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14/09/2010

LA CROIX GLORIEUSE

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La Cathédrale d'Orléans est consacrée à la SAINTE CROIX...

Probablement est-ce une des rares Cathédrales à se nommer "CATHÉDRALE SAINTE CROIX"...

Pourquoi cette consécration? À vrai dire, seule une antique légende offre une "explication" : un ange serait apparu dans la cathédrale antique qui précédait l'actuelle, dans les premiers siècles de l'ère chrétienne... Il aurait porté ou désigné une Croix lumineuse, indiquant le nom qui devait être attribué à la Cathédrale. Et c'est la raison pour laquelle notre Cathédrale, non seulement porte le titre de "SAINTE-CROIX", mais n'a jamais été consacrée par quelque évêque que ce soit : elle a été consacrée par la main de Dieu lui-même!

Quoi qu'il en soit, le 14 OCTOBRE, fête de la CROIX GLORIEUSE, est chaque année célébré solennellement à la Cathédrale, mais aussi dans tout le diocèse.

Au XIXème Siècle, Mgr DUPANLOUP, alors évêque d'Orléans, a voulu fonder une Ecole, qui serait à la fois "petit" séminaire et collège classique pour les garçons : cette Ecole a reçu le nom d'Ecole SAINTE-CROIX... J'ai eu l'honneur d'y enseigner pendant les 20 premières années de mon sacerdoce (les professeurs étaient, sauf de rares exceptions) tous prêtres : nous étions 20 prêtres-professeurs en 1952... Aujourd'hui, l'école existe toujours, mais il n'y a plus un seul prêtre. L'aumônerie elle-même est assurée par de laïcs bénévoles, sous l'orientation d'un prêtre, responsable de toutes les aumôneries de l'enseignement catholique de la ville : signe de la dureté des temps pour l'Eglise : à Orléans comme ailleurs, les vocations de prêtres sont rarissimes!

En outre, par suite des obligations liées à la conclusion de contrats avec l'Etat ("cadeau" du Général de Gaulle), cette Ecole, pour obtenir les subventions nécessaires à son existence, a dû fusionner avec l'Ecole St EUVERTE, autre école catholique d'Orléans,située à l'autre bout de la Ville, et bien différente car orientée surtout vers l'enseignement technique. Le résultat a été la création d'une sorte de "mastodonte" (L'ecole SAINTE-CROIX-SAINT-EUVERTE) dont les divers lieux d'enseignement sont disséminés à travers la ville... Ce fut une opération bénéfique, dans la mesure où les Professeurs ont pu recevoir un traitement décent (ce qui n'était pas la cas avant les contrats), et où les Etablissemntes eux-mêmes ont reçu des subventions de fonctionnement significatives... Mais l'esprit chrétien y a-t-il gagné? Ceci est une autre histoire!

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11/09/2010

À PROPOS DU FILM SUR THIBIRINE

11 septembre 2010

 

« Laissez passer l’homme libre »

 

Le chant des moines. Pour seule ponctuation. Comme seule envolée musicale et précieuse légèreté. D’un bout à l’autre : plus encore qu’une histoire qui se déroule, il nous est donné de sentir battre un chœur d’hommes. Voilà, j’ai vu le film de Xavier Beauvois.

 

C’est étonnant, d’ailleurs, comme après en avoir parlé dès le mois de mai et l’avoir attendu très impatiemment j’ai pu y aller avec la certitude très forte que j’allais être déçu. J’ai été comblé, et j’ai pleuré d’une émotion où se mêlaient la joie et la peine. Et quand la lumière s’est rallumée – chose que je n’avais encore jamais vécue dans un cinéma – le silence a continué de flotter sur une salle en état de grâce. Pour un peu, j’aurais fait un signe de croix au moment de sortir. Eh ! quoi ? Je n’ai pas assisté à un spectacle, j’ai prié pendant un film. Vraiment.

 

Qu’on vienne donc me dire que le catholicisme, que le christianisme est mièvre… Ceux qui auront vu Des hommes et des dieux ne le pourront plus. Sans compter qu’au-delà de la radicalité du don de ces hommes (difficile de mieux montrer que ne le fait le réalisateur à quel point le don d’eux-mêmes aura été lucide, gratuit et « plein »), le film parvient à toucher certaines vérités si profondes qu’on s’étonnerait presque que Xavier Beauvois ne soit pas croyant.

 

La prière, par exemple. A aucun moment les moines de Tibhirine ne sont présentés dans un élan mystique ou simplement « méditatif », dans la plus pure imagerie des « spiritualités » tellement à la mode aujourd’hui. Au contraire. Leur prière est rêche, pauvre, balbutiante, gémissante, froide, et pourtant d’une grâce, d’une communion, d’une chaleur inouïe dès lors qu’ils chantent ensemble les offices. Le fameux chant des moines dont je parlais tout à l’heure – quelle belle idée d’en avoir fait le seul champ mélodique ! Dans leur bouche, sous nos yeux, les cantiques ont une intensité et un poids qui leur redonne la hauteur et la profondeur que, nous catholiques, nous risquons parfois de perdre de vue. Je garde spécialement à l’oreille ces complies bouleversantes de confiance :

 

« Sauve-nous Seigneur quand nous veillons ; garde-nous Seigneur quand nous dormons ; et nous veillerons avec le Christ ; et nous reposerons en paix. »

 

Combien de fois l’ai-je chanté ? Combien de fois prié comme je l’ai fait durant cette séance ?

 

Un autre point saisissant, c’est le cheminement intime de chacun. Voir tour à tour, dans les yeux des moines, les doutes, les joies, les espérances, les déceptions, l’audace, la paix… et cette peur nouée au fond de leur ventre, c’est incroyablement marquant. On parle beaucoup du fameux dîner final, et c’est vrai qu’il est remarquable, notamment à cette égard : on y passe du sourire aux larmes, de l’angoisse à la paix. Dans ce sens et dans l’autre, tout se mélange. De ces itinéraires intimes, on retient spécialement celui de Frère Christophe. Et, évidemment, celui de Frère Luc, interprété par un Michael Lonsdale touché par la grâce. Est-ce sa foi qui lui a fait donner à son personnage autant de force et de légèreté, ou était-il ainsi dès le scénario ? A l’image, Frère Luc brûle la pellicule d’une incandescente sainteté, équilibre quasi-parfait entre l’émerveillement de l’enfant et la sérénité du vieillard. La scène où il explique au Frère Christian qu’il n’a pas peur de la mort parce qu’il est « un homme libre », avant d’ajouter tel un enfant qui joue : « Laissez passer l’homme libre », est magnifique de simplicité.

 

Paradoxalement, Lambert Wilson est moins bon alors qu’il avait le rôle a priori le plus intense à mes yeux : celui de Christian de Chergé, le prieur de Tibhirine. La faute sans doute à une interprétation pas encore assez dépouillée, notamment quand il célèbre l’eucharistie (je n’ai pas pu m’empêcher de le trouver faux) et quand il chante (trop mobile). Mais je pinaille, car il sait aussi nous révéler avec une grande sincérité les tourments et l’amour insondable de cet homme.

 

Je reviens enfin sur le titre. Autant le dire : je ne l’aimais pas trop. Ce que j’y pressentais de dialogue/lutte entre les religions ne me plaisait pas . Il s’avère que j’avais tort. Peut-être Xavier Beauvois avait-il réellement l’idée de suggérer une coexistence de deux dieux : celui des musulmans et celui des chrétiens. Mais l’extrait du Psaume 81 (82) qui ouvre le film vient éclairer ce titre d’une toute autre lumière :

 

« Vous êtes des dieux, des fils du Très-Haut, vous tous ! Pourtant, vous mourrez comme des hommes ; comme les princes, tous, vous tomberez. »

 

Les voilà, nos moines, si fortement configurés au Christ jusque dans leur sacrifice, non pas choisi mais consenti, devenus par le Christ des dieux, tels les enfants de Dieu que nous sommes tous. Le mystère de l’Incarnation traverse le film avec beaucoup d’intelligence et de sensibilité. Par la palme qu’ils ont obtenue, certes pas à Cannes, mais dans leur témoignage total, ils s’unissent « à la divinité de Celui qui a pris notre humanité ». Des hommes dans leur mort… des dieux dans la Vie.

 

D’après « LE BLOG D’EDMOND PROCHAIN »

 

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10/09/2010

ANNIVERSAIRE DU 11 SEPTEMBRE 2001

A deux pas des gratte-ciel disparus, un projet de mosquée qui divise Manhattan

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La construction d’un centre islamique à quelques rues du lieu des attentats du 11 septembre 2001 suscite la polémique et divise la classe politique

 

Le quartier de Ground Zero, où se dressaient jusqu’au 11 septembre 2001 les deux tours du World Trade Center, retrouvera-t-il un jour la sérénité ? Neuf ans après l’attaque terroriste contre New York, la sensibilité est toujours à fleur de peau aux abords de Hudson River, comme le confirme la polémique qui entoure aujourd’hui le projet de construction d’un centre islamique à quelques encablures des gratte-ciel disparus.

 

« N’oubliez jamais le 11 septembre 2001 et ne permettez pas à l’islam de marquer d’une mosquée sa victoire sur ce lieu sacré », clament les opposants au projet, peu portés sur la nuance. « Quand nous envoyons des soldats mourir à l’étranger, ils se battent pour nos libertés : liberté de religion, de parole et de presse. Ceux qui s’opposent à la construction de ce centre s’opposent à la liberté de religion », leur rétorquent les avocats de la « Maison Cordoba », centre culturel censé « servir de pont pour tous les Américains, musulmans ou non ».

 

Car la « mosquée de Ground Zero », comme la surnomment ses détracteurs, n’est ni vraiment une mosquée, ni même vraiment à Ground Zero. À deux rues du pâté de maisons anciennement occupé par le World Trade Center, ce projet est celui d’un centre communautaire inspiré des YMCA, avec une quinzaine d’étages et comprenant auditorium, restaurant, piscine, salle de sport et mosquée pouvant contenir jusqu’à 2 000 fidèles.

 

Un projet qui doit permettre de mieux faire connaître l’islam et changer son image

Pour l’imam Feisal Abdul Rauf et sa femme Daisy Khan, à l’origine de ce projet, la «Maison Cordoba» doit permettre de mieux faire connaître l’islam aux États-Unis, et changer l’image de cette religion souvent accusée outre-Atlantique, depuis les attentats, de prêcher l’intolérance. La référence à la ville espagnole de Cordoue, où vivaient ensemble juifs, chrétiens et musulmans au temps de la domination arabe de l’Andalousie, manifeste ce souci de prêcher la paix et la concorde.

 

Mais ce discours et cette bonne volonté affichée ne sont pas suffisants pour les adversaires du projet. D’autant que, épluchant le passé de Feisal Abdul Rauf, ils ont trouvé des déclarations controversées.

 

Car si cet imam né au Koweït, arrivé adolescent aux États-Unis, a multiplié les appels au dialogue et dénoncé la violence ces dernières années, il a aussi fait état de doutes sur la politique étrangère menée par Washington au cours des dernières décennies, ce qui suffit à le ranger dans la catégorie des fanatiques aux yeux des républicains.

 

« Je ne dirais pas que les États-Unis ont mérité ce qui est arrivé, mais la politique américaine a contribué au crime qui s’est produit », a-t-il ainsi lâché après les attentats d’il y a neuf ans. Son refus de considérer le Hamas comme un groupe terroriste lui vaut également la colère de la droite.

 

Les lignes de clivage ne sont pas classiques

Compte tenu de l’ampleur de la polémique, et alors qu’approchent à grands pas les élections législatives du 2 novembre – les Américains renouvelleront la Chambre des représentants et le tiers du Sénat – les politiques ne pouvaient rester à l’écart du débat. D’autant que d’autres projets d’ouverture de mosquée, de moindre envergure, sont contestés dans plusieurs régions du pays (notamment dans le Wisconsin, en Californie et dans le Tennessee).

 

Confirmation de la sensibilité du sujet, les lignes de clivage ne sont pas classiques : si la droite américaine emmenée par les élus de l’État de New York a enfourché ce cheval de bataille, Michael Bloomberg, maire de New York, indépendant mais élu en 2001 et 2005 sous la bannière républicaine, a donné son feu vert à la « Maison Cordoba ».

 

Et si, dans un plaidoyer passionné pour la liberté de culte garantie par la constitution américaine, Barack Obama a défendu le 13 août, lors d’un repas de Ramadan à la Maison-Blanche, le droit des musulmans d’installer une mosquée à cet endroit, le leader démocrate au Sénat, Harry Reid, menacé de perdre son siège cet automne face à une candidate populiste dans le Nevada, a, lui, fait part de son opposition…

 

Des opinions divergentes que l’on retrouve jusque dans la communauté musulmane, ou encore chez les proches des victimes du 11 septembre 2001. New York, ville cosmopolite frappée en son cœur il y a neuf ans, n’a toujours pas pansé ses plaies. Pendant ce temps, au Pentagone, où un avion s’est également écrasé, c’est sans polémique que, chaque jour, des employés musulmans prient dans une salle mise à disposition par l’armée américaine…

Gilles BIASSETTE, La Croix

 

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08/09/2010

ANDRÉ BESSETTE

ANDRÉ BESSETTE

 

 

 

 

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Entretien avec Mario Lachapelle, c.s.c. vice-postulateur de la cause

 

ROME, Jeudi 2 septembre 2010 (ZENIT.org) - Ce qui caractérise le Canadien André Bessette, qui sera canonisé le 17 octobre, c'est sans aucun doute son « accueil inconditionnel de l'autre », sa « compassion », et sa « confiance en Dieu ». Dans cet entretien à Zenit, le vice-postulateur de sa cause de canonisation, le P. Mario Lachapelle, fait le portrait de ce futur saint auquel plus d'un million de personnes étaient venues rendre hommage, lors de ses funérailles, en janvier 1937.

 

Zenit - Comment Fr. André a-t-il compris qu'il avait reçu la vocation de consacrer toute sa vie à Dieu ?

 

P. Mario Lachapelle - On peut discerner trois étapes importantes dans le développement de la vie de foi de frère André. Celle de sa jeunesse (1845-1870) où il connut de grandes épreuves (une santé faible et le manque d'instruction, la perte de ses deux parents à un âge jeune, l'exil en pays étranger pour trouver du travail) ; cette période permit à frère André de consolider fortement sa relation à Dieu. On aurait dit qu'au lieu de le détourner de Dieu, les événements malheureux de la vie ne faisaient que l'en approcher. Il y a ensuite la période qui s'étend de 1870 (son entrée dans la Congrégation de la Sainte-Croix comme religieux frère) à 1904 (la construction de la chapelle primitive dédiée à saint Joseph sur le Mont-Royal). Beaucoup d'obédiences sont alors confiées au jeune religieux malgré son mauvais état de santé. Il est nommé, entre autres choses, portier au Collège Notre-Dame de la Côte-des-Neiges à Montréal au Canada. Il accueille visiteurs et parents. L'autre devient alors une réalité importante pour frère André ; il s'ouvre au prochain comme il a su s'ouvrir auparavant à Dieu. Il échappe ainsi à l'enfermement d'une relation exclusive à Dieu où les épreuves de la vie auraient pu le conduire. Il apprend qu'on ne peut aimer vraiment Dieu sans aimer son prochain ni aimer les autres sans reconnaître la présence de Dieu en eux. L'accueil, la compassion, l'ouverture à l'autre deviennent des traits caractéristiques de sa personne. Sa réputation de thaumaturge commence aussi à se répandre au-delà des murs du collège. Enfin, de 1904 à sa mort le 6 janvier 1937, commence son ministère public. À 60 ans, à un âge où souvent on ne pense qu'à la retraite, il se fait bâtisseur du plus grand sanctuaire jamais dédié à saint Joseph. Frère André n'est pas seulement un bâtisseur d'un édifice de pierres mais d'une communauté chrétienne vivante. Il devient un rassembleur remarquable. Plus d'un million de personnes viendront lui rendre hommage à ses funérailles malgré un temps d'hiver des plus difficiles et aujourd'hui encore, plus de deux millions et demi de pèlerins et de visiteurs viennent chaque année à l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal.

 

Comment était sa relation avec Dieu avant qu'il devienne frère ? Pendant son enfance et sa jeunesse ?

 

C'est sur les genoux de sa mère qu'il a appris ses premières prières et qu'il a appris à aimer Dieu. La perte de son père à l'âge de 9 ans et celle de sa mère à l'âge de 12 ans l'a profondément ébranlé. Marie et Joseph deviendront alors ses parents d'adoption. Ils lui serviront de guide pour aller à Dieu. La prière et la fréquentation des sacrements occupent une grande partie de sa vie. Il apprend la confiance en Dieu malgré de rudes épreuves. « La prière - confia-t-il plus tard à un de ses amis - est ma meilleure arme ».

 

Pouvez-vous nous parler de son service en tant que concierge au collège Notre-Dame ?

 

C'est sans doute peu à peu que le frère André découvrit sa vocation à servir et à faire aimer le Seigneur. Sa fonction de portier au Collège Notre-Dame de la Côte-des-Neiges à Montréal a dû l'aider dans ce sens puisqu'il y avait à recevoir beaucoup de parents et de visiteurs. Il s'informait discrètement auprès de chacun de l'état de santé des membres de la famille et de leurs affaires. Il en profitait souvent pour placer un bon conseil et pour encourager tous et chacun à faire confiance au Seigneur.

 

Quel a été le miracle qui a conduit à sa canonisation ?

 

Un jeune garçon de 9 ans fut victime d'un accident de la route qui lui infligea un sérieux traumatisme crânien et le plongea dans un coma irréversible menant à la mort. Les prières des gens très proches de lui, et l'intercession de frère André, l'ont ramené à l'état conscient et à la santé, et cela a été jugé scientifiquement inexplicable par plusieurs experts en médecine. Ce cas s'est produit en 1999.

 

Quelles étaient ses principales vertus ?

 

Sans nul doute, la compassion, l'accueil des plus démunis et la confiance en Dieu. Il aimait à dire que « Dieu, c'est avec les plus petits pinceaux qu'il fait les plus beaux tableaux ». Cela signifie que chacun a du prix aux yeux de Dieu et personne ne devrait être exclu de son amour ou se trouver indigne de Lui. À une époque où trop souvent ses contemporains avaient une image d'un Dieu lointain et justicier, il se plaît à dire que Dieu est tout proche de chacun de nous et que l'on ne devrait pas oublier de parler de sa miséricorde. Il sut aussi très tôt s'entourer de laïcs et leur faire confiance. Son accueil inconditionnel de l'autre le conduisit à un œcuménisme avant-gardiste. Une des plus grandes qualités de frère André résidait sûrement dans sa grande habilité à parler tout simplement, avec des mots de tous les jours, de la grandeur et de l'amour de Dieu. Il savait parler au cœur des gens. Lorsque les gens venaient le visiter à son bureau d'accueil, tous n'étaient pas guéris dit-on mais tous repartaient transformés.

 

Que signifie sa canonisation pour le Canada ?

 

À une époque difficile pour l'Eglise canadienne, les croyants du Canada tout entier se réjouissent de constater que Dieu est bien parmi eux et qu'il manifeste des signes non-équivoques de sa présence. La reconnaissance officielle faite présentement par l'Eglise universelle de la sainteté d'un humble frère canadien donne à tous et chacun une raison de persévérer plus que jamais dans leur foi. Au cours des récentes années, plus de 10 millions de pèlerins qui sont venus à l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal ont signifié par écrit leur désir que l'Église reconnaisse au plus tôt la sainteté de l'humble ami des pauvres et des affligés. C'est un nouveau souffle d'espérance pour l'Église canadienne.

 

A-t-il écrit quelque chose ? Etes-vous en possession de ses écrits ?

 

Frère André n'a jamais écrit de sa vie. Nous possédons seulement quelques signatures de sa main. La connaissance de ses dévotions, de sa spiritualité et de sa personne nous vient surtout de personnes qu'il a côtoyées et qui ont laissé un témoignage écrit de leurs rencontres.

 

Propos recueillis par Carmen Elena Villa

 

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05/09/2010

RENTRÉE DES CLASSES

Jésus à l'école.jpg

Le blogue d'Edmond Prochain

3 septembre 2010

La rentrée du petit Jésus

Chère Maman pleine de grâce qui es bénie entre toutes les femmes et plein d’autres trucs chouettes encore,

Cher Papa si zélé à pourvoir à tous mes besoins,

La rentrée à l’école de Capharnaüm s’est bien passée, même si j’ai eu un peu de mal au début à trouver ma classe parce que c’est vrai que cette ville est quand même un sacré drôle de bazar. Le directeur, qui est un monsieur très gros et qui se tient tout droit, nous a parlé un peu longtemps pour nous accueillir, en nous expliquant que cette année mes enfants c’est du sérieux et que je compte sur vous pour voir enfin sortir quelque chose de bon de Galilée. Moi, j’ai pas tellement compris ce que ça voulait dire mais j’ai souri et j’ai fait oui avec ma tête comme les autres, parce que je crois pas que ce soit trop le moment de faire le guignol.

J’ai bien retrouvé mon cousin Jean-Baptiste, comme vous me l’aviez dit, mais comme il est dans la classe au-dessus il fait un peu le fier et me regarde comme un petit. C’est pas trop grave : de toute façon, je le trouve un peu bête à s’habiller avec des peaux et à faire exprès de manger des sauterelles et tout un tas d’autres trucs dégoûtants pour se faire remarquer. Remarquez, ça a l’air de bien marcher parce que plein d’enfants veulent tout le temps le suivre et c’est vrai qu’il est le chef d’une bande assez chouette. Sauf que certains m’ont dit que pour faire partie de sa bande, il fallait d’abord passer une épreuve très bête où il nous enfonce la tête sous l’eau… J’espère que quand moi aussi je serai un grand je ne serai pas aussi nul.

Ah, en parlant de l’eau, j’ai bien donné à la maîtresse – qui a l’air très gentille mais qui nous a dit qu’elle n’aimait pas les fortes têtes, mais moi ça va je pense parce que ma tête est normale – le mot d’excuses pour les cours de piscine dans le lac de Tibériade. La maîtresse, elle a fait une drôle de tête quand elle a vu que Maman avait écrit que j’étais dispensé de piscine à cause que je ne m’enfonce pas dans l’eau et que du coup ça ne sert à rien de m’apprendre à nager et en plus ça perturbe les autres enfants. Mais elle a haussé les épaules et elle a levé les yeux au ciel et elle a dit : « Bon, bon, j’aurai une petite conversation avec votre mère quand elle viendra vous chercher, mais je ne suis pas là pour remettre en cause aucune de ses conceptions… » Au premier cours, j’étais un peu triste de rester sur le bord pendant que les autres avaient l’air de drôlement s’amuser pendant que la maîtresse criait que non reviens par ici et arrêtez de m’éclabousser à la fin. J’ai même un peu pleuré que je voulais retourner à la maison de mon père, mais après des copains dont les pères sont pêcheurs m’ont apporté deux poissons, et comme j’avais cinq petits pains dans mon sac je me suis amusé avec à faire des multiplications.

Ce qui est drôlement bien dans cette nouvelle école, c’est que je me suis déjà fait plein de copains et on commence à rudement rigoler. Le jour de la rentrée, il y en a quelques uns qui avaient l’air pas mal perdus comme moi, mais dès que j’ai repéré le chemin j’ai pu leur dire : « Suis-moi », et ce qui est vraiment bien c’est qu’ils ont tout de suite laissé ce qu’ils faisaient pour venir derrière moi. Sur le chemin, on a sympathisé.

J’ai commencé par rencontrer deux frères : André et Simon. André, il a tout l’air d’être le gars sans histoire qui ne fait pas trop le mariole, mais Simon c’est autre chose. Il s’est tout de suite imposé comme celui qui commande, parce qu’il est un peu plus vieux que les autres. Je ne sais pas trop combien de classes il a déjà redoublé, mais il a déjà du poil au menton et quand on joue aux rebelles et aux Romains il veut toujours qu’on l’appelle Képhas (et pourquoi pas Pierre, pendant qu’il y est ?) et il tire drôlement fort les oreilles des Romains juste avant de s’enfuir en courant pour se cacher. En classe, la maîtresse soupire souvent parce qu’il répond un peu n’importe comment aux questions qu’elle pose, et sans lever la main : comme il connaît déjà le programme, il dit des trucs très intelligents, mais il rajoute souvent une bêtise pour amuser la galerie et du coup il se retrouve souvent au coin. Mais en sport, il arrive à rester très longtemps la tête en bas et ça c’est terrible !

Après j’ai encore rencontré deux frères plutôt turbulents – ils sont capables de faire un boucan du tonnerre ! – mais très chouettes. Il y a Jacques, qui dit souvent que même s’il est encore un enfant il ne compte pas rester mineur toute sa vie, et qui est sûrement un garçon à qui on peut faire confiance. Et puis il y a aussi Jean, son petit frère, qui a sauté tout plein de classes et qui est le chouchou de la maîtresse. Ces deux-là, leur papa s’appelle Zébédée et même si je les aime beaucoup c’est vrai qu’ils sont quand même de sacrés fayots. D’ailleurs, ils se sont assis tout près de la maîtresse, sur les bureaux juste à droite et à gauche.

Parmi ceux que j’aime bien, il y a Lévi, qui jusqu’à l’année dernière avait l’habitude de racketter les autres élèves mais qui s’est calmé cette année et qui passe son temps à faire des rédactions sur tout ce qu’on fait avec les copains. Parfois c’est un peu pénible, sauf que lui il dit que plus tard on sera bien heureux parce que ça nous fera tout un tas de souvenirs et que si on n’est pas contents c’est la même non mais bon sang, zut, flûte, nom d’un chien ! Du coup, on le laisse faire.

Mais j’ai encore beaucoup d’autres copains et ce serait trop long de tous les présenter. Par exemple, il y en a un qui s’appelle Judas et qui s’est arrangé pour être le délégué de la classe et pouvoir s’occuper de la bourse commune qui sert à acheter des goûters ou à payer des voyages ; sauf qu’aucune classe n’a jamais récolté assez pour voyager, mais Judas il dit qu’il a des idées pour qu’on gagne pas mal de sous très facilement. J’aime bien aussi Thomas, même s’il ne comprend pas toujours tout du premier coup et qu’après il faut lui réexpliquer. Et puis Philippe (un ancien copain de Jean-Baptiste), Barthélémy, et encore un autre Judas, un autre Simon et un autre Jacques. Et quelques autres encore qui nous suivent un peu.

Tous ensemble, on s’amuse bien et je crois que je commence à vraiment m’intégrer, même si la maîtresse – qui est athée – dit souvent que je suis pas croyable. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire, mais j’imagine qu’elle le dit parce qu’en vrai elle m’aime bien.

En tout cas : vivement les vacances de la Pâque. Il paraît qu’on va aller avec toute ma classe à Jérusalem. Ce sera terrible !

En attendant, je vous envoie tout mon Esprit et je vous embrase.

Votre petit,

Jésus.

(pcc : Edmond PROCHAIN)

22:57 Publié dans HUMOUR | Commentaires (4)

 
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