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17/12/2011

LE "MESSIE" EXPLIQUÉ PAR UNE THÉOLOGIENNE

Jésus, le Messie.jpg

JÉSUS, LE MESSIE

 

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AUJOURD'HUI, UNE SIMPLE ADRESSE "WEB" (voir ci-dessus)


VOUS LA COPIEZ DANS LA FENÊTRE DE VOTRE NAVIGATEUR... VOUS "ENTREZ"...

 

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QUE L'AVENT NOUS RAPPELE SI SOUVENT, MAIS DONT NOUS NE SAVONS PEUT-ÊTRE PAS TOUTE LA SIGNIFICATION

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16/12/2011

PARIS : CHAPELLE DÉDIÉE AUX BX ÉPOUX MARTIN

Louis et Zélie MARTIN.jpg

BIENHEUREUX LOUIS ET ZÉLIE MARTIN

 

France : Chapelle dédiée

 

aux bx Louis et Zélie Martin

 

Un lieu de prière privilégié pour les couples et les familles

 

ROME, jeudi 15 décembre 2011 (ZENIT.org) – En France, la première chapelle, en France, dédiée aux bienheureux Louis et Zélie Martin, parents de Sainte-Thérèse de Lisieux, sera inaugurée le 16 janvier 2012, au cours de la messe de 19h, présidée par Mgr Jérôme Beau, évêque auxiliaire de Paris, en la basilique Notre-Dame des Victoires (Paris 2e) où se trouve la chapelle. Ce sera un lieu de prière privilégié pour les couples et les familles.

 

Un communiqué de l’archevêché de Paris rappelle que Louis Martin (1823-1894) et sa femme Zélie Guérin (1831-1877), parents de Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus, ont été déclarés « vénérables » par Jean-Paul II le 26 mars 1994, et qu’ils ont été béatifiés le 19 octobre 2008 à Lisieux, par décision du pape Benoît XVI.

 

L’archevêché de Paris a alors décidé de réaménager une chapelle de la basilique Notre-Dame des Victoires afin d'accueillir le reliquaire des nouveaux bienheureux et de permettre à des pèlerins de plus en plus nombreux de pouvoir passer un temps de fort dans des salles d'accueil.

 

D'importants travaux de réaménagement d'une chapelle sont en effet en train de s'achever afin qu'elle devienne la « Chapelle des Bienheureux Louis et Zélie Martin », premier lieu de culte en France placé sous le patronage des nouveaux bienheureux.

 

Elle abritera leur reliquaire – une copie de celui offert au Pape Benoît XVI - de manière pérenne, et deviendra un lieu de prière privilégié pour les couples et les familles.

 

Car les nouveaux bienheureux sont venus à Notre-Dame des Victoires, et sainte Thérèse elle-même. Alors qu'ils sont encore tous deux célibataires Louis et Zélie sont déjà proches de Notre Dame des Victoires.

 

Louis achevait sa formation d'horloger à Paris. Face aux tentations de la capitale, il se confia en particulier à la Vierge, se rendant assidûment au sanctuaire. En 1863 il écrira à son épouse : « J'ai eu le bonheur de communier à Notre-Dame des Victoires, qui est comme un petit paradis terrestre. J'ai aussi fait brûler un cierge à l’intention de toute la famille. »

 

C’est là qu’il feront dire des messes lorsque sainte Thérèse sera malade.

 

Les lettres de Zélie Martin témoignent aussi d'une confiance et d'un amour envers Marie-Refuge des pécheurs. En 1863, elle écrit à son frère Isidore Guérin, qui fait a Paris ses études de pharmacie :

 

« Si tu consentais seulement à faire une chose que je vais te dire, et que tu

voulusses bien me la donner pour étrennes, je serais plus heureuse que si tu m'envoyais tout Paris. Voici : tu habites tout près de Notre-Dame des Victoires. Eh bien! Entres-y seulement une fois par jour, pour dire un Ave Maria à la Sainte Vierge. Tu verras qu'elle te protègera d'une manière toute spéciale, et qu'elle te fera réussir en ce monde, pour te donner ensuite une éternité de bonheur. »

 

C’est en 1629, à la demande des Pères Augustins, que le roi Louis XIII fit construire l'église et lui donna le nom de Notre-Dame des Victoires, auquel fut ajouté plus tard le titre de « Refuge des pécheurs ».

 

En 1836, le Père Desgenettes reçut l'inspiration divine de consacrer sa paroisse au Coeur Immaculé de Marie. II créa l’Archiconfrérie, qui poursuit l'engagement de prière pour la conversion des pécheurs. Dès lors, et aujourd'hui encore, de nombreuses grâces sont obtenues par l'intercession de Notre-Dame des Victoires, comme en témoignent plus de 37 000 ex-voto.

 

Au cœur de Paris, la basilique Notre-Dame des Victoires est une paroisse du

doyenné Bourse-Louvre et un sanctuaire marial diocésain.

 

Depuis 1992, sous l'impulsion des archevêques, du cardinal Jean-Marie Lustiger puis du cardinal André Vingt-Trois, une nouvelle pastorale a été mise en place avec l'arrivée d'une communauté de Bénédictines du Sacré-Coeur de Montmartre. Son but est de raviver la ferveur pour Marie, refuge des pécheurs, par des moments forts et par une vie liturgique et une proposition de prière dense au quotidien.

 

De nombreux catholiques de Paris et de banlieue participent régulièrement à la vie de prière de la basilique, et il n'est pas rare que l'assemblée dépasse 800 personnes. Notre-Dame des Victoires a aussi un grand rayonnement auprès des pèlerins venus du monde entier.

 

Le diocèse de Paris a également confié à la Basilique la mission de prier spécialement pour toutes les intentions qui touchent la vie (avortement, handicaps, maladie, fin de vie ...). Le chapelet est prié chaque soir des fêtes mariales à toutes ces intentions. Une messe célébrée à l'intention des malades est retransmise sur Radio Notre Dame chaque jeudi, indique la même source.

 

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14/12/2011

L'AVENT AVEC LE PAPE (II)

 

Vatican.Colonnade.jpg
ROME, PLACE ST PIERRE . COLONNADE


La nouvelle évangélisation après les invasions barbares, par le P. Cantalamessa

 

Nous avons déjà publié la première prédication sur le thème : « Allez dans le monde entier. La première vague d’évangélisation » (cf. Zenit du 2 décembre 2011).

 

P. Raniero Cantalamessa, OFMCap.

Deuxième prédication de l’Avent 2011

 

« IL N’Y A PLUS DE GREC NI DE JUIF, DE BARBARE NI DE PAIEN »

La deuxième grande vague évangélisatrice après les invasions barbares

 

 

Dans cette méditation, je voudrais parler de la seconde grande vague d’évangélisation, celle qui, dans l’histoire de l’Eglise, a suivi l’écroulement de l’empire romain et le nouveau mélange de peuples provoqué par les invasions barbares, pour voir, encore une fois, concrètement, ce que celle-ci peut nous apprendre aujourd’hui. Considérant l’ampleur de la période historique examinée et la brièveté imposée à une prédication, il ne pourra s’agir que d’une reconstruction, comme on dit, « à vol d’oiseau ».

 

1. Une décision qui marquera toute une époque

 

Au moment de la fin officielle de l’empire romain, en 476, l’Europe présente, désormais depuis longtemps, un nouveau visage. Il n’y a plus d’empire mais, à la place, tant de royaumes « barbares ». Grosso modo, en partant du nord, la situation est la suivante: à la place de la province romaine de Britannia, on trouve les Angles et les Saxons, dans les anciennes provinces de la Gaule les Francs, à l’est du Rhin les Frisons et les Alamans, dans la péninsule ibérique les Wisigoths, en Italie les Ostrogoths, plus tard les Lombards, et en Afrique du nord, les Vandales. En orient, l’empire byzantin résiste encore.

L’Eglise se trouve devant une décision qui marquera toute cette époque : quelle attitude adopter devant cette nouvelle situation? Ce n’est pas tout de suite ni sans déchirure que l’on est arrivé à la décision qui a ouvert l’Eglise à l’avenir. Un peu de ce qui s’était passé au moment du détachement du judaïsme pour accueillir les païens dans l’Eglise, se répétait. L’égarement général des chrétiens avait atteint son sommet à l’occasion du sac de Rome, en 410, par Alaric, le roi des Goths. On pensait que la fin du monde était arrivée, le monde s’identifiant désormais au monde romain, et le monde romain au christianisme. La voix de saint Jérôme est la plus représentative de cet égarement général : « Qui eût pu croire, écrivait-il, que Rome, dont tant de victoires emportées sur tout l’univers constituent les assises, s’écroulerait ? » .

Celui qui contribua le plus, d’un point de vue intellectuel, à véhiculer la foi dans le nouveau monde, fut Augustin, avec son œuvre De civitate Dei. Selon sa vision, qui marque le début d’une philosophie de l’histoire, la Cité de Dieu se distingue de la Cité terrestre, cette dernière assimilée par moments (en forçant quelque peu sa pensée même), à la Cité de Satan. Ce qu’il entend par Cité terrestre est tout ce qui a trait à la réalisation politique y compris celle de Rome. Donc, aucune fin du monde, mais seulement la fin d’un monde!

Concrètement, c’est au pontife romain que reviendra la tâche déterminante d’ouvrir la religion à la nouvelle réalité et de coordonner les initiatives. Saint Léon le Grand a bien conscience que la Rome chrétienne survivra à la Rome païenne, bien plus « elle présidera avec sa religion divine beaucoup plus largement qu’elle ne l’aurait fait avec sa domination terrestre » .

Peu à peu, l’attitude des chrétiens envers les peuples barbares se met à changer; ceux-ci ne sont plus considérés des êtres inférieurs, incapables de civilisation, ils sont désormais vus comme de possibles frères dans la foi. Les peuples barbares, considérés jadis comme une menace permanente, commence à apparaître aux yeux des chrétiens comme un nouveau, vaste, champ de mission. Paul avait proclamé l’abolition, avec Jésus-Christ, des distinctions de race, de religion, de culture et de classe sociale en disant: « Il n'y a plus de Grec ni de Juif, d'Israélite ni de païen, il n'y a pas de barbare, de sauvage, d'esclave, d'homme libre, il n'y a que le Christ: en tous, il est tout » (Col 3,11); mais que d’efforts pour traduire cette révolution dans la réalité de l’histoire! Et pas seulement autrefois!

 

2. Une nouvelle évangélisation de l’Europe

 

Vis-à-vis des peuples barbares, l’Eglise a dû mener deux combats. Le premier, contre l’hérésie arienne. Un grand nombre de tribus barbares, surtout les Goths, avant de pénétrer, en conquérants, au cœur de l’empire, avaient eu en Orient des contacts avec le christianisme et ils l’avaient accueilli dans la version arienne, alors en vogue, grâce surtout à l’oeuvre auprès d’eux de l’évêque Wulfila (311-383), traducteur de la bible en gothique. Une fois installés dans les territoires occidentaux, ceux-ci avaient apporté avec eux cette version hérétique du christianisme.

Mais l’arianisme n’avait pas d’organisation centralisée, ni une culture ou une théologie comparable à celle des catholiques. Au cours du VIe siècle, l’un après l’autre, les royaumes barbares ont quitté l’arianisme pour adhérer à la foi catholique, grâce à l’œuvre de certains grands évêques et écrivains catholiques mais parfois aussi, par calculs politiques. Le concile de Tolède, en 589, fut un moment décisif. Animé par Léandre de Séville, il marqua la fin de l’arianisme wisigoth en Espagne et, pratiquement, dans tout l’occident.

Ce combat contre l’arianisme n’était néanmoins pas nouveau. Il avait commencé bien avant, en 325. La vraie nouvelle démarche que l’Eglise avait menée jusqu’au bout, après le déclin de l’empire romain, a été l’évangélisation des païens. Celle-ci suivait deux directions: pour ainsi dire, ad intra et ad extra, c’est-à-dire auprès des peuples de l’ancien empire et auprès de ceux apparus depuis peu sur la scène. Dans les territoires de l’ancien empire, l’Italie et les provinces, l’Eglise s’était jusqu’ici implantée presque uniquement dans les villes. Il s’agissait d’étendre sa présence à la campagne et aux villages. Le terme « païen » vient, comme on le sait, de « pagus, village, et doit sa signification actuelle au fait que l’évangélisation des campagnes a eu lieu, généralement, bien après celle des villes.

Il serait certainement intéressant de suivre aussi ce fil de l’évangélisation qui conduisit à la naissance et au développement du système des paroisses, comme subdivisions du diocèse, mais l’objectif que je me suis donné m’oblige à me limiter à cette autre direction de l’évangélisation, celle ad extra, destinée à apporter l’Évangile aux peuples barbares qui se sont installés dans l’Europe insulaire et centrale, autrement dit dans l’Angleterre, la Hollande, la France et l’Allemagne d’aujourd’hui.

 

La conversion du roi mérovingien Clovis qui, en 498 ou 499, se fit baptiser par l’évêque de Reims, saint Rémi, la nuit de Noël, a constitué un moment décisif de cette démarche. Il décidait ainsi, selon les coutumes de l’époque, non seulement de l’avenir religieux du peuple Franc, mais aussi de celui d’autres peuples qu’il avait conquis en deçà et au-delà du Rhin. Au moment de baptiser Clovis, l’évêque Rémi prononça la célèbre phrase : « Mitis depone colla, Sigamber; adora quod incendisti, incende quod adorasti »: « Courbe humblement la tête, Sicambre, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré » . C’est à cet événement que la France doit son titre de « fille aînée de l’Eglise ».

La christianisation du continent s’est achevée au IXe siècle avec la conversion des peuples slaves, par les saints Cyrille et Méthode. Ces peuples étaient venus occuper, en Europe de l’est, les territoires que les précédentes vagues de migration avaient laissés pour se déplacer en occident.

Les conditions d’évangélisation auprès des barbares se présentaient sous une tout autre forme, différente de celles que l’on connaissait avec le monde grec et romain, où le christianisme avait devant lui un monde cultivé, organisé, avec des règles, des lois, des langages communs. Il avait, pour ainsi dire, une culture avec laquelle dialoguer, se confronter. Maintenant il allait devoir faire face à deux tâches en même temps : civiliser et évangéliser. Enseigner la lecture et l’écriture, tout en formant à la doctrine chrétienne. L’inculturation se présentait sous une forme totalement inédite.

 

3. L’épopée monastique

 

L’œuvre gigantesque dont je n’ai pu tracer ici que les grandes lignes, a été menée de front avec la participation de tous les membres de l’Eglise. En premier lieu, celle du pape, à l’initiative directe duquel remonte l’évangélisation des Angles et qui participa activement à l’évangélisation de l’Allemagne entreprise par S. Boniface et à celle des peuples slaves entreprise par les saints Cyrille et Méthode ; puis celle des évêques, des curés, au fur et à mesure que les communautés locales prenaient corps et devenaient stables. Certaines femmes aussi ont eu un rôle à jouer, un rôle silencieux mais décisif. Derrière de grandes conversions de rois barbares, il y a souvent eu l’ascendant de leurs épouses respectives: sainte Clotilde pour Clovis, sainte Théodolinde pour le roi lombard Autharis, l’épouse catholique du roi Edwin qui a introduit le christianisme dans le nord de l’Angleterre.

Mais les vrais acteurs de la ré-évangélisation de l’Europe après les invasions barbares sont les moines. En Occident, le monachisme, commencé au IVe siècle, s’y est rapidement étendu mais en deux temps et venant de deux directions différentes. La première vague part du sud et du centre de la Gaule, surtout de Lérins (410) et d’Auxerre (418), et, grâce à saint Patrick qui a été formé dans ces deux centres, elle gagne l’Irlande dont tous les fruits de la vie religieuse dépendront. Delà, il passe en Ecosse, avec saint Colomba, fondateur d’Iona (521-597), et, avec saint Cuthbert de Lindisfarne (635-687), dans le Nord de l’Angleterre, où il implante un christianisme et un monachisme aux couleurs celtiques particulières.

Les débuts de la deuxième vague monastique, destinée à prendre l’avantage et à unifier les différentes formes de monachisme occidental, remontent à saint Benoît (+ 547). C’est à cetet vague qu’appartiennent le moine Augustin et ses compagnon, envoyés par le pape saint Grégoire le Grand. Ils évangélisèrent le Sud de l’Angleterre, apportant un christianisme de type romain qui finit par l’emporter sur celui de type celtique et par l’harmoniser avec le reste de la chrétienté, pour la date de Pâques, par exemple.

 

Du Ve au VIIIe siècle, l’Europe se couvre littéralement de monastères, dont beaucoup joueront un rôle de premier plan dans la formation du continent, dans la formation religieuse mais également artistique, culturelle et agricole. C’est à juste titre que saint Benoît a été proclamé Patron de l’Europe et que le Saint-Père, en 2005, a choisi Subiaco pour sa leçon magistrale sur les racines chrétiennes de l’Europe.

Presque tous les grands moines évangélisateurs sont issus du premier des deux courants évoqués, celui qui revient sur le continent de l’Irlande et de l’Angleterre. Les noms les plus représentatifs sont ceux de S. Colomban (542-615) e de S. Boniface (672-754). Le premier, partant de Luxeuil, évangélisa de nombreuses régions du nord de la Gaule et les tribus du sud de l’Allemagne, s’avançant jusqu’à Bobbio, en Italie; le second, considéré l’évangélisateur de l’Allemagne, étendit son action missionnaire jusqu’en Frise, la Hollande actuelle. Le 11 mars 2009, le Saint-Père Benoît XVI lui consacra l’une de ses catéchèses du mercredi, mettant l’accent sur les liens étroits qui l’unissait à l’Evêque de Rome et sur l’action civilisatrice qu’il menait auprès des peuples qu’il avait évangélisés.

En lisant leurs vies, on a l’impression de revivre l’aventure missionnaire de l’apôtre Paul: le même désir impatient de porter l’évangile à chaque créature, le même courage face à toute sorte de dangers ou de gênes, voire pour S. Boniface et tant d’autres, le même sort final du martyre.

Les lacunes de cette évangélisation à grande échelle sont bien connues et c’est précisément la comparaison avec saint Paul qui met en lumière la principale de ces lacunes. L’Apôtre, tout en évangélisant, veillait partout à fonder une Eglise qui puisse garantir la continuité et le développement de la vie chrétienne. Souvent, par manque de moyens et à cause de difficultés pour se déplacer à l’intérieur d’une société encore au stade du magma, ces pionniers n’étaient pas en mesure de garantir la continuité de leur œuvre.

Les peuples barbares tendaient à n’appliquer qu’une partie du programme indiqué par saint Rémi à Clovis : ils adoraient ce qu’ils avaient brûlé, mais ne brûlaient pas ce qu’ils avaient adoré. Une bonne partie de leur bagage idolâtre et païen restait et resurgissait à la première occasion. C’était comme le tracé de certaines routes dans la forêt : pas entretenues et guère fréquentées, celles-ci étaient vite reprises et effacées par la jungle environnante. La seule œuvre qui ait le plus duré chez ces grands évangélisateurs est précisément la fondation d’un réseau de monastères et, avec Augustin en Angleterre et S. Boniface en Allemagne, l’érection de diocèses et la célébration de synodes qui seront, par la suite, une garantie pour la reprise d’une évangélisation plus durable et plus en profondeur.

 

4. Mission et contemplation

 

Le moment est venu maintenant de tirer de ce cadre historique, quelque indication pour aujourd’hui. Nous remarquons tout d’abord une certaine analogie entre l’époque que nous avons revisitée et la situation actuelle. A l’époque, le mouvement des peuples allait d’est en ouest, maintenant il va du sud au nord. L’Eglise, avec son magistère, a choisi, dans ce cas aussi, son champ d’action : s’ouvrir à la nouveauté et accueillir les nouveaux peuples.

La différence est qu’aujourd’hui ce ne sont pas des peuples païens ou des chrétiens hérétiques qui arrivent en Europe, mais souvent des peuples qui ont déjà une religion à eux, bien constituée et consciente d’elle-même. Le fait nouveau est donc le dialogue qui ne s’oppose pas à l’évangélisation, mais détermine son style. Le bienheureux Jean Paul II, dans l’encyclique « Redemptoris missio », sur la valeur permanente du précepte missionnaire, s’exprime clairement sur le sujet:

« Le dialogue interreligieux fait partie de la mission évangélisatrice de l'Eglise. Entendu comme méthode et comme moyen en vue d'une connaissance et d'un enrichissement réciproques, il ne s'oppose pas à la mission ad gentes, au contraire il lui est spécialement lié et il en est une expression… A la lumière de l'économie du salut, l'Eglise estime qu'il n'y a pas contradiction entre l'annonce du Christ et le dialogue interreligieux, mais elle sent la nécessité de les coordonner dans le cadre de sa mission ad gentes. En effet, il faut que ces deux éléments demeurent intimement liés et en même temps distincts, et c'est pourquoi on ne doit ni les confondre, ni les exploiter, ni les tenir pour équivalents comme s'ils étaient interchangeables. » .

Ce qui s’est passé en Europe après les invasions barbares nous montre surtout l’importance de la vie contemplative en vue de l’évangélisation. Voici ce que le décret conciliaire « Ad gentes », sur l’activité missionnaire de l’Eglise, écrit à ce propos :

« Sont dignes d’une mention spéciale les diverses initiatives en vue de l’enracinement de la vie contemplative : certains instituts, gardant les éléments essentiels de l’institution monastique, travaillent à implanter la très riche tradition de leur ordre ; d’autres reviennent aux formes plus simples du monachisme antique ; tous cependant doivent chercher une authentique adaptation aux conditions locales. La vie contemplative, relevant du développement complet de la présence de l’Église, doit être instaurée partout dans les jeunes Églises. » .

Cette invitation à rechercher de nouvelles formes de monachisme en vue de l’évangélisation, en s’inspirant aussi du monachisme ancien, n’est pas restée lettre morte.

 

Une des formes qui répondent à ce souhait, a été réalisé par les « Fraternités monastiques de Jérusalem », connues comme les moines et les moniales des villes. Leur fondateur, le père Pierre-Marie Delfieux, après avoir passé deux années dans le désert du Sahara, en seule compagnie de l’eucharistie et de la Bible, a compris qu’aujourd’hui ce sont les grandes villes sécularisées qui sont le désert. Lancées à Paris, en 1975, le jour de la Toussaint, ces fraternités sont désormais présentes dans plusieurs grandes villes d’Europe, y compris à Rome, où elles ont en charge l’église de la Trinité-des-Monts. Leur charisme est d’évangéliser à travers la beauté de l’art et de la liturgie. Leur habit, leur style de vie, simple et austère, ce temps qu’elles partagent entre le travail et la prière, sont ceux d’une vie monastique. Ce qui est nouveau, c’est leur installation au centre des villes, généralement dans des églises anciennes et de grande valeur artistique, et cette collaboration entre frères et religieuses dans le domaine liturgique, qui n’enlève rien à leur indépendance réciproque au niveau de l’habitation et de l’autorité. Le nombre de conversions et de chrétiens revenus à la foi, autour de ces lieux, n’est pas des moindres.

 

Et puis il y a le monastère de Bose, en Italie, qui est d’un tout autre genre, mais qui entre lui aussi dans ce foisonnement de nouvelles formes monastiques. Et, dans le domaine œcuménique, nous avons le monastère de Taizé, en France, qui est un exemple de cette implication directe de la vie contemplative dans les efforts d’évangélisation.

Le 1er novembre 1982, à Avila, Jean Paul II, en accueillant une vaste représentation de la vie contemplative féminine, avait aussi avancé la possibilité, pour les religieuses cloîtrées, d’un engagement plus direct dans l’œuvre d’évangélisation.

« Vos monastères – a-t-il dit – sont des communautés de prière au milieu des communautés chrétiennes, auxquelles vous apportez aide, nourriture et espérance. Ce sont des lieux consacrés et ils pourront être aussi des centres d’accueil chrétien pour ces personnes, surtout les jeunes, qui, souvent, sont à la recherche d’une vie simple et transparente, en opposition à celle qui leur est offerte par la société de consommation ».

Son appel n’est pas resté inécouté et se traduit par des initiatives originales de vie contemplative féminine ouvertes à l’évangélisation. L’une d’elles a eu l’occasion de se faire connaître lors du récent congrès que le Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation a organisé ici, au Vatican. Toutes ces nouvelles formes ne remplacent pas les réalités monastiques traditionnelles, dont beaucoup sont aussi des centres de rayonnement spirituel et d’évangélisation, mais marchent à leurs cotés et les enrichissent.

 

Il ne suffit pas qu’il y ait dans l’Eglise des personnes qui se consacrent à la contemplation et d’autres à la mission ; il faut que la synthèse entre les deux choses se fasse dans la vie de chaque missionnaire. Autrement dit, prier « pour les » missionnaires ne suffit pas, il faut la prière « des » missionnaires. Les grands moines qui ont ré-évangélisé l’Europe après les invasions barbares étaient des hommes sortis du silence de la contemplation et qui y retournaient dès que les circonstances le permettaient. Ou mieux, dans leurs cœurs, ils ne sortaient jamais tout à fait du monastère. Ils appliquaient, à l’avance, le conseil que François d’Assise donnait à ses frères en les envoyant sur les routes du monde : « Où que nous soyons, où que nous allions, nous emportons notre cellule avec nous. Notre cellule, c'est notre frère le corps, et notre âme est l'ermite habitant cette cellule pour prier Dieu et méditer .

 

Nous avons un exemple de cela qui fait bien plus autorité. La journée de Jésus était un entrelacement admirable de prières et méditations. Jésus ne priait pas seulement avant de prêcher, il priait pour savoir ce qu’il devait prêcher, pour puiser dans la prière les choses à annoncer au monde : « Ce que je déclare, je le déclare comme le Père me l'a dit » (Jn 12,50). C’est de là que venait cette « autorité » que Jésus avait lorsqu’il parlait et qui impressionnait tant.

Les nouveaux efforts d’évangélisation sont exposés à deux dangers. L’un est l’inertie, la paresse, ne rien faire et laisser tout faire aux autres. L’autre est de se lancer dans un activisme humain fébrile et vide, et finir par perdre peu à peu le contact avec la source de la parole et de son efficacité. On dit: « Mais comment rester là, à prier tranquillement, quand tant d’exigences réclament notre présence, comment ne pas courir quand la maison brûle? » C’est vrai, mais imaginons ce qui se passerait si l’équipe de pompiers, accourue sur place pour éteindre l’incendie, se rendait compte, une fois arrivée, qu’elle n’a plus une goutte d’eau dans ses réservoirs. C’est comme ça que nous sommes, quand nous courons prêcher sans prier.

La prière est essentielle pour évangéliser, car « la prédication chrétienne n’a pas pour mission première de transmettre une doctrine mais le concret de l’existence ». Celui qui prie sans parler évangélise davantage que celui qui parle sans prier.

 

5. Marie, étoile de l’évangélisation

 

Terminons par une pensée que nous suggère le temps liturgique de ces jours et la solennité de l’Immaculée que nous avons célébrée hier. Un jour, dans un dialogue œcuménique, un frère protestant m’a demandé, mais sans polémique, uniquement pour comprendre: « Pourquoi vous, les catholiques, dites-vous que Marie est « l’Etoile de l’évangélisation »? Qu’a fait Marie pour mériter un tel titre? ». Cette question a été pour moi l’occasion de réfléchir à la chose et je n’ai pas tardé à en trouver la raison profonde. Marie est l’Etoile de l’évangélisation car elle a porté la Parole, non pas à tel ou tel peuple, mais au monde entier!

Mais pas seulement pour ça. Marie portait la Parole dans son sein, non sur ses lèvres. Elle était comblée, physiquement aussi, du Christ et le faisait rayonner par sa seule présence. Jésus émanait de ses yeux, de son visage, de toute sa personne. Quand quelqu’un se parfume, il n’a pas besoin de le dire, il suffit d’être à côté de lui pour s’en rendre compte et Marie, surtout dans la période où elle le portait dans son sein, était pleine du parfum de Jésus-Christ.

On peut dire que Marie a été la première cloîtrée de l’Eglise. Après la Pentecôte, elle est comme entrée en clôture. Grâce aux lettres des apôtres, nous connaissons d’innombrables personnages mais aussi tant de femmes de la première communauté chrétienne. A un certain moment, on y parle d’une certaine Marie (cf. Rm 16, 6), mais ce n’est pas elle. De Marie, la Mère de Jésus, rien. Elle disparaît dans le plus profond des silences. Mais qu’est-ce que cela a signifié pour Jean de l’avoir à ses côtés pendant qu’il écrivait l’Evangile et qu’est-ce que cela peut signifier pour nous de l’avoir à nos côtés tandis que nous proclamons le même Evangile! « La fleur des Evangiles – écrit Origène – est celui de Jean, dont le sens profond ne peut être saisi par celui qui n’a pas posé sa tête sur la poitrine de Jésus et n’a pas reçu de lui Marie, comme sa mère » .

 

Marie a inauguré dans l’Eglise cette seconde âme, ou vocation, qui est l’âme cachée et orante, à côté de l’âme apostolique ou active. L’icône traditionnelle de l’Ascension, sur le mur droit de cette chapelle Redemptoris Mater, en est une merveilleuse expression. Marie est debout, les bras ouverts, dans une attitude de prière. Autour d’elle, les apôtres, tous levant un pied ou une main, autrement dit en mouvement, représentent l’Eglise active qui va en mission, qui parle et agit. Marie est immobile, au-dessous de Jésus, à l’endroit même où il est monté au Ciel, comme pour entretenir son souvenir et l’attente de son retour.

 

Terminons en écoutant les paroles finales d’Evangelii nuntiandi de Paul VI, où, pour la première fois dans les documents pontificaux, le nom de Marie est accompagné du titre d’« Etoile de l’évangélisation »: « Au matin de la Pentecôte, elle a présidé dans la prière au début de l'évangélisation sous l'action de l'Esprit Saint. Qu’elle soit l’Etoile de l’évangélisation toujours renouvelée que l’Église, docile au mandat de son Seigneur, doit promouvoir et accomplir, surtout en ces temps difficiles mais pleins d’espérance!”

 

 

 

NOTES :

 

1 S. Jérôme, Comm. sur Ezéchiel, III, 25, préf.; cf. Lettres LX,18; CXXIII,15-16; CXXVI,2.

2 S. Léon le Grand, Sermon 82,

3 Grégoire de Tours, Historia Francorum, II, 31.

4 Jean-Paul II, Redemptoris missio, 55.

5 L.G., 18.

6 Legenda Perugina, 80 (FF, 1636).

7 Origène, Commentaire sur l’Evangile de Jean, I, 6,23 (SCh, 120, p. 70).

 

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12/12/2011

L'AVENT AVEC LE PAPE

Altar da Sta casa da Misericordia de Braga.jpg
BRAGA : autel de la "SANTA CASA DA MISERICORDIA"

 

Avent : Première prédication

du P. Cantalamessa, ofmcap.

Première prédication (en présence du Pape)

« ALLEZ DANS LE MONDE ENTIER »

La première vague d’évangélisation

En réponse au Souverain pontife qui appelle à de nouveaux efforts d’évangélisation et en préparation du Synode des évêques de 2012 sur le sujet, je me propose de déterminer, dans ces médiations de l’Avent, quatre vagues de nouvelle évangélisation, soit quatre moments qui, dans l’histoire de l’Eglise, ont été marqués par une accélération ou une reprise de l’engagement missionnaire. Voici ces moments :

1. Les trois premiers siècles de l’expansion du christianisme, jusqu’à la veille de l’édit de Constantin où les personnages clefs sont d’abord les prophètes puis les évêques;

2. les VIe-IXe siècles où l’on assiste, grâce aux moines, à une nouvelle évangélisation de l’Europe après les invasions barbares;

3. le XVIe siècle avec la découverte et la conversion au christianisme des peuples du « nouveau monde », par les religieux;

4. l’époque actuelle qui voit l’Eglise engagée dans une nouvelle évangélisation de l’occident sécularisé, avec la participation déterminante des laïcs.

A chacune de ces époques, je tâcherai de mettre en évidence ce que nous pouvons apprendre pour l’Église d’aujourd’hui: quelles sont les erreurs à éviter et les exemples à imiter et quelle contribution spécifique les moines, les religieux de vie apostolique et les laïcs peuvent apporter à cette évangélisation.

1. La diffusion du christianisme, aux trois premiers siècles

Commençons aujourd’hui par une réflexion sur l’évangélisation chrétienne aux trois premiers siècles. Il y a surtout une raison qui fait de cette période un modèle pour tous les temps. C’est l’époque où le christianisme se fraye un chemin en ne comptant exclusivement que sur ses propres forces. Aucun « bras séculier » n’est là pour le soutenir ; les conversions ne sont le résultat d’aucun avantage extérieur, matériel ou culturel; être chrétien n’est pas une habitude ou une mode, mais un choix à contre-courant, au péril même souvent de la vie. En un certain sens, cette situation est celle que les chrétiens connaissent aujourd’hui certaines régions du monde.

La foi chrétienne naît avec une ouverture universelle. Jésus avait dit à ses disciples d‘aller « dans le monde entier » (Mc 16, 15), de « faire des disciples dans toutes les nations » (Mt 28, 19), d’être ses témoins « jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1,8), de « proclamer la conversion en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations » (Lc 24, 47).

L’application de ce principe d’universalité apparaît déjà dans la génération des apôtres, toutefois non sans difficultés ni déchirures. Le jour de la Pentecôte, la première barrière franchie est celle de la race (les trois mille convertis étaient de peuples différents, mais tous des prosélytes du judaïsme); dans la maison de Corneille et au Concile dit « de Jérusalem », surtout sous l’impulsion de Paul, c’est la barrière la plus tenace de toutes qui est franchie, la barrière religieuse qui divisait les juifs des païens. L’Evangile a désormais devant lui le monde entier, même si ce monde, selon la connaissance des hommes de l’époque, se limite au bassin méditerranéen et aux frontières de l’empire romain.

Suivre l’expansion concrète ou géographique du christianisme au cours des trois premiers siècles est plus complexe mais finalement moins nécessaire pour notre but. L’étude la plus complète, et toujours en vigueur, sur le sujet, est celle d’Adolph von Harnack, « Mission et expansion du Christianisme aux trois premiers siècles » .

Dans l’Eglise, l’activité missionnaire connaît une forte poussée sous l’empereur Commode (180-192) et puis dans la seconde moitié du IIIe siècle, c’est-à-dire à la veille de la grande persécution de Dioclétien (302). A part quelque persécution locale sporadique, ce fut une période où l’Eglise naissante, a pu se fortifier au plan interne et développer une activité missionnaire d’un genre nouveau.

Voyons en quoi consiste cette nouveauté. Au cours des deux premiers siècles, la propagation de la foi était confiée à l’initiative personnelle. Les prophètes itinérants, dont parle la Didaché, se déplaçaient d’un endroit à l’autre ; beaucoup de conversions étaient le résultat de contacts personnels, favorisés par l’exercice d’un même métier, par des voyages et des rapports commerciaux, par le service militaire ou d’autres circonstances de la vie. Origène nous offre une description émouvante du zèle de ces premiers missionnaires:

« Les chrétiens font tout leur possible pour répandre la foi dans le monde. Certains, à cette fin, se donnent formellement pour mission de vie, d’aller de ville en ville, mais aussi de bourg en bourg et de villa en villa pour gagner de nouveaux fidèles pour le Seigneur. Et l'on ne dira pas, je l'espère, que ceux-ci le font pour y gagner quelque chose, parce que souvent, ils refusent même d'accepter ce qui est nécessaire pour vivre » .

Maintenant, c’est-à-dire dans la seconde moitié du IIIe siècle, ces initiatives personnelles sont de plus en plus coordonnées et en partie remplacées par la communauté locale. L’évêque, ne serait-ce que par réaction face aux poussées destructrices de l’hérésie gnostique, arrive à prendre le dessus sur les maîtres, à jouer son rôle central dans la vie interne de la communauté, devenant aussi le moteur de son activité missionnaire. La communauté est désormais le sujet évangélisateur, au point qu’un expert comme Harnack, que l’on ne saurait soupçonner de sympathie pour l’institution, peut affirmer: « Nous devons tenir pour vrai que la seule existence et le travail constant de chaque communauté furent le facteur principal de la propagation du christianisme ».

Vers la fin du IIIe siècle, la foi chrétienne a pratiquement pénétré chaque couche de la société. Elle a désormais sa propre littérature en langue grecque et une autre, qui vient de commencer, en langue latine. Son organisation interne est solide. Elle commence à construire des édifices de plus en plus larges, signe que le nombre des croyants grandit. La grande persécution de Dioclétien, à part les nombreuses victimes, n’a fait que mettre en lumière la force désormais irrépressible de la foi chrétienne. Le dernier bras de fer entre l’empire et le christianisme en a donné la preuve.

Constantin ne fera, au fond, que prendre acte de ce nouveau rapport de force. Ce n’est pas lui qui imposera le christianisme au peuple, mais le peuple qui lui imposera le christianisme. Des affirmations comme celles de Dan Brown dans le roman : « Da Vinci code » et d’autres divulgateurs, selon lesquels Constantin, pour des raisons personnelles, aurait transformé, par un édit de tolérance et avec le concile de Nicée, une sombre secte religieuse judaïque en religion de l’empire, se fonde sur une totale ignorance de ce qui précéda de tels évènements.

2. Les raisons du succès

Une question qui a toujours passionné les historiens est celle des raisons du triomphe du christianisme. Un message né dans un coin obscur et méprisé de l’empire, au milieu de gens simples, sans culture et sans pouvoir, s’étend, en moins de trois siècles, au monde connu de l’époque, finissant par dominer la culture extrêmement raffinée des Grecs et la puissance impériale de Rome!

Parmi les différentes raisons de ce succès, certains insistent sur l’amour chrétien et l’exercice actif de la charité, jusqu’à faire de celui-ci « le plus puissant facteur, singulièrement pris, du succès de la foi chrétienne », au point d’induire, plus tard, l’empereur Julien l’Apostat à doter le paganisme des mêmes œuvres de charité pour s’opposer à un tel succès.

Harnack, pour sa part, donne une grande importance à ce qu’il appelle la nature « syncrétiste » de la foi chrétienne, c’est-à-dire à la capacité de concilier en soi des tendances opposées et les différentes valeurs présentes dans les religions et dans la culture de l’époque. Le christianisme se présente, en même temps, comme la religion de l’Esprit et de la puissance, c’est-à-dire accompagnée de signes surnaturels, de charismes et miracles, et comme la religion de la raison et du Logos intégral, « la vraie philosophie », aux dires du martyr St Justin. Les auteurs chrétiens sont « les rationalistes du surnaturel » , affirme Harnack en citant Paul et ses propos sur la foi décrite comme « l'adoration véritable » (Rm 12,1).

De cette façon, dans un équilibre parfait, le christianisme réunit en lui ce que le philosophe Nietzsche définit comme l’élément apollinien et l’élément dionysiaque de la religion grecque, le Logos et le Pneuma, l’ordre et l’enthousiasme, la mesure et l’excès. C’est ce que les Pères de l’Eglise entendaient, au moins en partie, avec le thème de la « sobre ivresse de l’Esprit ».

« Dès le début, écrit Harnack au terme de sa recherche monumentale, la religion chrétienne a révélé une universalité qui lui a permis d’assumer la vie tout entière, avec toutes ses fonctions, ses élévations et ses profondeurs, ses sentiments, ses pensées et ses actions. C’est cet esprit d’universalité qui a garanti sa victoire. C’est ce qui l’a conduite à professer que le Jésus qu’elle annonçait était le Logos divin … Une nouvelle lueur l’éclaire, et cette puissante attraction qui fait qu’elle est arrivée à absorber l’Hellénisme, à le subordonner à elle, se révèle presque comme une nécessité. Tout ce qui, d’une certaine façon, était encore capable de vie entra comme un élément dans sa construction... Comment une telle religion aurait-elle pu ne pas gagner ? »

L’impression que l’on a en lisant cette synthèse est que le succès du christianisme est dû à un ensemble de facteurs. Certains sont allés si loin dans la recherche des raisons d’un tel succès, qu’ils ont trouvé vingt causes en faveur de la foi et tout autant de causes allant en sa défaveur, comme si l’issue finale dépendait de la victoire des premières sur les secondes.

Je voudrais maintenant mettre en évidence la limite d’une telle approche historique, bien que celle-ci soit faite par des historiens croyants comme ceux que j’ai évoqués jusqu’à présent. Cette limite, due à la méthode historique même, est que l’on donne plus d’importance au sujet qu’à l’objet de la mission, aux évangélisateurs et aux conditions dans lesquelles celle-ci a lieu, plus qu’à son contenu.

La raison qui me pousse à le faire est que cette limite est aussi la limite et le danger que l’on retrouve dans beaucoup d’approches actuelles et médiatiques, quand on parle de nouvelle évangélisation. On oublie une chose très simple: que Jésus lui-même avait donné à l’avance une explication à la diffusion de son Evangile et c’est de là que l’on doit repartir à chaque fois que nous nous apprêtons à un nouvel effort missionnaire.

Réécoutons deux brèves paraboles évangéliques, celle du grain qui germe et qui grandit même la nuit et celle du grain de moutarde.

« Il disait: « Il en est du règne de Dieu comme d'un homme qui jette le grain dans son champ : nuit et jour, qu'il dorme ou qu'il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, enfin du blé plein l'épi. Et dès que le fruit est prêt, on y met la faucille, car c'est le temps de la moisson » (Mc 4, 26-29).

Cette parabole, à elle seule, nous dit que la raison essentielle du succès de la mission chrétienne ne vient pas de l’extérieur mais de l’intérieur, qu’elle n’est pas l’œuvre du semeur ni même du sol, mais du grain semé. Le grain ne peut se semer tout seul, mais c’est néanmoins automatiquement et de lui-même qu’il germe. Après avoir jeté le grain, le semeur peut bien aller se coucher, la vie du grain ne dépend plus de lui. Lorsque ce grain est « le grain tombé en terre et qui meurt », autrement dit Jésus Christ, rien ne saurait l’empêcher de « porter beaucoup de fruit ». On peut donner toutes les explications que l’on veut à ces fruits, celles-ci resteront toujours en surface, elles ne saisiront jamais l’essentiel.

L’apôtre Paul est celui qui, avec lucidité, a saisi la priorité de l’objet de l’annonce par rapport au sujet : « J'ai planté, Apollos a arrosé: mais c'est Dieu qui a donné la croissance ». Ces paroles semblent commenter la parabole de Jésus. Il ne s’agit pas de trois opérations ayant le même degré d’importance; l’apôtre ajoute en effet: « Donc celui qui plante ne compte pas, ni celui qui arrose; seul compte celui qui donne la croissance! » (1 Co 3, 6-7). La même distance qualitative entre le sujet et l’objet de l’annonce est présente dans une autre parole de l’Apôtre: « Mais ce trésor, nous, les Apôtres, nous le portons en nous comme dans des poteries sans valeur ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire ne vient pas de nous, mais de Dieu » (2 Co 4,7). Tout cela se traduit dans ces exclamations programmatiques: « Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes, mais Jésus Christ notre Seigneur ! » ; ou encore : « Nous prêchons le Christ crucifié ».

Jésus a prononcé une seconde parabole fondée sur l’image du grain qui explique le succès de la mission chrétienne et dont on doit tenir compte aujourd’hui, devant cette tâche immense qui consiste à réévangéliser un monde sécularisé.

« Il disait : « A quoi pouvons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole allons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences du monde. Mais quand on l'a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre » (Mc 4, 30-32).

L’enseignement que le Christ nous donne par cette parabole est que son Evangile, sa personne même, est tout ce qu’il y a de plus petit sur terre car il n’existe rien de plus petit et de plus faible qu’une vie qui finit par une mort sur la croix. Pourtant, cette petite « graine de moutarde » est destinée à devenir un arbre immense, si grand que ses branches ont la capacité d’accueillir tous les oiseaux qui viendront s’y réfugier. Cela signifie que toute la création, vraiment toute, ira s’y réfugier.

Quel contraste par rapport aux reconstructions historiques évoquées plus haut! Là, tout paraissait incertain, aléatoire, suspendu entre le succès et l’échec ; ici, tout est décidé et garanti depuis le début! Dans l’épisode de l’onction à Béthanie, Jésus conclut par ces mots: « Amen, je vous le dis : partout où cette Bonne Nouvelle sera proclamée, dans le monde entier, on racontera, en souvenir d'elle, ce qu'elle vient de faire » (Mt 26,13). La même conscience tranquille qu’un jour son message aurait été diffusé « dans le monde entier ». Et ne s’agit, certes pas, d’une prophétie « post eventum », car à ce moment-là tout laissait présager le contraire.

En cela aussi, c’est Paul qui, entre tous, a le mieux saisi « le mystère caché ». Il y a un fait qui me frappe toujours : l’Apôtre a prêché à l’Aréopage d’Athènes et il a essuyé un refus du message, de façon polie, avec la promesse de l’écouter à une autre occasion. A Corinthe, où il s’est rendu aussitôt après, il a écrit sa Lettre aux Romains, y affirmant avoir reçu la tâche d’amener « toutes les nations à l’obéissance de la foi » (Rm 1, 5-6). L’insuccès n’a pas le moins du monde égratigné sa confiance dans le message : « Je n'ai pas honte, s’écrie-t-il, de l'Évangile, car il est la puissance de Dieu pour le salut de tout homme qui est devenu croyant, d'abord le Juif, et aussi le païen” (Rm 1, 16).

« Chaque arbre, dit Jésus, se reconnaît à son fruit » (Lc 6, 44). Cela vaut pour chaque arbre, à l’exception de l’arbre sorti de lui, le christianisme (et en effet, il parle ici des hommes); il est le seul arbre qui ne se reconnaît pas à ses fruits, mais à sa racine. Dans le christianisme, la plénitude n’est pas à la fin, comme dans la dialectique hégélienne du devenir (« le vrai c’est le tout » ), mais elle est au début; aucun fruit, voire même les plus grands saints, n’ajoute quelque chose à la perfection du modèle. Dans ce sens, celui qui a affirmé que « le christianisme n’est pas perfectible » a raison.

3. Semer et …aller dormir

Ce que les historiens des origines chrétiennes ne retiennent pas, ou qu’ils jugent peu important, est cette incontrôlable certitude que les chrétiens de jadis, du moins les meilleurs d’entre eux, avaient de la bonté et de la victoire finale de leur cause. « Vous pouvez nous tuer, mais nous nuire, jamais », avait dit le martyr St Justin au juge romain qui le condamnait à mort. A la fin, c’est cette tranquille certitude qui leur a garanti la victoire, qui a convaincu les autorités politiques de l’inutilité de leurs efforts pour supprimer la foi chrétienne.

C’est ce dont nous avons le plus besoin aujourd’hui: réveiller chez les chrétiens, au moins chez ceux qui entendent se consacrer à cette nouvelle œuvre d’évangélisation, la certitude intime de la vérité de ce qu’ils annoncent. « L’Eglise, a dit un jour Paul VI, a besoin de retrouver le souci, le goût et la certitude de sa vérité » . Nous devons être les premiers à croire en ce que nous annonçons ; mais y croire vraiment. Nous devons pouvoir dire avec Paul: « J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé. Et nous, les Apôtres, animés de cette même foi, nous croyons, nous aussi, et c'est pourquoi nous parlons » (2 Co 4, 13).

La tâche concrète que les deux paraboles de Jésus nous confie c’est de semer. Semer à pleines mains, « à temps ou à contretemps » (2 Tm 4,2). Le semeur de la parabole qui sort semer ne se préoccupe pas qu’une part de la semence finisse sur la route et une autre part dans les ronces, et dire que ce semeur, hors de parabole, c’est Jésus lui-même! Car, dans ce cas, on ne peut pas savoir à l’avance quel terrain se révélera être bon, ou bien dur comme de l’asphalte et étouffant comme un buisson. C’est ici qu’intervient la liberté humaine que l’homme ne peut prévoir et que Dieu ne veut pas violer. Que de fois ne découvre-t-on pas que, parmi les personnes qui ont écouté tel sermon ou lu tel livre, celle qui l’a vraiment pris au sérieux et en a eu sa vie changée, c’était celle à laquelle on s’attendait le moins, qui se trouvait là par hasard ou à contrecœur. Je pourrais moi-même raconter des dizaines de cas.

Donc semer, et ensuite … aller dormir! Autrement dit semer et ne pas rester là tout le temps à regarder, quand cela pousse, où cela pousse, de combien de centimètres cela pousse chaque jour. L’enracinement et la croissance ne sont pas notre affaire, mais l’affaire de Dieu et de celui qui écoute. Un grand humoriste anglais du XIXe siècle, Jerome Klapka Jerome, dit que le meilleur moyen de retarder l’ébullition de la cuisson dans une casserole est de rester au-dessus et d’attendre avec impatience.

Faire le contraire est une source inévitable d’inquiétude et d’impatience : ce sont des choses qui ne plaisent pas à Jésus et qu’il ne faisait jamais quand il était sur terre. Dans l’Evangile, il ne semble jamais être pressé. « Ne vous faites donc pas de souci pour demain, disait-il à ses disciples. Demain se souciera de lui-même : à chaque jour suffit sa peine » (Mt 6,34).

A ce propos, le poète croyant Charles Péguy met dans la bouche de Dieu des paroles sur lesquelles cela nous fait du bien à nous aussi de méditer:

« On me dit qu’il y a des hommes

Qui travaillent bien et qui dorment mal.

Qui ne dorment pas. Quel manque de confiance en moi !

C’est presque plus grave

Que s’ils ne travaillaient pas mais dormaient, car la paresse

N’est pas un plus grand péché que l’inquiétude …

Je ne parle pas, dit Dieu, de ces hommes

Qui ne travaillent pas et qui ne dorment pas.

Ceux-là sont des pécheurs, c’est entendu...

Je parle de ceux qui travaillent et qui ne dorment pas...

Je les plains. Je leur en veux. Un peu. Ils ne me font pas confiance …

Ils gouvernent très bien leurs affaires pendant le jour.

Mais ils ne veulent pas m’en confier le gouvernement pendant la nuit …

Celui qui ne dort pas est infidèle à l’Espérance … » .

+

Les réflexions faites dans cette méditation, nous encouragent, en conclusion, à mettre à la base de cet engagement pour une nouvelle évangélisation un grand acte de foi et d’espérance, à nous défaire de tout sens d’impuissance et de résignation. Nous avons devant nous, il est vrai, un monde enfermé dans son sécularisme, pris dans l’ivresse des succès de la technique et des possibilités qu’offre la science, réfractaire à l’annonce de l’Evangile. Mais, le monde qui se présentait aux premiers chrétiens - l’hellénisme avec son savoir et l’empire romain avec sa puissance - était-il par hasard moins réfractaire à l’évangile ?

S’il y a une chose que nous pouvons faire, après avoir « semé », c’est d’« arroser », par la prière, le grain jeté. Terminons donc sur cette prière que la liturgie nous fait réciter au cours de la Messe « pour l’évangélisation des peuples »:

Dieu, qui veux que tous les hommes soient sauvés

Et parviennent à la connaissance de la vérité;

Vois comme la moisson est grande et envoie des ouvriers,

Pour que l’Evangile soit annoncé à chaque créature

Et que ton peuple, rassemblé par la parole de vie

Et modelé par la force des sacrements,

Avance sur la voie du salut et de l’amour.

Par le Christ, Notre Seigneur. Amen.

© P. Raniero Cantalamessa, ofmcap.

Traduit en français par Zenit (Isabelle Cousturié)

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11/12/2011

3ème DIMANCHE DE L'AVENT (ANNÉE B)

 

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DOMINGO III DO ADVENTO

 

I LEITURA

 

Leitura do Livro de Isaías

 

O espírito do Senhor está sobre mim, porque o Senhor me ungiu e me enviou a anunciar a boa nova aos pobres, a curar os corações atribulados, a proclamar a redenção aos cativos e a liberdade aos prisioneiros, a promulgar o ano da graça do Senhor. Exulto de alegria no Senhor, a minha alma rejubila no meu Deus, que me revestiu com as vestes da salvação e me envolveu num manto de justiça, como noivo que cinge a fronte com o diadema e a noiva que sé adorna com as suas jóias. Como a terra faz brotar os germes e ,o jardim germinar as sementes, assim o Senhor Deus fará brotar a justiça e o louvor diante de todas as nações. Palavra do Senhor.

 

SALMO RESPONSORIAL

 

Refrão: Exulto de alegria no Senhor.

 

A minha alma glorifica o Senhor e o meu espírito se alegra em Deus, meu Salvador, porque pôs os olhos na humildade da sua serva: de hoje em diante me chamarão bem-aventurada todas as gerações.

 

 

O Todo-poderoso fez em mim maravilhas: Santo é o seu nome. A sua misericórdia se estende de geração em geração sobre aqueles que O temem.

 

 

Aos famintos encheu de bens e aos ricos despediu-os de mãos vazias. Acolheu a Israel, seu servo, lembrado da sua misericórdia.

 

 

II LEITURA

Leitura da Primeira Epístola do apóstolo São Paulo aos Tessalonicenses

 

Irmãos: Vivei sempre alegres, orai sem cessar, dai graças em todas as circunstâncias, pois é esta a vontade de Deus a vosso respeito em Cristo Jesus. Não apagueis o Espírito, não desprezeis os dons proféticos; mas avaliai tudo, conservando o que for bom. Afastai vos de toda a espécie de mal. O Deus da paz vos santifique totalmente, para que todo o vosso ser – espírito, alma e corpo - se conserve irrepreensível para a vinda de Nosso Senhor Jesus Cristo. É fi el Aquele que vos chama e cumprirá as suas promessas. Palavra do Senhor.

 

EVANGELHO

 

Evangelho de Nosso Senhor Jesus Cristo segundo S. João

 

Apareceu um homem enviado por Deus, chamado João. Veio como testemunha, para dar testemunho da luz, a fim de que todos acreditassem por meio dele. Ele não era a luz, mas veio para dar testemunho da luz. Foi este o testemunho de João, quando os judeus lhe enviaram de Jerusalém sacerdotes e levitas, para lhe perguntarem: «Quem és tu?» Ele confessou a verdade e não negou; ele confessou: «Eu não sou o Messias». Eles perguntaram-lhe: «Então, quem és tu? És Elias?». «Não sou», respondeu ele. «És o Profeta?». Ele respondeu: «Não». Disseram-lhe então: «Quem és tu? Para podermos dar uma resposta àqueles que nos enviaram, que dizes de ti mesmo?» Ele declarou: «Eu sou a voz do que clama no deserto: ‘Endireitai o caminho do Senhor’, como disse o profeta Isaías». Entre os enviados havia fariseus que lhe perguntaram: «Então, porque baptizas, se não és o Messias, nem Elias, nem o Profeta?» João respondeu-lhes: «Eu baptizo em água, mas no meio de vós está Alguém que não conheceis: Aquele que vem depois de mim, a quem eu não sou digno de desatar a correia das sandálias». Tudo isto se passou em Betânia, além Jordão, onde João estava a baptizar. Palavra da salvação.

 

Oração dos Fiéis

 

Irmãos: O nosso Deus, a quem nunca ninguém viu, deu-Se a conhecer em seu Filho Jesus Cristo. Elevemos até Ele as nossas súplicas pelos que esperam a sua vinda gloriosa e também por aqueles que não têm esperança, dizendo:

 

R. Vinde, Senhor, e salvai-nos.

 

1. Para que o Papa, os bispos, presbíteros e diáconos e todos aqueles que anunciam o Evangelho, tenham a fé e a coragem de João Baptista, oremos ao Senhor.

 

2. Para que os fiéis, os catecúmenos e todos os homens, busquem a luz de Deus que brilha em Cristo e redescubram a novidade do Natal, oremos ao Senhor.

 

3. Para que o Espírito do Senhor que tudo habita, faça exultar de alegria a terra inteira e encha o mundo de obras de paz e de justiça, oremos ao Senhor.

 

4. Para que os pobres, os doentes eis idosos, e aqueles que estão sozinhos e desanimados,

encontrem quem os ajude e reanime, oremos ao Senhor.

 

5. Para que o Deus da paz nos santifi que totalmente, nos leve a afastarmo-nos de todo o mal e a viver em contínua acção de graças, oremos ao Senhor.

 

OREMOS. Senhor nosso Deus, que enviastes o vosso Filho muito amado a anunciar a boa nova aos pobres e a curar os corações atribulados, fazei que sejamos anunciadores do Evangelho e testemunhas da sua luz esplendorosa. Por Nosso Senhor.

 

 

3ème DIMANCHE DE L’AVENT (B)

 

Un mot commande toute la messe de ce dimanche : c’est le mot « JOIE ». Ce mot revient sans cesse : « Soyez dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie ! », tels sont les tout premiers mots de cette messe. Puis, nous avons entendu Isaïe s’écrier : « Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu ! » ; après Isaïe, c’est le cantique de Marie, le Magnificat, qui a servi de psaume : « J’exulte de joie en Dieu, mon Sauveur ! »… Nous n’avons pas écouté la 2è Lecture, de St Paul, mais elle disait : « Frères, soyez toujours dans la joie… C’est ce que Dieu attend de vous ! » Seul, et assez curieusement, l’évangile ne contient pas le mot « joie »… mais si le mot n’y est pas, il est sous-entendu. Nous ne pouvons donc pas ne pas parler de la joie : cela s’impose à nous !

J’ai envie de vous dire, dans un premier temps, ce que n’est pas la « joie » chrétienne, et, dans un 2è temps, ce qu’elle est.

- D’abord, ce qu’elle n’est pas. – En effet, on pourrait facilement nous objecter : « Mais vous rêvez, vous les chrétiens ! Comment oser parler de joie, alors que le monde est ce qu’il est : avec tout ce que nous rappellent chaque jour les média : les guerres, la crise économique, le chômage, le sida, le cancer, les maladies génétiques incurables, les pauvres chaque jour plus pauvres tandis que certains s’enrichissent da façon scandaleuse, etc… etc…

Vous pensez vraiment qu’il y ait encore place pour la joie ? »

Les personnes qui nous feraient ce genre d’objections n’auraient pas tort… si elles pensaient que la joie se trouve dans les réalités de ce monde… Mais telle n’est pas la pensée de Dieu : « Mes pensées ne sont pas vos pensées… mes chemins ne sont pas vos chemins ! » dit Dieu dans la Bible.

- Alors, où se trouve la vraie joie ? Les textes de ce dimanche nous le disent. Isaïe d’abord : « Il m’a enveloppé du manteau de l’innocence, il m’a fait revêtir les vêtements du salut, comme un jeune époux se pare du diadème, comme une mariée met ses bijoux » : le Prophète ne parle pas de lui-même, mais d’un mystérieux personnage dont il annonce la venue, et en qui l’Eglise reconnaît Jésus lui-même : c’est lui l’Innocent absolu, c’est lui l’époux qui vient épouser son peuple et lui apporter toute joie… L’image des épousailles entre Dieu et son Peuple est une image bien biblique, et nous savons comment Jésus la reprendra à son compte. Cette joie, c’est celle des jeunes mariés : leur bonheur, c’est de s’aimer mutuellement et de se donner l’un à l’autre ; par la suite, les époux continueront à s’aimer, toute leur vie, jusqu’à la mort, et ils chercheront chacun à rendre l’autre heureux, et tous deux à faire le bonheur de leurs enfants (du moins dans l’idéal… si peu vécu de nos jours !)

Ensuite, le joie est celle de Marie, pour la raison que l’on sait : Dieu l’a choisie et bénie pour être la mère du Fils Unique ; elle peut dire : « Toutes les nations me proclameront bienheureuse ! » Certes, Marie a connu bien des épreuves, elle a dû parcourir un long « chemin de foi », comme disait Jean-Paul II… Mais elle règne maintenant, corps et âme, dans l’éternelle joie de Dieu, et le fait de se savoir ainsi remplie de grâce la comblait de joie, dès cette vie…

Puis St Paul nous exhorte à être «  toujours dans la joie, à rendre grâce en toute circonstance », car « toute circonstance » est, en fin de compte, un don de Dieu, une grâce…

Quant à l’évangile, qui est, exceptionnellement, de St Jean, il redit, en quelque sorte, ce que nous avons entendu dimanche dernier : il parle de Jean-Baptiste et du baptême qu’il donnait. St Jean ne lui fait pas annoncer comme le faisait Marc, un autre baptême, mais la venue de quelqu’un de mystérieux, qui est déjà là, et qui dépasse, de très loin, ce qu’il est lui-même, lui, Jean le Baptiseur : on comprend qu’il veut parler de Jésus, du Messie… mais le texte de ce jour ne le précise pas : en tout cas, c’est lui, ce mystérieux personnage, qui apportera la joie véritable : le Baptiste invitait ses auditeurs, et il nous invite, à découvrir cette présence actuelle et bienfaisante du Seigneur.

Vous le voyez : ce 3è Dimanche de l’Avent ne nous parle en rien de la naissance de Jésus dans l’étable de Bethléem… il nous invite au contraire, à trouver Celui qui est déjà au milieu de nous, car c’est en nous ouvrant à sa présence et à son amitié que nous trouverons la vraie JOIE, dès maintenant ! AMEN !

Père Gabriel JEUGE , Homélie à la Maison de « Nazareth » (Orléans) – 10/12/2011

 

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