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10/12/2011

PAROLES DU PAPE POUR L'IMMACULÉE CONCEPTION

Allocution de Benoît XVI place d'Espagne, 8 décembre 2011

 

La vie terrestre de Marie : "une victoire sur la mort"

Vierge de Lourdes.jpg

ROME, jeudi 8 décembre 2011 (ZENIT.org) –Toute la vie terrestre de Marie a été « une victoire sur la mort, parce qu’elle a été complètement dépensée au service de Dieu, dans l’oblation totale de soi pour Lui et pour le prochain. C’est pourquoi Marie est elle-même un hymne à la vie », affirme Benoît XVI à l’occasion de la fête de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, jour férié en Italie.

 

A Rome, c’est une tradition d’apportez ce jour-là des fleurs au pied de la statue de la Vierge, place d’Espagne. L’évêque de Rome ne manque pas ce rendez-vous. Benoît XVI s’est rendu place d’Espagne en voiture panoramique, ce 8 décembre, à 16 h 30.

 

Paroles de Benoît XVI place d’Espagne :

 

Chers frères et sœurs,

 

La grande fête de Marie Immaculée nous invite chaque année à nous retrouver ici, sur une des plus belles places de Rome, pour lui rendre hommage à Elle, la Mère du Christ, et notre Mère. Je vous salue affectueusement vous tous ici présents, ainsi que ceux qui sont unis à nous par la radio et la télévision. Et je vous remercie de votre participation à ma prière.

Au sommet de la colonne que nous entourons, Marie est représentée par une statue rappelant en partie le passage de l’Apocalypse qui vient d’être proclamé : « Un signe grandiose apparut dans le ciel : une femme revêtue de soleil, la lune sous ses pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles » (Ap 12, 1). Quelle est la signification de cette image ? Elle représente en même temps Notre Dame et l’Eglise.

 

Avant tout, la « femme » de l’Apocalypse est Marie elle-même. Elle apparaît « revêtue de soleil », c’est-à-dire revêtue de Dieu : la Vierge Marie est en effet tout entourée de la lumière de Dieu et elle vit en Dieu. Ce symbole des vêtements lumineux exprime clairement une situation qui concerne tout l’être de Marie : Elle est la « pleine de grâce », comblée de l’amour de Dieu. Et « Dieu est lumière », dit encore saint Jean (1 Jn 1, 5). Et voici alors que la « pleine de grâce », l’« Immaculée », reflète par toute sa personne la lumière du « soleil » qui est Dieu.

Cette femme tient la lune sous ses pieds, symbole de la mort et de la mortalité. En effet, Marie est pleinement associée à la victoire de Jésus-Christ, son Fils, sur le péché et sur la mort ; elle est libre de toute ombre de mort et totalement comblée de vie. De même que la mort n’a plus aucun pouvoir sur le Christ ressuscité (cf. Rm 6,9), de même, par une grâce et un privilège singuliers du Dieu tout-puissant, Marie l’a laissée derrière elle, elle l’a dépassée. Et cela se manifeste dans les deux grands mystères de son existence : au début, le fait d’avoir été conçue sans péché originel : c’est le mystère que nous célébrons aujourd’hui ; et, à la fin, le fait d’avoir été portée, dans son âme et dans son corps, au ciel, dans la gloire de Dieu. Mais toute sa vie terrestre aussi a été une victoire sur la mort, parce qu’elle a été complètement dépensée au service de Dieu, dans l’oblation totale de soi pour Lui et pour le prochain. C’est pourquoi Marie est elle-même un hymne à la vie : elle est la créature dans laquelle s’est déjà réalisée la parole du Christ : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » (Jn 10, 10).

 

Dans la vision de l’Apocalypse, il y a un autre détail : sur la tête de la femme revêtue de soleil il y a « une couronne de douze étoiles ». Ce signe représente les douze tribus d’Israël et signifie que la Vierge Marie est au centre du Peuple de Dieu, de toute la communion des saints. Et ainsi, cette image de la couronne de douze étoiles nous introduit dans la seconde grande interprétation du signe céleste de la « femme revêtue de soleil » : en plus de représenter Notre Dame, ce signe personnifie l’Eglise, la communauté chrétienne de tous les temps. Elle est enceinte, dans le sens où elle porte en son sein le Christ et qu’elle doit le mettre au monde : voilà le travail de l’Eglise pèlerine sur la terre, qui, au milieu des consolations de Dieu et des persécutions du monde, doit apporter Jésus aux hommes.

Et c’est justement pour cela, parce qu’elle porte Jésus, que l’Eglise rencontre l’opposition d’un adversaire féroce, représenté dans la vision apocalyptique par un « énorme dragon rouge » (Ap 12,3). Ce dragon a cherché en vain de dévorer Jésus – l’« enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations » (Ap 12, 5) – en vain parce que Jésus, par sa mort et sa résurrection, est monté vers Dieu et il s’est assis sur son trône. C’est pourquoi le dragon, défait une fois pour toutes dans le ciel, retourne ses attaques contre la femme – l’Eglise – dans le désert du monde. Mais à chaque époque, l’Eglise est soutenue par la lumière et par la force de Dieu, qui la nourrit dans le désert du pain de sa Parole et de la sainte Eucharistie. Et ainsi, à chaque tribulation, à travers toutes les épreuves qu’elle rencontre au cours des temps et dans les différentes parties du monde, l’Eglise souffre la persécution, mais se révèle victorieuse. Et c’est justement ainsi que la communauté chrétienne est la présence, la garantie de l’amour de Dieu contre toutes les idéologies de la haine et de l’égoïsme.

 

La seule embûche que l’Eglise puisse et doive craindre, c’est le péché de ses membres. En effet, alors que Marie est Immaculée, libre de toute tache du péché, l’Eglise est sainte mais en même temps marquée par nos péchés. C’est pourquoi le Peuple de Dieu qui avance dans le temps s’adresse à sa Mère céleste et lui demande son aide ; elle la demande pour que Celle-ci accompagne son chemin de foi, pour qu’Elle encourage l’engagement de la vie chrétienne et pour qu’Elle apporte son soutien à l’espérance. Nous en avons besoin, surtout en ce moment si difficile pour l’Italie, pour l’Europe, pour différentes parties du monde. Que Marie nous aide à voir qu’il y a la lumière au-delà du manteau de brouillard qui semble envelopper la réalité. C’est pourquoi nous aussi, spécialement en cette fête, nous ne cessons pas de demander son aide avec une confiance filiale : « Ô Marie, conçue sans péché, prie pour nous qui avons recours à toi ». Ora pro nobis, intercede pro nobis ad Dominum Iesum Christum!

 

 

© Copyright du texte original : Libreria Editrice Vaticana

Traduction française : Zenit (Anita S. Bourdin)

 

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09/12/2011

LA COURONNE DE L'AVENT

 

Couronne d'Avent.jpg

 

LA COURONNE DE L’AVENT

 

Au cœur de l’hiver, au moment du solstice où la lumière l’emporte sur les ténèbres, Noël resplendit comme la fête de la lumière, au plus près du mystère du Christ, « la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde » (Jn,I,9 ; cf. Lc I, 78-79).

 

Les chrétiens ont éprouvé le besoin de vivre un temps de préparation à cette fête importante.

 

C’est ainsi qu’est né l’Avent, dont la durée a varié au fil du temps. De huit jours seulement à la fin du IVè siècle, il débute, deux siècles plus tard le 11 novembre et inclut 3 jours de jeûne par semaine, si bien qu’on l’a parfois appelé le « petit carême ».

 

Les 4 bougies de la couronne de l’Avent sont le signe de la lumière de Noël qui approche. On allume la 1ère le 1er dimanche de l’Avent, puis une de plus chaque dimanche. Plus la fête approche, plus il y a de lumière.

 

Les premières couronnes sont apparues au nord de l’Allemagne au XVIème siècle. On les suspendait au plafond, comme luminaires, ou bien on les plaçait sur une table. Leur forme ronde évoque le soleil et annonce son retour chaque année, mais aussi celui de Jésus : l’Avent ne représente pas seulement l’attente de Noël, mais aussi celle du retour du Christ.

 

Jacques NIEUVIARTS, « Prions en Église », Décembre 2011.

 

 

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10:32 Publié dans RELIGION | Commentaires (1)

07/12/2011

ANECDOTES DU MOYEN-ÂGE

 

 

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ANECDOTES DU MOYEN-ÂGE

 

De quoi riait-on au Moyen Âge?

 

L’humour, le rire ou la parodie ont indéniablement accompagné le Moyen Âge. Pourtant, l’église, condamne le rire qu’elle considère comme dégradant, illustrant une action « basse ». Ainsi, chez une femme, le rire est assimilé à de la vulgarité. Seul le sourire est acceptable car il est considéré comme le « rire des sages ». Bien évidement la population va constamment passer outre. De nombreux sujets sont sources de rire et personne n’est à l’abri… L’on va riser les puissants: le roi et ses proches, le clergé, la noblesse, mais aussi les autres catégories sociales comme les serfs.

 

Tous les arts sont mis à contribution. La littérature sera particulièrement féconde durant tout le Moyen Âge, en particulier avec les fabliaux apparus au XIe siècle. La sculpture ne sera pas en reste et ce, même dans les édifices religieux, où des exemples sont visibles de tous, comme ces stalles de miséricordes qui ridiculisent moines et prêtres. Parfois de simples jeux de mots sont utilisés par les clercs et moines en associant, par exemple, "militia" (la chevalerie) et "malitia" (l’oeuvre du Malin)…

 

Enfin, le sexe tient également une part importante dans ces railleries. Souvent paillarde, son évocation, confine parfois à l’obscénité.

 

 

Quelques formes d’humour...

 

Les drôleries :

 

Entre 1250 et 1350 apparaissent dans les marges des manuscrits du Nord de la France, de la Flandre et du Sud de l’Angleterre de petites scènes illustrées que l’on appelle drôleries. Prolongeant les antennes des lettres ornées comme sur une scène de théâtre, elles mettent en scène des animaux ou plus énigmatiques des êtres hybrides mi homme- mi animal. Elles sont une manière de dire l’ordre ou le désordre de la société. On les trouve plus particulièrement dans les marges de manuscrits religieux, comme les pontificaux ou les livres d’heures. Elles mettent en scène les histoires les plus connues du bestiaire médiéval, comme la chasse à la licorne, ou des fables, comme celle du renard et de la cigogne ; elles sont alors une manière d'enseigner la foi chrétienne et les grands préceptes moraux. Souvent aussi, elles parodient les travers humains ; on voit alors dans les marges de nombreux petits singes, à l'école, chez le médecin, ou au monastère ou encore des scènes de combats ou de chasse plus ou moins burlesques.

 

Les fables ou fabliaux :

 

Les fables en latin qui circulent au Moyen Âge dérivent de textes d’inspiration romaine (ex. Phèdre au Ier siècle après J.-C. ou Avianus à la fin du IVe siècle après J.-C.).

Vers 1180, c’est une poétesse, Marie de France, qui écrit le premier recueil de 103 fables en français. Elle est la première à concevoir la fable en tant que genre littéraire à part entière, où la création est rendue possible. Elle y met davantage en avant la morale que le récit lui-même. Par la suite, plusieurs recueils de fables en français sont rédigés et diffusés sous le nom d’Isopets.

À côté de beaucoup d’autres, le loup, le renard, le rat et le lion tiennent la vedette dans les recueils en latin et en français. Beaucoup seront repris dans les célèbres fables de La Fontaine : "Le loup et le chien", "Le renard et la cigogne",… et bien sûr "Le corbeau et le renard", qui est également diffusée dans le Roman de Renart.

 

 

Brunain, la vache du prêtre

de Jean Bodel

 

Je veux conter l’histoire d’un paysan et de sa femme qui, un jour que l’on fêtait Notre-Dame, allèrent prier à l’église. Le prêtre, avant de célébrer l’office, s’avança pour prêcher : il dit qu’il faisait bon donner pour l’amour de Dieu, si l’on suivait la raison, car Dieu rendait le double à celui qui donnait de bon coeur.

« Ecoute, la chère soeur, dit le paysan, ce que promet notre prêtre : quand, pour l’amour de Dieu, on donne de grand coeur, Dieu le rend en le multipliant. Nous ne pouvons pas mieux employer notre vache, s’il te semble bon, qu’en la donnant au prêtre ; d’ailleurs, elle produit peu de lait.

Sire, dans ces conditions, répondit la dame, je veux bien qu’il l’ait. »

Ils s’en revinrent alors chez eux, sans faire de plus long discours. Le paysan entra dans l’étable, prit sa vache par la corde et alla l’offrir au doyen qui était un prêtre avisé et habile.

« Cher seigneur, fit le paysan les mains jointes, pour l’amour de Dieu, je vous donne Blérain. »

Il lui mit la corde dans le poing en jurant qu’il n’avait rien d’autre.

« Mon ami, tu as agi avec sagesse, fit le prêtre dom Constant dont le seul souci était de prendre. Va-t’en, tu as bien accompli ta mission. Plût au ciel que mes paroissiens fussent tous aussi sages que toi ! J’aurais quantité de bêtes. »

Le paysan quitta le prêtre qui commanda aussitôt d’attacher Blérain pour l’apprivoiser avec Brunain, la grande vache qui lui appartenait. Le sacristain l’emmena dans leur jardin où il trouva leur vache, me semble-t-il. Il les attacha ensemble, puis s’en retourna et les laissa.

La vache du prêtre baissait la tête, car elle voulait paître, mais Blérain, s’y refusant, tira si fort sur la corde qu’elle entraîna hors du jardin et qu’elle la mena tant à travers les fermes, les chenevières et les prés qu’elle revint chez elle avec la vache du prêtre qu’elle traînait à grande peine.

Le paysan regarda et la vit : il en éprouva une vive joie en son coeur.

« Ah ! fit-il, ma chère soeur, oui, c’est vrai que Dieu double la mise, car Blérain revient avec une autre : elle amène une grande vache brune. Maintenant nous en avons deux au lieu d’une. Notre étable sera trop petite.

Ce fabliau nous montre par cet exemple qu’on est fou de ne pas avoir confiance. La richesse échoit à qui Dieu la donne, et non pas à celui qui la cache et l’enfouit. Personne ne peut faire fructifier son avoir sans beaucoup de chance, à tout le moins. C’est par une grande chance que le paysan eut deux vaches et le prêtre aucune. Tel croit avancer qui recule.

 

 

Le prêtre et le loup

Un prêtre vivait au pays de Chartres et aimait la femme d’un vilain. Or ce dernier en eut vent, et il creusa une fosse sur le chemin par lequel celui-là avait l’habitude de venir.

Un loup survint de nuit et tomba dedans, car il faisait très sombre. Le prêtre, par malchance, vint à son tour comme à l’accoutumée : avant de s’en rendre compte, le voici tombé dedans. La dame, qui s’inquiétait du retard du prêtre, dit à sa servante :

« Va donc voir si notre bon père doit venir. »

La servante alla de ce côté-là : dans la fosse elle tomba elle aussi.

Le vilain se leva de bon matin et se rendit tout droit où il trouva ce qu’il attendait : il jura que chacun aurait son salaire. Il tua le loup, rançonna le prêtre et chassa la fille. Ces trois-là eurent bien de la malchance et le vilain beaucoup de chance. Le prêtre le déshonorait et le loup étranglait ses bêtes : chacun d’eux

paya fort cher, l’un ses plaisirs amoureux, l’autre, sa nourriture.

 

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06/12/2011

6 DÉCEMBRE : SAINT NICOLAS

St Nicolas.jpg

 

 

Saint NICOLAS (270 - 310)

 

Le personnage de Saint Nicolas provient de Nicolas de Myre appelé aussi Nicolas de Bari. Né à Patara au sud ouest de l'actuelle Turquie (à l'époque Asie mineure) entre 250 et 270 après JC, il fut le successeur de son oncle l'évêque de Myre.

De son vivant, Nicolas de Myre fut le protecteur des enfants, des veuves et des gens faibles. Il fut bienveillant et généreux.

 

Saint Nicolas

L'empereur Dioclétien règnant alors sur toute l'Asie mineure poursuivit cruellement les chrétiens, entraînant ainsi l'emprisonnement de St Nicolas qui fut contraint de vivre, par la suite, un certain temps en exil. En 313, l'empereur Constantin rétablit la liberté religieuse, et St Nicolas put alors reprendre sa place d'évêque.

 

Saint Nicolas serait décédé un 6 décembre 343, victime de persécutions sous l'Empire Romain. Il fut enterré à Myre, mais ses ossements furent volés en 1087 par des marchants italiens qui les emportèrent à Bari en Italie. Les miracles attribués à St Nicolas sont si nombreux qu'il est aujourd'hui le Saint patron de nombreuses corporations ou groupes tels que les enfants, les navigateurs, les prisonniers, les avocats ou les célibataires.

 

St Nicolas fut vénéré en Allemagne dès le Xème Siècle et la journée du 6 décembre fut ainsi choisie comme le jour de la fête des commerçants, des boulangers et des marins.

 

Aujourd'hui, St Nicolas est fêté par un grand nombres de pays d'Europe : en France, Allemagne, Suisse, Luxembourg, Belgique, Hollande, Russie, Pologne, Autriche et d'autres encore... Dans la nuit du 5 au 6 décembre, il passe dans les maisons pour apporter aux enfants sages différentes friandises (fruits secs, pommes, gâteaux, bonbons, chocolats et surtout, de grands pain d'épices représentant le St Evêque). St Nicolas est souvent accompagné du Père Fouettard qui, vêtu d'un grand manteau noir avec un grand capuchon et de grosses bottes, n'a pas le beau rôle puisqu'il distribue des coups de triques aux enfants pas sages et donne aussi parfois du charbon, des pommes de terre et des oignons. Le Père Fouettard porte souvent des cornes et une queue.

 

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10:27 Publié dans FOLKLORE | Commentaires (0)

05/12/2011

UN TÉMOIGNAGE BOULEVERSANT

Ci-dessous, le témoignage bouleversant donné par « La Croix » sur un « grand homme », sous-préfet, chrétien, diacre, et… tétraplégique, victime d’une terrible maladie « orpheline », appelée l’alphasarcoglycanopathie.

 

 

 

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JEAN-CHRISTOPHE PARISOT

un sous-préfet suractif

 

 

 

 

Chargé de la cohésion sociale en Languedoc-Roussillon, tétraplégique sous assistance respiratoire, il assume d’importantes responsabilités. Un véritable témoignage de vie.

 

 

«J’aime la vie. Personne ne peut m’interdire de le proclamer . »

L’homme qui parle ainsi a 44 ans. Il est en pleine force de l’âge. Mais sa force à lui ne réside pas dans ses muscles. Jean-Christophe Parisot, sous-préfet chargé de la cohésion sociale dans la région Languedoc-Roussillon, ne dispose ni de ses jambes ni de ses bras, pas même de ses mains. Un seul doigt reste mobile et lui permet, moyennant l’assistance

du clavier virtuel Clavicom, d’utiliser un ordinateur et de diriger son fauteuil électrique. Joignant le geste – très limité – à la parole, le voici démontrant l’astuce à son visiteur : « L’informatique a restauré ma capacité de communiquer et de travailler en parfaite autonomie. »

Calé contre l’appui-tête de son véhicule qui supporte à l’arrière les batteries actionnant son appareil d’assistance respiratoire, le haut fonctionnaire nommé à la préfectorale en 2008 par le président de la République explique son cas sans faux-semblant : « Je suis atteint d’une forme de myopathie appelée l’alphasarcoglycanopathie, maladie évolutive dont je ne connais pas le terme, ce qui rend chaque jour plus précieux. Mes muscles se détruisent peu à peu, je suis un survivant permanent, j’ai pleinement conscience du déclin de ma vie physique. »

Intellectuellement autonome et ô combien créatif, efficace et volontaire, Jean-Christophe Parisot est matériellement très dépendant d’autrui depuis l’enfance : il a perdu l’usage total de ses jambes à 13 ans et celui de ses mains à 17 ans. Quatre assistants aux compétences diverses se relaient pour l’accompagner dans les gestes quotidiens, dont Flore, qui l’a suivi volontairement lors de sa nomination à Montpellier, depuis Cahors, où il avait été nommé sous-préfet du Lot, et qui ce jour-là l’assiste pour déjeuner. En plein accord avec cette vision du monde que développe son « patron» : « On nous présente la dépendance comme une malédiction, comme si le fait d’être coupé des autres allait nous rendre heureux. Moi, je suis foncièrement opposé à ce mot de Jean-Paul Sartre selon lequel l’enfer, c’est les autres, je pense au contraire que la source du bonheur réside dans le lien avec les autres. »

Cette conviction aura toujours déterminé ses choix. Affaire d’éducation, certainement, partagée avec ses deux soeurs, Florence, l’aînée, et Anne-Sophie, la cadette, toutes deux atteintes de la même maladie et avec lesquelles il se sent une immense complicité, mais aussi affaire d’engagement personnel : « Un de mes grands-pères, arrêté par la Gestapo, est mort à 33 ans parce qu’il avait caché des déserteurs allemands, des juifs et des réfractaires au STO. Prévenu la veille de son arrestation, il n’a pas fui pour autant, afin que

nul autre n’ait à porter cette responsabilité. Il a donc su qu’il allait donner sa vie. Dans ma famille, on a appris très tôt que celle-ci est plus importante par la qualité que par la quantité d’années, et que ce qui compte vraiment, c’est de se donner aux autres. » Là aussi, la raison pour laquelle ce docteur en sciences politiques a décidé de se mettre au service de la République : « Ce combat professionnel dure depuis vingt ans. Je suis entré dans le service public avec la volonté de faire avancer la société. Je voulais servir la collectivité. Et j’ai eu la chance de rencontrer des gens qui m’ont donné envie de continuer. » Parmi cet entourage porteur, voici ce que dit de lui Brigitte Fouré, ancienne maire d’Amiens après le règne de Gilles de Robien (UDF), qui l’a longtemps côtoyé quand il était administrateur dans la « capitale » de la Somme, de 1997 à 2008 : « Dépendant de tous, c’est pourtant lui qui donne la force à son entourage. Mais cette force n’est jamais agressive, elle est faite de conviction. »

Jean-Christophe Parisot a maintes fois fait la preuve d’un vrai caractère : ainsi, il n’hésite pas à dénoncer le mépris vis-à-vis de la différence, notamment celui des soignants pour les personnes vulnérables, ou encore la maltraitance, « la chose la plus indigne de l’humanité». « Qu’on appelle légumes des personnes souffrant d’un très grave handicap, cela me met hors de moi. Quelqu’un qui vit comme un naufragé demeure un être humain. »

Alors, il agit. À sa manière. Par exemple, il n’a pas refusé, récemment, de passer en revue, assis dans son fauteuil roulant, des militaires debout et en arme : « J’ai eu le sentiment de participer à une révolution symbolique en donnant à la faiblesse physique toute sa place, moi qui porte sur mon uniforme les feuilles de chêne symbolisant la force. » De même, ce catholique profondément croyant, ordonné diacre en 2002 parce que, selon lui, « la diaconie, c’est manifester l’envie de serapprocher de ceux qui sont éloignés », n’a pas eu peur de créer une association « Cathos pour le Téléthon » lorsqu’en 2006 un groupe de fidèles du Var décida d’appeler au boycott de cette initiative qui finance un certain nombre de recherches menées à partir de cellules souches embryonnaires. Alertant tous les évêques pour leur signifier qu’il était inacceptable de jeter la suspicion sur la générosité du public, Jean-Christophe Parisot fut ainsi à l’origine des propos apaisants que plusieurs d’entre eux ont cosignés : « Cette affaire est aujourd’hui classée, mais je suis heureux d’avoir permis à des gens qui n’osaient plus aller à l’église parce qu’ils se sentaient rejetés, humiliés, d’y retourner. »

Amoureux de Katia depuis l’adolescence, marié avec elle, ils ont eu quatre enfants : « Jean-Baptiste, Joseph, Claire-Marie, Joachim m’ont toujours vu comme ça. Pourtant, de me regarder partir le matin au travail après deux heures de soins intensifs, ils sont impressionnés. Je suis sûr qu’ils pensent qu’il faut en vouloir! » Car, de fait, leur sous-préfet de père ne ménage pas sa peine : « J’occupe un poste à grosses responsabilités, et c’est un témoignage, pour mes proches. » La cohésion sociale dont il a la charge en Languedoc- Roussillon comporte de multiples dossiers : « Nous sommes ici une véritable autoroute migratoire, nous attendons 800 000 nouvelles arrivées dans les quinze ans qui viennent. Un défi colossal en termes d’intégration, d’urbanisme, de vivre ensemble! » Au-delà des problèmes techniques, Jean-Christophe Parisot intervient auprès des cabinets ministériels, lance des idées, fait part de ses observations pour préparer l’avenir : « Le monde occidental est entré dans l’ère du nomadisme. Les Gitans, nombreux sur ce territoire, sont des précurseurs. Aujourd’hui, sur nos côtes, vivent des milliers de campeurs permanents n’ayant plus de quoi payer les loyers des immeubles qu’ils occupaient. Il y a là un décrochage social, mais aussi un moyen de reconstruction d’une nouvelle vie. » Selon le sous-préfet, cela va obliger les pouvoirs publics à se saisir de nouvelles questions qui vont complètement modifier les rapports familiaux, de voisinage, etc.

La nouveauté ne fait pas peur à cet homme d’action, très investi par ailleurs dans le milieu associatif : il a fondé « Vaincre l’Alpha » en 2008 (1) pour aider à la recherche contre la maladie dont il est atteint.

Il assure aussi la correspondance régionale de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI), qui touche dans certains secteurs comme en milieu rural ou dans les quartiers en difficulté pas moins de 30 % de la population. Jean-Christophe Parisot s’intéresse également

au combat contre l’illettrisme dans les prisons : « Si là nous ne faisons rien, nous préparons des bombes humaines pour demain ! » Passionné pour son pays, il dit que « le patriotisme est parfois perçu aujourd’hui comme un gros mot. Moi, j’ai le sens du drapeau, de ma patrie, de mon pays, de ses valeurs, de son état de droit. Nous avons la chance d’avoir ici des règles, des normes héritées de plusieurs siècles de travail qui font que le droit est supérieur à la force. »

Et que s’impose le respect de tout être humain, quelles que soient ses origines, ses opinion ou sa situation.

Bien placé pour le savoir, Jean- Christophe Parisot observe la gêne de certains à le saluer. Alors il les invite à lui poser la main sur l’épaule puisqu’il ne peut tendre la sienne. « J’avais expliqué comment faire à un conseiller général. Avant ma tournée dans son canton, il avait ainsi prévenu tout le monde. Depuis, quand je croise des gens qui me mettent la main sur l’épaule, je sais de quel canton ils viennent ! »

LOUIS DE COURCY (« La Croix » du 03/12/2011)

(1) 21, route de Nogent, 78113 Grandchamp.

Tél. : 06.01.91.11.52. www.vaincrelalpha.com

 


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