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19/04/2012

19 AVRIL 2012 : "HISTOIRE D'UNE FOI" (suite)

(Avant de poursuivre la lecture du récit de véronique BELEN - avant-dernier de la série, déjà! - je vous propose une petite promenade autour et au-dessus du Lac du Bourget - réalisé et communiqué par l'ami bogonaute D.MERLEN, que nous savons artiste, informaticien et photographe, sans compter tout le reste! Il suffit pour y accéder de cliquer sur ou de copier dans le navigateur l'adresse suivante:)

http://www.visites-interactives.eu/fr/visite-lac-du-bourget/lac-du-bourget.html

 

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HISTOIRE D’UNE FOI (suite) – V.BELEN

 

 

Chapitre 4

La maladie

 

Imperceptiblement, je ne parviens plus à faire le tri entre ce qui est de l’ordre de la foi sensible, de l’émotion religieuse, et ce qui sera diagnostiqué plus tard comme mes premières hallucinations, qui vont devenir de plus en plus sévères au fil des mois. Je m’attache de façon démesurée au personnage de Marie de Béthanie, la douce soeur de Marthe et Lazare, dont j’ai toujours aimé l’attitude d’écoute aimante aux pieds du Seigneur – je suis de ceux qui pensent, comme Jean Pirot ou les orthodoxes et certains protestants, qu’elle est un personnage complètement distinct, dans l’Evangile, de Marie de Magdala, que l’on appelle couramment « Marie-Madeleine » . Je désire sincèrement me mettre dans cette attitude évangélique en écoutant, à l’intérieur de moi, la voix bouleversante de beauté que j’entends distinctement et que j’attribue au Christ, je m’identifie progressivement à Marie de Béthanie, je deviens Marie de Béthanie… Je serai assaillie au fil des mois par des voix de plus en plus nombreuses, dans toutes les langues que je maîtrise, me sentant reliée en droite ligne au Ciel et à tous les saints que je vénère le plus. Et comme je le comprendrai bien plus tard, ma pathologie sous-jacente m’empêche d’exercer un regard critique sur le délire dans lequel je m’enfonce. Bien des gens autour de moi remarquent que je ne suis plus la même, que ce que je vis, dis et écris n’est plus de l’ordre de la normalité. Je ne peux accéder à leur raisonnement et accepter des soins. Je me brouille avec mes meilleurs amis plutôt que de renoncer à ma vie intérieure, même si je suis dans une souffrance extrême du fait de la distorsion entre mon monde hallucinatoire, idyllique et valorisant, et ma vie quotidienne, plate et répétitive. Et pourtant je continue à l’assumer, mes enfants ne manqueront de rien si ce n’est de disponibilité psychique et de réalisme de ma part. Je souffre dans cette vie étroite, étant femme au foyer, je suis presque totalement désocialisée. Ma famille est loin. Mon mari est désemparé mais ne m’est pas d’un grand secours. Nous nous enfermons dans un fonctionnement pathologique, avec des affrontements violents. Notre entourage croyant sous-entend avec insistance que c’est dans notre couple que nous trouverons l’issue à cette impasse. Au fond de moi, je sais que la solution n’est pas là. Mais je ne suis pas entendue. Je tourne le dos à l’Eglise catholique, qui est dans la fièvre du Jubilé de l’an 2000. Je n'y prendrai aucune part. Nous nous intégrons à une petite paroisse évangélique par l’intermédiaire d’amis. Nous la fréquenterons le dimanche pendant six mois, avec bonheur, y rencontrant d’authentiques chrétiens, partageant avec eux des cultes beaux et fervents, dans une grande fraternité. Je ne peux regretter cette expérience qui m’a ouverte à une autre Eglise, que je respecte absolument, même si je suis réservée quant aux dérives pentecôtistes que l’on observe dans certaines. Par contre, j’y remarquerai encore davantage que dans l’Eglise catholique le peu de place faite aux femmes, et je ressentirai un manque dans l’absence de référence à Marie et aux saints. Au bout de quelques mois, je m’y heurterai aux mêmes barrières quand j’essaierai de faire passer mes révélations mystiques incohérentes au pasteur. Je cesse toute pratique religieuse, vivant cette solitude spirituelle comme un ultime renoncement. Je souffre intensément. Je me réfugie dans la lecture des grands mystiques - sainte Thérèse d’Avila, saint Jean de la Croix, Elisabeth de la Trinité, Hadewijch d’Anvers - espérant trouver dans ces écrits une confirmation de ce que je vis dans mon monde intérieur. Tout n’aura pas été perdu, cette nourriture spirituelle m’aura instruite et réconfortée dans ma déréliction.

Au paroxysme de ma construction délirante, je suis hospitalisée dans un service fermé de psychiatrie. Seuls ceux qui sont passés par là et éventuellement leurs soignants peuvent se figurer la souffrance que l’on vit en ces lieux. On y descend au plus bas de la condition humaine. Avec en outre tous les effets secondaires, abrutissants les premiers jours, des traitements. Le plus extrême de la détresse et de l’humiliation. Et pourtant… Et pourtant je vis là quelque chose de l’amour humain, quelque chose de l’amour divin. Une amie très chère me rend visite souvent, avec une écoute et une bonté infinies. Elle avait vu avant moi que j’étais malade, mais je n’avais pas voulu l’entendre. Je me confie à un prêtre aumônier de la structure, auquel je serai éternellement reconnaissante, qui trouve les mots pour me réconforter, qui me fait amorcer une réconciliation avec moi-même et me donne une absolution dans ce lieu si hostile. Que ne l’ai-je rencontré plus tôt ! Je noue des liens avec les autres malades, qui sont tous là pour des problèmes différents du mien, je me prends d’amitié pour certains. La voisine de chambre qui me relève dans le couloir lorsque je perds connaissance, accusée par l’infirmier de simuler un malaise, le SDF qui passe ici l’hiver, la jeune fille abusée dans son enfance, le toxicomane qui émerge de son cauchemar, la jeune maman qui pleure sa fille morte à sept ans… Tous, je les porte encore dans mon coeur. Mon psychiatre est un homme bon, il comprend qu’il ne peut pas me priver de ce qui me fait vivre, il m’autorise à franchir la porte verrouillée du service plusieurs fois par semaine pour me rendre aux offices à la chapelle de l’hôpital. Là, je réentends la Parole de Dieu avec des oreilles neuves, tremblante encore sous l’effet des neuroleptiques. Je redécouvre dans ma détresse toute la force de l’Eucharistie. Longtemps après, j’irai encore à la messe le dimanche dans cette chapelle, là, avec le peuple des petits, des simples en esprit, des blessés de l’âme, des « fous » en tous genres qui sont devenus pour moi comme une seconde famille, je suis des leurs et cet aumônier sait nous parler. Il m’a tendu la main et m’a rendu ma place de simple brebis dans le grand troupeau du Christ.

Je passe trois semaines dans cet hôpital avant d’entamer une longue convalescence chez moi. Pour me recueillir en moi-même, m’offrir une respiration silencieuse loin de mes obligations de maman – mes enfants sont encore bien jeunes - je séjourne pendant une semaine dans un couvent de religieuses plutôt âgées, où je trouve un grand réconfort dans la prière, la liturgie et la solitude. J’y lis « L’histoire d’une âme » de sainte Thérèse de Lisieux. J’écoute une série de conférences enregistrées sur la prière. Je partage mes repas avec trois prêtres sympathiques qui me trouvent bien taciturne. C’est peu dire que quelque chose en moi s’est éteint. Je ne suis pas encore tout à fait délivrée de mes hallucinations, qui cèderont peu de temps après grâce à une lettre de mon vieux moine bénédictin, qui m’aide à débusquer les dernières traces de mon délire de façon incontestable. J’ose croire que sa prière ardente n’y a pas été pour rien. Cette fois, je dois faire le deuil de toute cette vie intérieure exaltante qui m’a habitée pendant presque deux ans. Je sombre dans une profonde dépression qui me ravagera pendant des mois. Se réveiller dès l’aube avec l’appréhension de toute une journée de souffrance qui s’annonce. N’attendre que le soir pour s’oublier dans un sommeil chimique. Trouver insurmontables les tâches les plus simples du quotidien, fournir un effort surhumain pour continuer à tenir sa maison, à faire ses courses, à être maman. Ne plus avoir de goût à rencontrer autrui, ne plus être capable de s’émerveiller de ce qui naguère nous enchantait. Ne pas parvenir à chasser de sa tête un nuage dense de souffrance et de culpabilité. Je ressasse encore et encore ce que j’ai dit, ce que j’ai écrit, ce que j’ai fait d’insensé pendant ces mois de déraison. Je m’en veux terriblement d’avoir importuné les hommes d’Eglise de mon entourage et ce bon vieux moine que j’ai assailli de lettres et qui n’y pouvait rien. J’ai d’amers regrets d’avoir malmené mon mari, mes amis les plus chers, ma famille, d’avoir été sourde pendant ces mois de troubles aux besoins réels de mes enfants en temps, en attention, en écoute. La lucidité qui me revient me renvoie à la béance de mon vide affectif et social, que mon délire ne cessait de compenser. Je ne travaille plus, je suis comme une femme de ménage qu’on ne reconnaîtrait pas comme telle et qu’on ne gratifierait pas. L’amour de mon mari m’échappe de jour en jour, depuis longtemps il se désintéresse de moi, mais cette femme qui pleure l’indispose encore davantage. J’essaie de me reconstruire une identité sur les décombres de ma vie psychique avec un psychologue qui m’écoute patiemment. Ce sera long.

Je suis épuisée. Je retourne en clinique psychiatrique peu avant Noël 2001 pour trois semaines, très loin de chez moi, sans possibilité de visites, pour réapprendre le goût de vivre. Juste avant mon départ, au sortir de la messe, une amie paroissienne me met autour du cou, dans un élan d’affection, la croix qu’elle porte toujours sur elle et qui symbolise toute sa foi ardente. Ce séjour portera ses fruits. Entre des activités manuelles, de la marche, du chant, du théâtre, de l’expression corporelle, je reconquiers un peu de confiance en moi. Des liens profonds se tissent avec les autres malades. Nous échangeons beaucoup sur les origines de notre souffrance, sur nos ressentis, sur nos déceptions aussi quant à notre suivi psychiatrique ici ou là. J’expérimente une fois de plus la fraternité des laissés-pour-compte de cette société de la performance. Dans cette clinique, je ne suis pas coupée non plus de l’Eglise, je peux assister à la messe dans la chapelle ou dans la paroisse de la ville. Je vais m’y réconcilier avec le dogme qui me pose le plus de problèmes depuis longtemps dans le catholicisme, celui de l’Immaculée Conception, puisque j’y suis le 8 décembre et que je partage à ce sujet avec un prêtre. Je goûte une fois encore la grâce du sacrement de réconciliation. Après ce séjour, je remonte peu à peu la pente. Sans que j’aie compris ce qui a motivé cette demande, le prêtre de ma paroisse me confie le merveilleux service de donner la communion à la messe. Je m’en acquitte avec bonheur et gratitude. Communier aux deux espèces à l’autel, porter le Corps du Christ à mes frères et soeurs en Eglise, auxquels je suis de plus en plus attachée, me comble spirituellement et va m’ouvrir une voie de guérison. Je reçois aussi le sacrement des malades. Peu à peu, je m’habitue à cette foi confiante, totale bien que dépourvue d’émotion. Je suis dans la nudité de la prière aride, sans ressenti, j’en souffre mais je ne doute pas pour autant. Je dois m’abandonner à la confiance, à la foi en Eglise sans plus me laisser aller à des élans mystiques dont je ne saurais, dans la faiblesse de ma convalescence, discerner s’ils sont authentiques ou pathologiques. Je vais de mieux en mieux, à la faveur aussi d’un traitement médical plus adapté, et ma psychothérapie faisant son oeuvre en profondeur. Quelques mois plus tard, je me sens prête pour un saut essentiel : je reprends mon travail d’institutrice, non sans appréhension car je redémarre sur un nouveau poste après quatre ans de congé parental. La fraîcheur innocente de mes petits élèves, leur affection, leur spontanéité vont me tirer de ma morosité. J’ai à nouveau une mission dans la société, des contacts hors de chez moi, un emploi du temps à tenir. Mon supérieur hiérarchique me témoigne sa confiance et me rassure sur mes compétences. Je me reconstruis.

En quête de moi-même Je vais également m’intégrer davantage à la vie de ma paroisse : je participe à des soirées de réflexion et de prière en petits groupes autour de thèmes proposés par le diocèse pour le temps du carême. Je prends part aussi avec un vif intérêt à des soirées de lecture biblique encadrées par notre prêtre. J’y puiserai des connaissances qui me faisaient défaut et un goût encore plus prononcé pour les Ecritures. Dans ce cadre, merveilleuse expérience aussi que cette soirée où une femme de religion juive invitée par notre prêtre nous fait vivre une Pâque, avec les textes et les plats symboliques de cette grande fête du judaïsme, qui fut aussi la dernière de notre Sauveur. Je ne peux dorénavant plus dissocier ma foi chrétienne de la foi juive. Je me plongerai à cette période avec fascination dans l’oeuvre et le témoignage de vie d’Edith Stein, qui résume si bien à elle seule la cohérence de la continuité judéo-chrétienne. Elle qui, en recherche de Dieu, s’était exclamée « Das ist die Wahrheit ! » ( Voilà la vérité ! ) en lisant « Le livre de la vie » de sainte Thérèse d’Avila, ne me passe-t-elle pas en quelque sorte le flambeau en me faisant comprendre que toute ma vie, je n’ai été qu’en quête de vérité, et que ma recherche aboutit au Christ Fils de Dieu, Messie issu du peuple juif et offert aux chrétiens de toutes obédiences et à tout homme qui le reconnaîtra comme tel ? Et le chemin de croix d’Edith Stein, qui va du Carmel d’Echt au camp d’extermination d’Auschwitz, me rappelle que tout disciple du Christ désireux de le suivre doit accepter de se charger à un moment ou à un autre de la croix qui pèse lourdement sur ses épaules. Entre ma vie spirituelle intense, mon métier, ma vie de famille et mon cercle d’amis, tout pourrait se passer au mieux, mais il n’en est pas ainsi. Depuis les premiers assauts de ma maladie, ma vie conjugale ne cesse d’être conflictuelle. J’en souffre profondément. Nos enfants assistent impuissants à nos déchirements. Des amis de notre communauté de paroisses, engagés dans le Chemin Neuf, se montrent désireux de nous venir en aide et nous proposent de participer à une session Cana pour couples en juillet 2004. Nous nous y inscrivons. Nous emmenons nos enfants près du lieu de la session, ils seront répartis dans des centres d’accueil encadrés par des bénévoles des fraternités Cana, nous ne les retrouverons qu’à la fin de la semaine. L’ouverture oecuménique du Chemin Neuf me ravit. La session est d’une intensité émotionnelle et religieuse exceptionnelle. J’y prie, j’y chante, j’y parle et j’y écoute de toute la profondeur de mon être. Dans les temps liturgiques, qui sont de toute beauté, je suis profondément heureuse, pleine de ferveur, mais dans les partages en groupe autour de notre histoire et de notre ressenti de couple, j’exprime du dedans de moi et j’entends de la part de mon mari des choses très douloureuses à assimiler.

Et là se produit ce que je n’aurais su prévoir. Mon psychiatre avait jugé bon de suspendre mon traitement et mon suivi un an auparavant, puisque je donnais tous les signes de la guérison. Là, dans ce contexte ecclésial et fraternel si chaleureux, contre toute attente, je rechute. Tout me revient comme quatre ans plus tôt, l’émotion mystique démesurée, les voix que j’entends, le repli sur mon vécu intérieur. Et l’impossibilité d’exercer un esprit critique sur ce que je suis en train de vivre, la réalité extérieure devenant moins prégnante que ce que j’expérimente au plus profond de moi-même. Mes trois années de rémission m’apparaissent soudain comme un sommeil de mon âme. Je vis au-dedans de moi ce que d’autres mystiques ont décrit comme l’amour sponsal pour le Christ. On a beau me dire que c’est à mon mari que je dois porter cet amour-là, j’ai beau m’y efforcer, trop d’événements, depuis trop d’années, m’ont fait comprendre qu’il ne m’aimait pas vraiment pour moi-même, et qu’en outre il brouillait souvent mes chemins vers Dieu, inconsciemment certainement, plutôt que de me mener vers Lui. A ses côtés, je ne peux devenir celle que je suis vraiment au plus profond de moi. Je voudrais que la blessure profonde de notre couple puisse guérir, mais j’ai une conscience trop vive du gouffre qui nous sépare désormais pour oser encore l’espérer. Après une semaine de vacances consécutive à la session Cana, pendant laquelle je suis dans un état très confus, de retour à la maison, je réamorce une descente aux enfers. Le conflit avec mon mari devient très violent, il me voit sombrer à nouveau dans un mysticisme exacerbé et perd toute patience, d’autant plus que je recommence à tenir des propos hors du commun que je tente une fois encore de transmettre à des hommes d’Eglise. Tandis que se trame autour de moi un internement sous contrainte, je me rends à un rendez-vous organisé par mon généraliste à l’hôpital psychiatrique, seule, et je suis sommée par un médecin qui ne me connaît pas de revenir le soir même, avec mes affaires, pour me faire hospitaliser. Son attitude à mon égard se raidit dès que j'évoque mes espérances d'une réconciliation entre Juifs et chrétiens. J'obéis à son injonction, je vais préparer mon bagage et je seule, au volant de ma propre voiture, je traverse même le parc de nuit, sans infirmier, avec ma valise, pour trouver le pavillon où on m'attend. Et l’on va changer sans raison valable cette hospitalisation libre en hospitalisation sous contrainte, dans un service fermé vétuste, sous la responsabilité d’un psychiatre odieux, qui ne considèrera que le diagnostic de son confrère, niera ma souffrance conjugale et m’interdira l’accès à la chapelle pendant tout mon séjour. Je ne trouve de consolation que dans les échanges fraternels avec les autres malades du service. La jeune fille abusée dans son enfance qui était déjà là trois ans et demi plus tôt me reconnaît dès mon arrivée et nous tombons dans les bras l’une de l’autre. L’aumônier me fera aussi l’amitié d’une visite. Je garde le souvenir d’une infirmière douce et à l’écoute. Quand je reviens chez moi au bout d’une dizaine de jours, mon mari m’annonce qu’il a trouvé un appartement et qu’il va me quitter. Ce qu’il fait.

Toute violente que soit cette situation, je vais mettre à profit le calme revenu dans la maison pour accélérer ma convalescence. Et cette fois je ne suis plus aussi seule pour traverser la tourmente : je dispose depuis quelque temps d’internet et je vais pouvoir y puiser du soutien dans mon épreuve par le biais des forums de discussion orientés vers la psychologie ou la foi chrétienne. Je vais y trouver de la compassion, des conseils pour rebondir, je vais m’informer sur ma maladie, partager avec d’autres qui ont vécu des tourments comparables. Moi qui me méfiais du virtuel, je vais m’y faire de véritables amis, tisser des relations riches et durables, expérimenter la solidarité sur ces réseaux qui sont une véritable chance pour les personnes très isolées et en souffrance. Le quotidien est lourd, je suis fatiguée, mais je garde pied dans le réel en continuant à travailler et en élevant mes enfants, leur père assumant heureusement sa part de présence à leurs côtés et me rendant dans les premiers temps d’indispensables services. J’aurai la chance, pendant cette période, d’être soutenue par un psychiatre fin et compétent. Le traitement le plus adapté me stabilisera durablement. En veillant à mon hygiène de vie et en m’accordant suffisamment de sommeil, je mène désormais une existence des plus normales. L’envie de porter un regard optimiste sur la vie me reviendra progressivement. Et au fil des mois, des années, je découvre que je peux aider autrui par mon expérience et ma combativité. Comprendre l'indicible souffrance pour l'avoir vécue. Etre à mon tour lumière pour qui demeure encore dans les ténèbres et la lutte contre le désespoir, sur le net ou dans la vie ordinaire…

Source : www.histoiredunefoi.fr

 

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15:13 Publié dans RÉCITS | Commentaires (0)

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