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31/08/2012

VENDREDI 31 AOÛT 2012 : LA VIE EN "EHPAD"

 

Vivre en maison de retraite, en famille, c’est possible

 

Conséquence du vieillissement de la population, les maisons de retraite accueillent de plus en plus de personnes issues de la même famille, sur plusieurs générations.

 

À Monts, en Touraine, la maison de La Vasselière accueille trois membres d’une même famille.


 

LA VASSELIÈRE (EHPAD).jpg

LA VASSELIERE


 

 

ANIMATION À LA VASSELIÈRE.jpg

 

 

TOURS (Indre-et-Loire)

 

De notre correspondant

 

À 30 kilomètres de Tours (Indre-et- Loire), la maison de retraite de La Vasselière, à Monts, vient de porter sa capacité d’accueil à 120 lits contre 80 auparavant. Parmi les résidents, Marie, 89 ans, sa fille Fabienne, 68 ans, handicapée depuis sa naissance ainsi que Marthe, sa sœur cadette, 81 ans, ont élu domicile dans cet établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) en 2008. Quand elle a été admise à La Vasselière, Marie était accompagnée de Pierre, son époux, décédé il y a deux ans. Ce dernier était une figure appréciée de tous. À son arrivée, il avait été élu au conseil de la vie sociale.

 

Retrouver plusieurs générations de la même famille, de père en fils, est un phénomène qui se développe.

 

D’après Liliane Cornillou, directrice de l’établissement, le vieillissement de la populat ion « nous entraîne inexorablement dans ce sens ».

 

 La Vasselière vient d’ailleurs d’intégrer parmi les nouveaux venus un père et son fils. Sur liste d’attente, elle compte aussi une mère et sa fille.

En Touraine, il y a peu, un autre Ehpad a accueilli jusqu’à trois générations d’une même famille. Marie a du mal à réaliser que son époux ne reviendra plus. Monique, sa fille cadette qui vient une fois par semaine, et le personnel de santé doivent régulièrement lui rappeler « qu’il n’est plus là ». La présence de Fabienne, qui ne l’a jamais quittée depuis sa naissance, et de Marthe l’aide à surmonter son chagrin et sa

solitude. Petit à petit, elle s’est accommodée de cette nouvelle vie dans cet établissement associatif.

Marthe et sa nièce Fabienne font chambre commune. Cette dernière est, de l’aveu de Liliane Cornillou, « la mascotte de l’établissement ». En dépit de son handicap et de sa cécité, elle ne s’ennuie jamais, grâce à une pléiade d’activités. La journée, elle fait du calcul, joue avec ses poupées, monte sur son vélo d’appartement, et écrit des poèmes. « À mon anniversaire, j’ai toujours droit à un texte même si je suis absente ce jour-là, elle n’oublie jamais », raconte

Liliane Cornillou. Fabienne, qui participe aussi à la commission qui choisit les repas de l’établissement, écoute la radio : les infos en matinée et son émission fétiche d’accordéon sur Radio Portugal. Sa joie de vivre est une façon de soutenir sa tante, qui a du mal à accepter la situation : « J’ai perdu la vue, je suis veuve, ma maison me manque. Qu’est-ce qu’on peut attendre de la vie dans ces conditions ? », interroge la vieille dame. Malgré le décès de son père, Fabienne a tenu à rester dans la même chambre que sa tante avec laquelle elle a « toujours été très liée », confie Monique. Marie vient les rejoindre chaque matin dans la grande chambre agrémentée d’un joli balcon donnant sur le jardin, où son fauteuil l’attend.

Entouré de verdure, cet établissement propose des ateliers que toutes trois fréquentent. Fabienne ne manquerait pour rien au monde une animation chanson. Sa tante suit, machinalement. Sa mère rechigne « par principe, à toute proposition », souligne Monique, avant de céder.

Depuis qu’elles sont ici, leur état de santé s’est stabilisé. La maladie d’Alzheimer de Marie, que les médecins avaient diagnostiquée avant son arrivée, ne s’est guère aggravée. Monique observe que, depuis la mort de son père, sa mère « se porte mieux ». Auparavant « elle se laissait prendre en charge par son mari ».

Prévoyant, Pierre avait tout préparé scrupuleusement, notamment sur

le plan financier. Contrairement à de nombreuses personnes confrontées à ce problème, Monique est tranquillisée, elle n’a rien à verser pour payer la facture annuelle : près de 25 000 € par personne.

Avec ses trois cousines, les filles de Marthe, elle s’amuse à imaginer que le temps de la vieillesse venu, elles se « retrouveront ensemble dans la même maison de retraite ». Elle s’est plongée dans les questions de dépendance non seulement en devenant

tutrice de sa mère et de sa soeur mais aussi en pensant à son propre avenir. Car cette mère de trois enfants a aussi une fille handicapée de 24 ans. Si d’aventure elle devait rejoindre un jour une maison de retraite, Monique serait sans doute dans l’obligation d’inscrire sa propre fille avec elle.

XAVIER RENARD (La croix, du 31/08/2012)


 

LA VASSELIÈRE (EHPAD).jpg

LA VASSELIÈRE (EHPAD - INDRE-ET-LOIRE)


 

 

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