une maladie irrémédiablement mortelle à brève échéance. C’est pourquoi nous avons consacré à ce sujet de larges développements. Nous n’oublions cependant pas une autre source de graves préoccupations : le sort réservé aux personnes parvenues au « grand âge ». (••) Celui-ci est marqué, chez un nombre important de personnes, par la perte de l’autonomie physique, et également par des détériorations mentales graves. Une telle dépendance, dans notre culture actuelle, est source de souffrances importantes. Encore trop de maisons spécialisées dans l’accueil et le soin de ces vieillards sont des lieux de marginalisation et de solitude. Cela contribue à renforcer des déficits déjà très importants. Or nous pensons que l’attitude d’une société envers ses membres les plus âgés est un signe de son degré de civilisation. Nous ne pouvons que rappeler un des grands commandements de la Bible : « Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent sur la terre que te donne le Seigneur, ton Dieu » (Ex. 20, 12). Si cet appel pressant avait été davantage entendu, l’homme moderne, dans les sociétés occidentales, craindrait moins le vieillissement. Tout progrès en ce domaine diminuera la crainte que chacun éprouve pour lui-même.

La tâche est considérable.

La mort provoquée ne représenterait-elle pas cependant dans certains cas un acte de pitié? Nous avons été témoins de l’épreuve et des interrogations angoissées de familles et de soignants, et nous savons qu’elles peuvent susciter l’idée et le désir d’abréger à tout prix la souffrance d’un mourant. De telles situations sont largement exploitées pour alimenter des campagnes d’opinion. La pitié est un sentiment humain très profond qui témoigne de l’attention et de la sensibilité à la souffrance d’autrui; mais elle peut prendre différentes formes. La pitié, telle qu’elle est aujourd’hui comprise par certains, se laisse envahir par le mal d’autrui, au point de ne plus voir que lui. La vraie pitié, celle qui mérite le nom de compassion, est espoir de communion avec la personne éprouvée,

Nous tenons à rendre hommage aux familles, aux professionnels de la santé, aux administrateurs et aux membres de diverses associations qui ont eu à coeur d’améliorer les conditions de vie des personnes très âgées. Cet effort doit être poursuivi. Il s’agit d’inventer de nouvelles manières d’accueillir et de soigner ceux que l’âge met dans l’impossibilité de subvenir eux-mêmes à leurs besoins, et d’apporter un soutien adéquat aux familles qui hébergent et soignent elles-mêmes des proches parents âgés.

 

La mort provoquée

 

Nous avons tracé les grandes lignes de ce qui nous apparaît comme la voie du respect de la personne humaine parvenue au terme de sa vie, et des exigences qu’elle comporte.

Nous constatons qu’une autre voie est aujourd’hui proposée, avec une insistance grandissante : donner la mort à ceux qui estiment trop souffrir de douleur physique ou de souffrance morale due à une détérioration corporelle ou mentale. Cette proposition est faite au moment où, inversement, dans les sociétés occidentales, se renforce la conscience de la gravité de toute mise à mort. Cette dernière intuition, de plus en plus répandue, est pour nous une conviction, appuyée sur toute la tradition chrétienne : l’homme n’a pas à provoquer délibérément la mort de son semblable; cela dépasse son pouvoir (24). « Tu ne tueras pas » (Ex 20, 13) demeure une exigence morale inéluctable, et, pour le croyant,

un commandement de Dieu. L’acceptation, plus même, la légitimation de l’euthanasie ne seraient pas un progrès, mais une grave régression pour notre société.

Il n’y a guère à ajouter à cela. Nous ferons cependant quelques remarques.

« Admettre qu’on puisse donner la mort directement, même si le patient le demandait, détruirait la confiance indispensable aux relations humaines, celles du malade avec sa famille, celles du malade et de sa famille avec l’équipe soignante ». Déléguer ce rôle au corps médical lui donnerait, dans la société, un pouvoir exorbitant du droit commun. La « mort douce » octroyée à quelques-uns pourrait devenir source d’une angoisse irrésistible pour beaucoup de malades au risque de la souffrance due à une telle proximité.

Certains se laissent ébranler par les changements survenus chez autrui, qui portent atteinte à son image et le défigurent. L’homme compatissant cherche, quelles que soient les apparences, la grandeur de celui ou celle qui a été et qui reste un frère ou une soeur en humanité, un fils ou une fille de Dieu. Certains, mus par une forme de pitié, en viennent à dire que

l’existence d’autrui n’est plus humaine, comparable à la nôtre. L’homme compatissant parvient à reconnaître l’humanité même sous des formes qu’il ne souhaite pas pour lui-même. La pitié, si elle désespère de la valeur d’autrui et de sa vie, se renie elle-même et peut devenir homicide. La pitié qui est vraiment compassion cherche humblement à aimer. Des professionnels de la santé, des proches parents même, en viennent parfois aujourd’hui à mettre un terme à la vie de telle personne qu’ils soignaient jusqu’alors. Pour la plupart ils disent avoir agi « en conscience ». Ce n’est pas nous placer au-dessus d’eux que de faire les remarques suivantes : Se réclamer de sa propre conscience implique de reconnaître sa responsabilité, d’être prêt à répondre de ses intentions et de ses actes : devant soi-même, devant les hommes, selon les lois de son pays, en dernier ressort devant Dieu. D’autre part, spécialement dans des décisions aussi graves, chacun est tenu de s’interroger avec honnêteté et lucidité : Peut-il affirmer que sa conscience n’est pas émoussée? A-t-il suffisamment réfléchi, pris conseil et essayé de se libérer de ce qui pourrait fausser son jugement ? L’homme est bien responsable devant sa conscience ; il est aussi responsable de sa conscience.

Nous sommes fermement persuadés que la loi ne doit pas accepter, encore moins légitimer l’euthanasie. D’autres autorités morales portent le même jugement. Nous renvoyons à leurs déclarations. À ceux qui ont une responsabilité dans l’élaboration de la législation, nous ferons remarquer que s’ils désiraient faire place à quelques situations exceptionnelles vis-à-vis desquelles ils jugeraient que la loi doit faire silence, ils n’éviteraient pas des dérives allant beaucoup plus loin que ce qu’ils prévoyaient .

Plus fondamentalement nous pensons que personne ne peut s’adjuger le

droit de disposer de la vie d’un autre homme, ni d’octroyer ce droit sous peine de ruiner le fondement de l’ordre juridique. Le respect de l’homme proche de sa mort, même et surtout s’il désespère de lui-même et ne reconnaît plus de valeur à sa vie, passe par d’autres voies. [1]

 

 

Voici les réponses données par des Français à deux questions clés posées dans le cadre d’un sondage sur l’euthanasie, effectué en septembre 1998, pour « La Marche du siècle » et Le Figaro. (•)

Il faut noter l’ambiguïté de certaines expressions – « aide à mourir », « aider à mourir » – auxquelles on peut donner un sens réellement chrétien et le manque de toute référence aux soins palliatifs qui visent précisément à épargner au malade toute « souffrance extrême » :

 

Question : Si vous étiez atteint d’une maladie incurable, et en proie à des souffrances extrêmes, demanderiez-vous que l’on vous aide à mourir ?

 

Réponse : Ensemble Catholiques Catholiques

pratiquants non-pratiquants

 

Oui 79% 64% 83%

Non 12% 26% 9%

Nspp (••) 9% 10% 8%

 

Question : Si l’un de vos proches était atteint d’une maladie incurable, et en proie à des souffrances extrêmes, décideriez-vous de l’aider à mourir ?

 

Réponse : Ensemble Catholiques Catholiques

pratiquants non-pratiquants

 

Oui 61% 49% 62%

Non 28% 26% 26%

Nspp (••) 11% 8% 12%

 

(Dans un sondage effectué par Ipsos, en 1988, 57% des Français interrogés ont répandu oui à la première question et 49 % oui à la seconde.)

(•) Sondage réalisé les 4 et 5 septembre 1998 auprès de 965 personnes,

âgées de 18 ans et plus (interviews réalisées par téléphone suivant la méthode des quotas de sexe, âge, profession du chef de famille, région et catégorie d’agglomération). Voir Le Figaro du 23 septembre 1998.

(••) Ne se prononce pas.

 

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10:24 Publié dans ÉTHIQUE | Commentaires (4)

21/03/2012

21 MARS 2012 : 1er PRIX DE PLAIDOIRIE

(Les hasards d'une promenade à travers les blogs m'ont fait découvrir qu'un premier "PRIX DE PLAIDOIRIE", au terme d'un concours organisé pour les lycéens de France par le MÉMORIAL DE CAEN, sur le thème des "Droits de l'Homme" a été décerné à une élève d'un lycée privé, qui a discouru sur les "MAISONS DE RETRAITE"... Cette jeune fille a certes du talent, et son émotion est sincère, mais elle dépeint une réalité, qui existe sans doute (je ne mets pas en doute la sincérité de l'oratrice), mais qui, je le pense, n'est qu'une lamentable exception, qu'il faudrait se garder de généraliser... La jeune fille le dit bien, d'ailleurs, mais la tonalité d'ensemble de sa plaidoirie porte les auditeurs à croire que toutes les Maisons de Retraite sont ainsi... Étant moi-même résident de l'une de ces "EHPAD" tant décriées, et connaissant quelques autres maisons de ce type, j'atteste que, en règle générale, elles n'ont rien de cette description "à la Zola" que nous offre la jeune oratrice... Ceci dit, elle mérite son prix et c'est pourquoi vous trouverez ci-desous, la vidéo de sa "plaidoirie" , de même que le texte, lisible et enregistrable. G.J - Orléans)

Il fait si bon vieillir...

Alma Adilon-Lonardoni

Lycée Champagnat,

Saint-Symphorien-sur-Coise (69)

 

 

« Ils ne s’en rendent pas compte vous savez, ils sont vieux, ça ne les dérange pas… »

J’étais venue pour visiter cet institut ; cherchant un endroit pour accueillir humainement une vieille femme souffrant de la maladie d’Alzheimer.

Une employée m’a ouvert la porte et m’a menée à un semblant de salon. Trois vieilles femmes étaient recroquevillées sur leurs fauteuils, d’un air résigné. Trois vieilles femmes sur trois fauteuils, et une chaise roulante. Une chaise roulante vide, à un détail près. Deux prothèses de jambe gisaient à ses pieds, revêtues de bas de laine.

Remarquant mon trouble, l’aide-soignante a devancé ma question : « Ne vous inquiétez pas, m’a-t-elle dit, ce n’est que le fauteuil d’une résidente qui est morte il y a deux jours. »

Mon silence sans doute en disait trop. Une fois encore, elle a semblé percevoir une once de reproche dans mon regard – comme si je trouvais choquant que l’empreinte de la mort soit disposée nonchalamment au milieu de trois vieilles femmes. Trouvais-je choquant ce vestige d’une femme qui était assise à leurs côtés, sur ces mêmes chaises, trois jours plus tôt ? Trouvais-je choquant que leur soit imposée l’évidence: « Bientôt ce sera votre tour… » ? Trouvais-je choquant que ces trois femmes soient considérées comme suffisamment amoindries pour ne pas avoir conscience de leur condition, pour ne pas être angoissées par une échéance placée constamment sous leurs yeux, se rappelant à leur bon souvenir : « Bientôt ce sera votre tour… » ? Trouvais-je que ces restes, posés là, n’avaient rien d’anodin ? Oui, elle a semblé percevoir une once de reproche dans mon regard — comme si je considérais ces femmes comme dignes d’attention. Comme si je les considérais dignes.

Comme si simplement je les considérais.

Devinant vaguement mon indignation, elle m’a aimablement rassurée : « Ils ne s’en rendent pas compte vous savez, ils sont vieux, ça ne les dérange pas… »

Aujourd’hui, mesdames, messieurs, j’accuse la société de reléguer ses mères, ses pères aux oubliettes. Je pense, oui, qu’il est choquant et même injustifiable que des individus dits « personnes âgées » soient entassés à trois dans des chambres froides et étroites.

Je pense qu’il est bien triste que certaines maisons de retraite – pardon, établissements d’hébergement pour personnes âgées et dépendantes – soient devenues des asiles clos et malsains. Je pense qu’il est anormal que la qualification du personnel varie d’un centre à un autre, et que les services de qualité soient encore trop peu répandus.

Je pense qu’il est indigne de notre société d’avoir à ce point honte de ses vieux devenus inutiles qu’elle les cloître autoritairement. Je pense qu’il est inacceptable que ces personnes soient considérées comme des enfants, voire comme des objets.

C’est nous qui sommes les enfants, mesdames, messieurs, nous qui leur devons tout.

Nous avons été protégés par nos parents durant toute notre enfance. Maintenant que nous n’en avons plus besoin, que les rôles pourraient être échangés, pourquoi prendre la peine de leur rendre la pareille ? Comment peut-on penser qu’une personne âgée n’a plus rien à nous apporter ? Un regard autre, qui a connu d’autres valeurs et qui a su acquérir une sagesse particulière ne nous est-il plus nécessaire ?

N’a-t-on pas besoin de se remettre en question auprès d’une simplicité revendiquée par ces personnes ? Finalement, il me semble parfois que, contrairement aux clichés que véhicule notre société, ce ne sont pas eux les assistés, mais bel et bien nous…

Bien évidemment, il n’y a pas un seul type de personne âgée. Mais, de nous aux personnes âgées, il n’y a qu’une figure : l’être humain. Il serait bon de ne pas l’oublier.

Nous sommes plongés dans une loi du plus fort, dans une course au profit et à l’efficacité, à la rentabilité, la rapidité, qui évince et dévalorise la vieillesse de notre société.

Dès lors que les portes de la redoutable maison de retraite sont franchies, le statut de la personne change. On n’est plus un être humain mais un « résident ». Je ne cherche pas à généraliser. Les conditions de vie

en maisons de retraite que je dénonce ne s’appliquent heureusement pas à tous les établissements. Mais ceux dans lesquels l’on peut attendre un minimum de respect, lorsqu’ils ne sont pas hors de prix, affichent bien souvent complet. De même, bien sûr, tous les aides-soignants ne sont pas des irresponsables insensibles. Mais si certains le sont bel et bien, beaucoup d’autres n’ont peut-être pas le choix… Parce que l’intégralité du système médical public est gérée en amont.

Au-delà d’un personnel peu consciencieux, c’est l’État le plus responsable, qui de sa jouvence immaculée, ne perçoit rien d’autre que des chiffres un peu flous. Une aide-soignante pour quatre-vingts pensionnaires, qu’est-ce que c’est ? Ce sont des économies en plus, et si ça doit être au détriment de vies humaines, qu’à cela ne tienne ? Quelle importance que des êtres humains pourrissent dans des geôles impersonnelles, dans une souffrance qui pourtant serait évitable, quelle importance que de vieilles femmes incontinentes soient parquées dans leurs lits par manque de temps ? Quelle importance que le personnel n’ait pas le temps de veiller à ce que ces personnes prennent les repas qui ont été balancés à la hâte dans leur chambre, si bien que les hospitalisations pour déshydratation sévère fassent désormais partie de la routine ? Quelle importance aussi que des pensionnaires soient, au nom de leur prétendue sénilité, gavés de médicaments lourds et nocifs, et surtout injustifiés ?

Ces réalités durement envisageables sembleraient tout droit sorties d’un film tel que « Vol au-dessus d’un nid de coucou », qui dépeint la douleur extrême des « asiles de fous » à une époque où les maladies mentales étaient considérées comme honteuses et dangereusement incurables… Et pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître, celles dont je vous parle sont perpétrées aujourd’hui plus que jamais, sur des individus inoffensifs et vulnérables et dans des lieux clos à l’atmosphère insupportable. Comment ne pas se dégrader lorsque l’on n’est plus traité comme un être humain, et surtout, comment garder un semblant de dignité dans une telle situation ? Il est inacceptable que des établissements pour personnes âgées soient devenus des entreprises à but lucratif. Là où le seul maître mot devrait être bien-être et entraide, c’est l’argent qui régit la vie de personnes considérées comme « en fin de vie », et c’est ce seul titre qui fait s’imaginer à certains que leurs dérives et abus sont justifiés.

Le Président, Monsieur Sarkozy nous avait promis, au début de son mandat, un nouveau dispositif de financement de la prise en charge de la perte d’autonomie. Nous l’attendons toujours. Nous l’attendons et, avec nous, des millions de personnes âgées délaissées et abandonnées à leur souffrance.

Ces dérives ne sont pas seulement immorales, elles vont aussi à l’encontre de la Déclaration Universelle des droits de l’homme.

Le premier article, en effet, stipule clairement que : tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits et qu’ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. Que l’on m’explique où est la fraternité dans le fait de se considérer supérieur à d’autres êtres humains, sentiment simplement appuyé par leur situation physique. Que l’on m’explique aussi dans quelle mesure l’on peut dire d’une personne retenue contre son gré en maison de retraite, qu’elle est libre. Que l’on me dise quelle dignité il reste à quelqu’un

dont la présence en établissement va dans l’imaginaire collectif automatiquement de pair avec une dégradation intellectuelle, voire une sénilité aiguë.

Qu’enfin l’on me justifie la distinction qui s’est peu à peu creusée entre les droits de l’homme, et les droits de la personne âgée. Ne sommes-nous plus humains lorsque nous vieillissons ?

Je souhaiterais comprendre, Mesdames et Messieurs, pourquoi la plupart des personnes âgées se voient forcées de renoncer à ces droits fondamentaux. L’article 5 de la déclaration, quant à lui, ne fait qu’appuyer mon incompréhension : Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Pourquoi l’État, la société, les citoyens, tolèrent-ils que ce principe soit bafoué chaque jour, au sein même du pays des droits de l’homme ?

Pays des droits de l’homme … Il est beau, le pays des droits de l’homme, pas même capable de respecter ses racines. Notre belle patrie, qui se veut à son plus haut degré de civilisation, également dans la manière dont elle fait respecter ses lois (et ses droits, cela va sans dire), en oublie peu à peu que tout ce qui constitue les anciennes coutumes n’est pas bon à jeter.

Les coutumes amérindiennes par exemple, qui ont conservé leur sens du respect traditionnel, me paraissent hautement plus louables que celles de notre société actuelle. Dans la tradition amérindienne, le vieux sage est capable d’enchanter, de favoriser le rêve, de deviser à voix haute, d’initier, de transmettre, de conseiller, de montrer le chemin, de rendre compte de l’Histoire…

De notre côté, aujourd’hui, une personne qui vieillit perd de son utilité et de son efficacité. Elle est amoindrie, c’est là le seul statut qu’on lui reconnaît. Comment accorder son estime à quelqu’un à qui on refuse seulement l’écoute ? Mais le plus dérangeant sans doute, c’est que dans l’ensemble de notre société, qui prône et magnifie l’éternelle jeunesse, la vieillesse soit vue aujourd’hui comme une échéance cruelle et insurmontable, comme une épreuve douloureuse et non plus comme une étape naturelle de la vie

d’un homme.

Des solutions existent. Nous devons faire face à l’inacceptable et ne pas oublier qu’un jour, bientôt, à nous aussi, ce sera notre tour…

Je demande, Mesdames et Messieurs, au nom de tous ceux qui souffrent depuis trop longtemps, une hausse réelle du personnel dans notre société.

Je demande à ce que bien-être et traitements respectueux ne soient pas des services qui se monnayent, mais à ce qu’ils soient accessibles à tous.

Je demande à ce que maison de retraite ne soit plus synonyme d’hospice ni de mouroir, mais de lieu d’accueil solidaire et fraternel.

Je demande la dignité.

 

10:36 Publié dans ACTUALITÉ | Commentaires (3)

20/03/2012

20 MARS 2012 : UNE FABLE DE LA FONTAINE

 

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Le Vieillard et l'Ane

 

 

Livre VI - Fable 8

 

 

Un vieillard sur son âne aperçut en passant

Un pré plein d'herbe et fleurissant :

Il y lâche sa bête, et le grison se rue

Au travers de l'herbe menue,

Se vautrant, grattant, et frottant,

Gambadant, chantant, et broutant,

Et faisant mainte place nette.

L'ennemi vient sur l'entrefaite.

«Fuyons, dit alors le vieillard.

- Pourquoi? répondit le paillard :

Me fera-t-on porter double bât, double charge?

Non pas, dit le vieillard, qui prit d'abord le large.

- Et que m'importe donc, dit l'âne, à qui je sois?

Sauvez-vous, et me laissez paître.

Notre ennemi, c'est notre maître :

Je vous le dis en bon françois.»

 

NOTES :

 

Le grison: Surnom fréquemment donné à l’âne, en rapport avec la couleur de certains d’entre eux.

Mainte: beaucoup de.

Paillard: péjoratif qui couche dans la paille ou, plus généralement, qui emprunte les manières, le langage de ceux qui couchent dans la paille.

Notre ennemi, c'est notre maître: Et pourtant, La Fontaine a écrit « On ne peut trop louer trois sortes de personnes / Les Dieux, sa maîtresse et son Roi » (« Simonide préservé par les dieux », Livre premier, fable XIV).

En bon françois: Pour l’anecdote, je note que André Siegfried voit dans ces deux derniers vers le modèle du slogan « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » (dans « La Fontaine, Machiavel français Comme le remarquent René Gros et Jacques Schiffrin, l’âne ne dit guère plus que le loup dans « Le Loup et le Chien » (Livre premier, fable V) (La Fontaine - OEuvres complètes, tome I, annoté par René Gros et Jacques Schiffrin - NRF, Bibliothèque de la Pléiade - 1954 - p. 715). »). On a donc plutôt tendance aujourd’hui à ne retenir que la leçon générale de la fable et non son éventuel côté politique ou social.

 

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17:29 Publié dans FABLES | Commentaires (0)

19/03/2012

19 MARS 2012 : SAINT JOSEPH

 

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SAINT JOSEPH (Icône)

Saint Joseph

 

 

Dans nos églises, on trouve beaucoup de tableaux ou des vitraux qui évoquent « l’annonce faite à Marie ». On y voit l’ange Gabriel qui rend visite à Marie et la réponse de cette dernière. Mais nous ne trouvons rien sur « l’annonce faite à Joseph », rien sur ces choses surprenantes qui lui ont été révélées. Les évangiles ne nous rapportent aucune parole de cet homme. Et pourtant, le récit que nous venons d’entendre nous en dit bien plus que nous ne pouvons l’imaginer. Il nous apprend à ECOUTER. C’est une attitude absolument essentielle. Joseph peut nous servir d’exemple et nous y entraîner.

 

L’Evangile nous dit que l’Ange du Seigneur lui apparaît « en songe ». C’est souvent que, dans la Bible, on évoque le songe. Dans le langage biblique, cela n’a rien à voir avec un rêve. C’est une façon imagée de rendre compte d’une aventure intérieure où quelque chose d’essentiel est engagé. Dire que l’ange du Seigneur lui apparaît en songe, c’est une manière de dire que le Seigneur lui a parlé au cœur. Ce que Joseph a entendu c’est un appel à prendre chez lui Marie son épouse : « L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint. »

 

Tout cela n’allait pas de soi. Imaginons un peu Joseph complètement brisé et tourmenté par ce qui lui arrive. Ce qui allait de soi, c’était de répudier Marie. C’était conforme à la loi de Moïse et à la tradition. Mais la Parole de Dieu a été plus forte que ses réticences. Il a eu le courage de changer de projet de se faire le serviteur d’un mystère qu’il ne comprend pas.

 

Joseph est un homme de silence, un homme capable d’écouter Dieu lui parler et capable de changer sa vie à la lumière de la parole qu’il a entendue. Il découvre que cet enfant vient d’ailleurs. Il n’est pas de lui, ni d’un autre, ni même de Marie. Il est l’Envoyé de Celui qui est le « Tout Autre ». C’est ainsi que Joseph est introduit peu à peu dans la Lumière d’un immense mystère qui devra un jour être proclamé à toute la Création.

 

Voilà une leçon absolument essentielle pour nous chrétiens de 2012. Nous vivons dans un monde bruyant et agité. Aujourd’hui, Joseph nous apprend à ECOUTER ce qui se passe en nous, à faire le point, à prendre du recul pour accueillir une parole qui vient d’ailleurs. C’est parfois difficile car bien souvent nous avons tendance à trop parler, la plupart du temps pour ne rien dire. Nous ne pourrons entendre le Seigneur parler à notre cœur que si nous prenons des moments de silence et de recueillement.

 

Prendre le temps de se taire pour faire silence et pour écouter, c’est absolument essentiel si l’on veut rester un homme. Car c’est dans le silence que Dieu parle à notre cœur par l’Esprit Saint. En d’autres circonstances, on nous a dit que la vie chrétienne ne peut se concevoir sans un engagement résolu contre la misère, l’injustice et la violence qui dégradent l’homme et défigurent le projet d’amour de Dieu sur l’humanité. Aujourd’hui, nous découvrons que nous ne pouvons pas être chrétiens sans un engagement déterminé pour retrouver le chemin du cœur.

 

En cette période de Carême, nous découvrons que préparer Pâques, c’est d’abord prendre du temps pour le silence, la prière, la lecture de l’évangile. Comme Joseph, nous écoutons une parole et nous apprenons à nous rendre dociles à ce que Dieu nous suggère. Comme lui, nous sommes invités à nous faire les serviteurs d’un mystère qui nous dépasse. Tout l’Evangile nous dit que le Seigneur nous conduit sur des chemins que nous n’avions pas prévus. Mais les Paroles qu’il nous adresse sont celles de la Vie Eternelle.

 

Abbé Jean Compazieu

 

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10:08 Publié dans RELIGION | Commentaires (4)

18/03/2012

18 MARS 2012 : 4ème DIMANCHE DU CARÊME (textes en portugais - homélie en français)

Domingo IV da Quaresma

 

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I LEITURA

 

Leitura do Segundo Livro das Crónicas

 

Naqueles dias, todos os príncipes dos sacerdotes e o povo multiplicaram as suas infidelidades, imitando os costumes abomináveis das nações pagãs, e profanaram o templo que o Senhor tinha consagrado para Si em Jerusalém. O Senhor, Deus de seus pais, desde o princípio e sem cessar, enviou-lhes mensageiros, pois queria poupar o povo e a sua própria morada. Mas eles escarneciam dos mensageiros de Deus, desprezavam as suas palavras e riam-se dos profetas, a tal ponto que deixou de haver remédio, perante a indignação do Senhor contra o seu povo. Os caldeus incendiaram o templo de Deus, demoliram as muralhas de Jerusalém, lançaram fogo aos seus palácios e destruíram todos os objectos preciosos. O rei dos caldeus deportou para Babilónia todos os que tinham escapado ao fi o da espada; e foram escravos deles e de seus filhos, até que se estabeleceu o reino dos persas. Assim se cumpriu o que o Senhor anunciara pela boca de Jeremias: «Enquanto o país não descontou os seus sábados, esteve num sábado contínuo, durante todo o tempo da sua desolação,

até que se completaram setenta anos». No primeiro ano do reinado de Ciro, rei da Pérsia, para se cumprir a palavra do Senhor, pronunciada pela boca de Jeremias, o Senhor inspirou Ciro, rei da Pérsia, que mandou publicar, em todo o seu reino, de viva voz e por escrito, a seguinte proclamação: «Assim fala Ciro, rei da Pérsia: O Senhor, Deus do Céu, deu-me todos os reinos da terra e Ele próprio me confiou o encargo de Lhe construir um templo em Jerusalém, na terra de Judá. Quem de entre vós fizer parte do seu povo ponha-se a caminho e que Deus esteja com ele».

 

SALMO RESPONSORIAL

 

Refrão: Se eu não lembrar de ti, Jerusalém, fi que presa a minha língua.

 

Sobre os rios de Babilónia nos sentámos a chorar, com saudades de Sião. Nos salgueiros das suas margens, Dependurámos nossas harpas.

 

Aqueles que nos levaram cativos queriam ouvir os nossos cânticos e os nossos opressores uma canção de alegria: «Cantai-nos um cântico de Sião».

 

Como poderíamos nós cantar um cântico do Senhor em terra estrangeira? Se eu me esquecer de ti, Jerusalém, esquecida fique a minha mão direita.

Apegue-se-me a língua ao paladar, se não me lembrar de ti, se não fizer de Jerusalém a maior das minhas alegrias.

 

II LEITURA

 

Leitura da Epístola do apóstolo São Paulo aos Efésios

 

Irmãos: Deus, que é rico em misericórdia, pela grande caridade com que nos amou, a nós, que estávamos mortos por causa dos nossos pecados, restituiu-nos à vida com Cristo – é pela graça que fostes salvos – e com Ele nos ressuscitou e com Ele nos fez sentar nos Céus. Assim quis mostrar aos séculos futuros a abundante riqueza da sua graça e da sua bondade para connosco, em Jesus Cristo. De facto, é pela graça que fostes salvos, por meio da fé. A salvação não vem de vós: é dom de Deus. Não se deve às obras: ninguém se pode gloriar. Na verdade, nós somos obra de Deus, criados em Jesus Cristo, em vista das boas obras que Deus de antemão preparou, como caminho que devemos seguir. Palavra do Senhor.

 

EVANGELHO

 

Evangelho de Nosso Senhor Jesus Cristo segundo São João

 

Naquele tempo, disse Jesus a Nicodemos: «Assim como Moisés elevou a serpente no deserto, também o Filho do homem será elevado, para que todo aquele que acredita tenha n’Ele a vida eterna. Deus amou tanto o mundo que entregou o seu Filhó Unigénito, para que todo o homem que acredita n’Ele não pereça, mas tenha a vida eterna. Porque Deus não enviou o Filho ao mundo para condenar o mundo, mas para que o mundo seja salvo por Ele. Quem acredita n’Ele não é condenado, mas quem não acredita já está condenado, porque não acreditou no nome do Filho Unigénito de Deus. E a causa da condenação é esta: a luz veio ao mundo e os homens amaram mais as trevas do que a luz, porque eram más as suas obras. Todo aquele que pratica más acções odeia a luz e não se aproxima dela, para que as suas obras não sejam denunciadas. Mas quem pratica a verdade aproxima-se da luz, para que as suas obras sejam manifestas, pois são feitas em Deus. Palavra da salvação.

 

Oração dos Fiéis

 

Irmãos e irmãs: “Deus amou de tal modo o mundo que lhe deu o seu Filho Unigénito para que todo o que n’Ele crê não morra, mas tenha a vida eterna”. Apoiados no grande amor que Deus nos tem oremos pela Igreja e por todos os homens dizendo confiadamente:

 

R. Ouvi-nos, Senhor.

 

1. Para que as Igrejas cristãs de todo o mundo sejam guiadas pelo Espírito do Senhor, façam penitência e se convertam ao Evangelho, oremos, irmãos.

 

2. Para que este mundo não rejeite os mensageiros que Deus lhe envia sem cessar, e preste ouvidos às palavras dos profetas, oremos, irmãos.

 

3. Para que neste tempo santo da Quaresma os cristãos se aproximem mais da luz de Cristo e pratiquem o que é bom aos olhos de Deus, oremos, irmãos.

 

4. Para que os pobres, os doentes e os que estão tristes, ponham toda a sua esperança no Senhor, e acreditem que Jesus veio salvar-nos, oremos, irmãos.

 

5. Para que a nossa assembleia dominical dê graças pelo dom da salvação que Deus nos oferece em Jesus Cristo, oremos, irmãos.

 

OREMOS. Senhor nosso Deus, que ouvis as orações dos vossos servos, afastai as trevas que nos cercam, fazei brilhar a luz do vosso Filho e dirigi os nossos corações para a luz da sua

 

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HOMÉLIE 4ème DIMANCHE DU CARÊME

 

Nous voici déjà au milieu du Carême : ce dimanche est celui de la « mi-carême »… Et la liturgie nous invite à faire comme une pause, en laissant entrevoir le bout du tunnel : la joie de Pâques. C’est un des deux dimanches de l’année où il est permis d’utiliser des ornements roses (l’autre étant le 3ème de l’Avent, comme nous l’avons vu en son temps). Le rose, c’est comme un violet mêlé de blanc : la pénitence se mêle à la joie !

Et pourtant nous lisons aujourd’hui des textes assez énigmatiques, dans la mesure où ils parlent d’Histoire très ancienne : le temps de Moïse (1250 ans A.C) ou celui de Cyrus (538 A.C) ; si l’on n’est pas très au courant de l’Histoire Biblique, on risque de ne pas comprendre grand-chose à tout cela… Mais il n’est pas question de faire ici un cours d’Histoire ! Aussi, je me permettrai de passer sous silence la 1ère Lecture , afin de pouvoir fixer notre regard sur l’Evangile. Vous avez peut-être remarqué que le texte, une fois encore, est tiré de St Jean (et non de St Marc, l’évangéliste de l’année). Et , fait rare dans les Evangiles, St Jean ne prétend pas faire parler Jésus : il nous rapporte plutôt le fruit de sa très longue méditation . Il ne commence pas par les mots habituels : « En ce temps-là, Jésus dit… », mais dès les premiers mot, il commence par une comparaison impersonnelle : « De même que… de même… » Et il fait une allusion au « Serpent » élevé par Moïse dans le désert.

Je ne sais si vous connaissez l’histoire : on aurait pu choisir cet épisode comme 1ère Lecture… Cela n’a pas été le cas !

Mais il n’est pas interdit d’en parler. Voici donc ce que dit la Bible : dans le Désert, après la sortie d’Egypte, le peuple Hébreu s’est révolté contre Dieu et contre Moïse, car il avait faim ! « Pourquoi nous as-tu amené dans ce désert ? – crièrent-ils à Moïse – Était-ce pour nous faire mourir de faim ? Nous aurions dû rester en Egypte : là on était des esclaves, mais au moins on mangeait à notre faim ! »… Dieu, dit le texte, fut très irrité par cette révolte, et envoya en châtiment une multitude de « serpents brûlants » (= dont la morsure brûlait cruellement, avant de faire mourir les personnes mordues) et, de fait, il y eut beaucoup de morts ! Moïse alors intercéda pour le Peuple et Dieu eut pitié. Il ordonna à Moïse de faire un « serpent d’airain » et de le dresser à la vue de tous, sur une hampe. « Lorsqu’un serpent mordait un homme, dit le texte, celui-ci regardait le serpent d’airain et il était guéri »… Nous voyons dès lors ce que veut dire l’évangile (l’image du serpent a-t-elle été utilisée par Jésus, ou seulement par Jean ? nous ne le savons pas… Mais le sens est clair : il faut que « le Fils de l’Homme » soit élevé de terre, tout comme l’avait été le serpent d’airain. Et c’est sur la Croix qu’il sera élevé, nous le savons.

« Celui qui avait été mordu regardait le serpent d’airain et il était guéri »… Traduisons : « Celui qui est atteint de cette maladie mortelle qu’est le péché regardera Jésus crucifié et il sera guéri ». Ici « regarder » veut dire « croire » : il ne s’agit pas d’un regard indifférent, encore moins superstitieux ou idolâtre, comme pouvait l’être celui des Hébreux, il s’agit de la FOI, et tout le texte « pointe » vers la Foi : le verbe « croire » est utilisé 5 fois dans ces quelques lignes… Croire que Jésus est le Fils, pas seulement le Fils de l’Homme, comme il aime à se présenter, mais bien le Fils unique de Dieu, dont la venue prouve l’amour du Père pour le monde, et qui aimera les hommes pécheurs jusqu’à mourir sur la Croix. Les lecteurs de St Jean savent bien que Jésus n’est pas seulement mort, mais qu’il est Ressuscité et toujours vivant : qui croit en lui ne mourra jamais…

 

C’est donc bien à la FOI totale en Jésus mort et ressuscité que nous invite ce rappel de l’épisode du Serpent de bronze !

En cette Mi-Carême, nous sommes conviés à « regarder »  vers Jésus « élevé » (sur le bois… et dans les Cieux, à la droite du Père) : alors, nous ne pouvons être tristes, ni désespérés : nous sommes « sauvés », et cela ne peut que nous remplir de joie et d’espérance !

(Père Gabriel JEUGE, Maison de Retraite "NAZARETH" - ORLEANS 45000)

 

 

 

CHANT : "NOUS TE SALUONS..."

 

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10:05 Publié dans RELIGION | Commentaires (0)

 
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