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17/04/2012

17 AVRIL 2012 : "HISTOIRE D'UNE FOI" (suite) V.BELEN

PASSION SELON ST MATTHIEU (BACH)

 

Fleurs peintes.jpg

 

 

 

HISTOIRE D’UNE FOI (suite) – V.BELEN

 

 

CHAPITRE 3

 

L’ÂGE ADULTE

 

 

Le mariage Aussitôt après l’été de notre rupture, j’ai au moins une consolation professionnelle : j’obtiens un poste, à titre définitif cette fois, dans un charmant village tout près d’une grande ville. Je m’y installe et je m’y plais beaucoup. Six mois plus tard, je rencontre dans un cours de danse celui qui deviendra mon mari. Nous avons beaucoup de goûts communs et dès nos premières sorties ensemble, une intuition très forte : à nous deux, nous aurons des enfants exceptionnels. A quoi a tenu cette intuition ? En tout cas elle s’est largement vérifiée… Les choses vont très vite entre nous, peut-être parce qu’il a dix ans de plus que moi et déjà bien vécu. Il veut à présent se marier et fonder une famille. C’est aussi mon voeu. Et me voilà rattrapée par toutes les traditions de ma famille : se marier, oui, mais de quelle façon ? Je n’ai toujours pas progressé dans mon agnosticisme et mon ami, rationnel et scientifique, est encore plus agnostique que moi, il n’a aucune envie de se marier à l’église lorsque nous formulons notre projet au bout d’un an de relation amoureuse. On est en décembre, nous envisageons un mariage au printemps, et ensuite nous laisserons libre cours à notre grand désir d’avoir un enfant. Pensant annoncer une bonne nouvelle, nous en parlons à mes parents. Et là, une phrase lapidaire de ma mère : « J’espère que ça sera un vrai mariage. » J’ai compris le message : un mariage uniquement civil n’est pas le bienvenu. Nous sommes froissés. Nous abandonnons notre idée de mariage au printemps. Et nous donnons la première place à notre désir d’enfant. Et au printemps, ce n’est pas un mariage qui me transporte de bonheur, mais une grossesse. Après tout, voilà mes parents devant le fait accompli : ils connaîtront dans leur cursus catholique sans tache l’épreuve d’avoir une fille enceinte hors mariage. Mises au point douloureuses de part et d’autre. Douloureuses mais salutaires : mes rapports avec ma mère ont été bien meilleurs une fois la crise passée. Souvent, une femme évolue dans ses relations avec sa mère quand elle devient maman à son tour. Cela s’est largement vérifié les années suivantes pour nous deux, peut-être d’autant plus que ma mère avait énormément d’affection et d’estime pour mon mari. J’aime cette citation de Goethe : « Etre adulte, c’est avoir pardonné à ses parents. » Notre petite famille étant en train de naître autour de cette promesse d’enfant, nous décidons de nous marier quand même avant la naissance, dans la simplicité, avec peu d’invités. Se repose alors la grande question du mariage à l’église. Un jour, je crois avoir un signe qui me pousse en ce sens : j’apprends de manière fortuite que le curé de mon petit village d’adoption m’est connu, nous nous étions rencontrés à l’aéroport, en partance pour le Burkina Faso, il emmenait un groupe de jeunes y construire une école. Nous avions sympathisé. Et le voilà prêtre là où je suis institutrice ! Tout émue en l’apprenant, j’appelle mon compagnon pour le lui dire, mais il est occupé par son travail et n’a pas le temps d’écouter l’histoire… qui en restera là.

Nous annonçons à mes parents que nous ne nous marierons qu’à la mairie. Ils sont prêts à accepter notre décision, mais ils redoutent la réaction de l’oncle prêtre, des grands-parents. Nous organisons une entrevue chez eux avec le curé de leur village, qui est comme un ami pour moi, engagé dans l’ACO, simple et humain, nous avons toujours eu beaucoup de vues communes. Il plaide notre cause auprès de mes parents. J’insiste pour leur faire comprendre que je ne peux pas prendre un engagement qui n’a pas de signification religieuse pour nous. Je ne veux en aucun cas galvauder un sacrement, c’est aussi une forme de respect pour l’Eglise et l’éducation religieuse que j’ai reçue. Le prêtre nous dit simplement que ce qui le contrarie, c’est que malgré tout, nous sommes des baptisés. Mais il trouve les mots justes pour apaiser la déception de mes parents. Nous nous marions en 1990, un jour d’orage, dans le village où j’enseigne et où nous vivons. Toute la famille proche et quelques amis sont là, et la fête réjouit tous les coeurs. Nous sommes heureux de notre engagement, de tout cet amour dans nos coeurs et autour de nous, de l’enfant qui sera là dans six mois, et d’avoir pu vivre les choses sans céder aux pressions, sans trahir nos valeurs propres. Il y a des hasards dans la vie qui n’en sont pas. Notre enfant, qui avait suscité des explications douloureuses avec mes parents, naît le jour de l’anniversaire de mon père. Moi qui ai toujours eu une relation très forte et très aimante avec mon père, je suis infiniment heureuse d’avoir réussi cette prouesse, de lui faire ce présent inestimable. Et d’ailleurs, sept ans plus tard, il deviendra aussi le parrain de son petit-fils. Dès que je vois mon enfant, mon coeur déborde d’amour pour lui. Je comprends que je touche là l’expérience humaine la plus forte qui soit. Nous avons donné la vie à un être qui inscrira son histoire sur la terre des hommes. Il est tout petit, absolument sans défense, il dépend en tout de nos soins. J’ai la grande chance d’avoir un instinct maternel immédiat, un amour absolu pour ce bébé que je berce, que je cajole et que j’allaite avec bonheur, d’autant plus que son papa en est aussi épris que moi et que nous vivons un trio idyllique pendant tous les mois qui suivent sa naissance. Notre fils est calme, communicatif, à quelques mois il pousse de grands éclats de rire qui nous ravissent. Je travaille à mi-temps pour mieux me consacrer à lui. La question du baptême se pose de la même façon que s’était posée celle du mariage à l’église. Mais là aussi, nous refusons de céder aux convenances. Ne sachant pas si nous élèverons cet enfant dans une religion, nous ne le faisons pas baptiser, bien que ce choix fasse un peu grincer des dents autour de nous.

« Je parlerai à son coeur » (Osée 2,16) Cependant, je m’interroge : maintenant que j’ai la responsabilité de l’éducation d’un enfant, quelles valeurs vais-je lui donner ? Quel langage vais-je lui tenir quant à la croyance ? Je sais déjà que je ne veux pas le laisser dans l’ignorance. Il connaîtra les bases du christianisme, même si je ne les lui transmets pas comme coercitives. Je ne sais pas comment je le ferai, mais je n’ai pas l’intention de le couper de ce qui fait mes racines les plus profondes, qui sont aussi les siennes. Je me dis que le pire, c’est d’être dans la méconnaissance des bases de la religion de sa famille, de sa lignée. Comment adopter ou rejeter librement ce que l’on ne connaît pas ? La question vient bien plus tôt que je ne l’avais imaginé. A deux ans, mon petit bonhomme se plante devant moi avec ses grands yeux clairs, et il me dit tout de go : « C’est qui, Dieu ? » Je n’ai plus le choix, il faut que je reprenne ma quête spirituelle, puisqu’au fond, je me pose la même question que mon fils de deux ans. Dans la décennie 1990, qui est celle où je donne trois fois la vie, je suis confrontée aussi de près à la mort. Trois de mes grands-parents s’éteignent les uns après les autres, tous âgés. La première à partir décède quand mon fils a quatre mois, après des années de déchéance dans la maladie d’Alzheimer. Elle a tant souffert, ne reconnaissant plus les siens, que nous vivons son départ surtout comme la fin de son calvaire. C’était une femme d’une grande piété, ne manquant jamais la messe le dimanche, priant avec nous petites filles et nous emmenant aux vêpres quand nous passions des vacances chez elle. Elle avait une foi craintive, modelée par un curé de paroisse parlant davantage de l’enfer que de l’amour de Dieu et qui pratiquait la censure sur les livres que pouvaient ou non lire les jeunes filles du village. Ce réflexe ne l’avait pas quittée : quand chez elle, elle me voyait avec un Zola à la main, elle risquait la question inquiète : « Tu lis un roman ? C’est bien ? » Je l’aimais, ma petite mémé, et même si je savais qu’elle avait été rigide à l’excès dans l’éducation de ses trois enfants – mon père et mes deux tantes - à cause de sa piété et de sa morale exagérées, je la voyais plutôt comme une sainte, n’ayant jamais médit ou attisé des conflits, humble, aimante et discrète, et absolument fidèle dans sa pratique religieuse. Un exemple de constance chrétienne. J’avais beau être agnostique, le Ciel pour ma mémé, j’y ai cru volontiers parce qu’elle-même y croyait, ayant eu si peur toute sa vie de ne pas le mériter. J’ai prié de bon coeur à son enterrement, pour elle, avec elle, attitude intérieure dont je n'avais plus été capable depuis des années. Quand j’ai été enceinte de mon deuxième enfant, mon grand-père, son mari, est parti à son tour. La mort, la vie…

Mes deuils successifs me rendent sensible à ceux des autres. Dans quelques jours, je vais donner naissance à mon deuxième enfant, et j’apprends par la presse locale qu’Etienne, mon amour platonique de jeunesse, vient lui aussi de perdre son grand-père. Je n’ai plus de nouvelles de lui depuis bientôt dix ans. J’ai vaguement entendu dire qu’il était dans un monastère, mais je n’en suis pas sûre. Alors je lui envoie une lettre à l’adresse de ses parents, pour lui exprimer mes condoléances et renouer le contact avec lui. Je lui annonce aussi que je vais être maman pour la deuxième fois sous peu. Une nouvelle année commence, et j’entre à la maternité après plusieurs « fausses alertes » et déjà bien fatiguée. Autant la naissance de mon fils s’était déroulée sans complications, autant ce deuxième accouchement est une épreuve, dans laquelle la souffrance du bébé se mêle à la mienne. Jusqu’à ce qu’elle pousse enfin son premier cri, nous aurons eu peur de perdre notre adorable petite fille. Quand je la découvre si belle, si délicate, n’ayant pas su pendant la grossesse si elle serait fille ou garçon, je suis émerveillée de ce nouveau cadeau que la vie nous a fait. Nous nourrissions le désir intense d’avoir une petite fille, et la voilà dans nos bras. Ces heures d’épreuve auront porté leur fruit merveilleux. Elle est en vie. Alors que je suis encore à la maternité, mon mari m’apporte une lettre d’Etienne arrivée à la maison. Elle vient d’une abbaye. Elle a été écrite en deux parties, la veille et le jour de la naissance de notre fille. Et j’y apprends qu’Etienne est moine depuis quelques années et sur le point de prononcer ses voeux perpétuels. Je suis bouleversée. Voici que quelqu’un que j’ai aimé intensément, que dans mon esprit Dieu « m’a pris » et qui est devenu moine m’écrivait pendant que je luttais pour donner le jour à ma petite fille… Une brèche dans mon agnosticisme. Je ne suis pas loin de croire aux miracles…

Dans les mois qui suivent, je suis submergée par mes tâches de jeune maman, mes enfants ont deux ans d’écart et je suis en congé parental pour me consacrer à eux. Cependant, en moi, quelque chose s’est ouvert. Mon fils, en grandissant, montre de la curiosité pour le religieux, et j’en suis attendrie. Je lui lis des histoires bibliques que je connais depuis bien longtemps, en y mettant le bémol de ne pas savoir si ce sont des histoires vraies. Je le lui dis simplement. Je reprends une correspondance avec Etienne, en laissant une distance suffisante car au fond de moi, je ne sais toujours pas si un jour il m’a aimée davantage que comme son amie la plus proche. Je ne veux pas jouer les femmes qui rôdent autour d’un homme consacré. Il a prononcé ses voeux perpétuels et je respecte son choix, d’autant plus que je porte en haute estime le style de vie qu’il mène. J’attends surtout de lui qu’il réponde à mes mille et une questions, qu’il m’éclaire sur tous mes obstacles à la croyance. Il est toujours aussi brillant et fin intellectuellement, son érudition m’impressionne, il est capable de mettre de la lumière dans mes raisonnements brumeux par des références bibliques et historiques qui me font indéniablement progresser dans ma recherche de vérité. Pas à pas, je redécouvre, grâce à lui, la pertinence de la foi judéo-chrétienne. A l’occasion d’un séjour non loin de son abbaye, nous lui rendons visite en famille. Il nous reçoit avec chaleur, il se libère quelques heures pour nous accompagner dans une promenade, il joue dans les chemins forestiers et au bord de l’eau avec nos enfants qui sont ravis de l’humour et de la gaîté de ce grand monsieur dans son habit fort inhabituel pour eux. Il a l’air heureux, je suis rassurée car je sais que ses choix de vie ont toujours été teintés d’hésitation. Nous passons à la boutique de l’abbaye et j’y achète des livres pour les enfants et une cassette de liturgie enregistrée là-bas. Dans les mois qui vont suivre, nous prendrons une décision importante . Au cours d’un séjour en Alsace chez des amis de mon mari, nous avions été enchantés par leur beau cadre de vie. En outre, notre fils souffrant de bronchites asthmatiformes à répétition, nous percevons la nécessité de lui offrir un air plus pur que celui du sillon lorrain. Et c’est ainsi que nous entreprenons de trouver tous les deux du travail en Alsace, ce qui se fera sans peine. Nous aurons aussi un coup de coeur pour un terrain dans un charmant village en bordure de forêt vosgienne, et le projet d’y construire une maison se concrétisera avec une simplicité déconcertante. J’ai toujours eu le sentiment très fort que j’étais attendue dans ce lieu précis, qui me ravit aujourd’hui encore. Quand nos enfants ont quatre et deux ans, nous nous installons dans notre nouvelle maison, avec bonheur. C’est un nouveau départ pour toute notre petite famille. Je reprends le travail sur un poste exigeant qui va largement occuper mon temps en plus du quotidien de mère de famille.

Dans le cadre de mon travail en classe bilingue, je participe au printemps suivant à un voyage d’étude académique au Val d’Aoste. Dans le car qui nous y emmène, je m’assois à côté d’un monsieur que je ne connais pas. Nous faisons connaissance et j’apprends qu’il est le principal du collège dans lequel j’enverrai mes élèves deux ans plus tard. Nous sympathisons. Les organisateurs du voyage nous distribuent des pochettes de documents qui sont marquées à nos noms. En voyant le sien, je suis fort surprise, c’est le même que celui du curé de mon enfance, un nom très rare que je n’ai jamais entendu nulle part ailleurs. Je lui demande s’il a de la famille en Moselle, il me répond que oui, et par quelques détours, je l’interroge sur un possible lien de parenté avec le prêtre que je nomme. Et voilà qu’il m’apprend qu’il est son neveu ! J’habite désormais à trois cents kilomètres de mon village natal, où il me dit être déjà allé pour visiter son oncle quand il y vivait encore. C’est une rencontre des plus improbables qui se joue là ! Nous évoquons avec chaleur le souvenir de mon cher curé, qui est décédé depuis, et à bavarder avec ce monsieur, je me rends compte qu’il a le même sourire que ce prêtre qui a illuminé toute ma jeunesse… Quand je raconte par courrier cette incroyable rencontre à Etienne, il me répond que je peux considérer cela comme un « clin d’oeil du Bon Dieu ». Et à vrai dire, oui, j’en suis fort troublée… Il y a toujours à faire lorsqu’on s’installe dans une maison neuve. Nous mettons en place une rocaille alpine que je fleuris avec passion. Souvent, quand je suis ainsi occupée à jardiner, des refrains me viennent en tête, et parfois ce sont des cantiques que nous chantions dans la paroisse de mon enfance. L’un d’eux me revient avec insistance : « L’esprit de Dieu repose sur moi

L’esprit de Dieu m’a consacré

L’esprit de Dieu m’a envoyé proclamer la paix, la joie L'Esprit de Dieu m'a choisi Pour étendre le Règne du Christ parmi les nations, Pour proclamer la Bonne Nouvelle à ses pauvres. J'exulte de joie en Dieu, mon Sauveur ! … » Je garde une grande attirance pour la liturgie catholique, qui est celle de mes racines. Ces refrains sont en moi pendant toutes ces années de doute, tandis que je cherche aussi dans les autres religions des réponses à mes questions multiples. Lente maturation d’une quête spirituelle qui se dresse en filigrane de ma vie bien remplie d’obligations concrètes…

L’un de mes beaux-frères est aussi en quête permanente de sens, il s’engage dans la voie du bouddhisme pendant quelques années et je découvre cette philosophie par son intermédiaire. Elle ne me laisse pas indifférente. Puis il suit d’autres méandres, il fait à un moment un grand pas vers la foi chrétienne, et nous en parle avec la chaleur d’un converti. Les échanges avec lui m’interpellent profondément. J’ai toujours été sensible à tout témoignage d’attirance pour le Christ, étant moi-même encore profondément attachée à sa personne. Mon questionnement intérieur devient très insistant, au point qu’à un moment j’ai un mouvement de recul, revenir vers la foi chrétienne me fait peur car je ne me sens plus depuis longtemps en phase avec l’Eglise catholique. Accepter de croire supposerait un retournement de ma vie que je repousse avec mes dernières forces. Un jour, lasse de cette lutte intérieure, je me penche sur un livret en allemand que m’a envoyé une amie pour les voeux de la nouvelle année 1997. Je la sais versée dans la sophrologie, l’analyse transactionnelle, le Reiki… Je me dis que ce livret de pensées qu’elle a choisi pour moi doit être issu d’une de ces mouvances, et pour apaiser mon esprit mis à l’épreuve et penser à autre chose qu’à la religion, je me mets à le lire. Il s’intitule : « Wenn du genau hinschaust » (Si tu y regardes vraiment bien) de Andreas Pohl . Chaque page est illustrée d’une belle photo. C’est une méditation sur le regard que l’on porte autour de soi et en soi, sur le sens de nos racines, de notre perception du temps qui passe et de la façon dont nous nous y inscrivons… Chaque texte, écrit à la deuxième personne, porte en lui une question qui appelle à relire sa vie dans des petites choses qui peuvent paraître insignifiantes. Je suis séduite, je le lis jusqu’au bout. Tout cela me paraît beau et bon. A la dernière page, la photo d’une bougie de faible lueur dans la pénombre. Et le livret se termine sur cette pensée (je traduis de l’allemand) : « Souvent, tu te dis que ce que tu fais, les autres ne le font plus depuis longtemps, ce pour quoi tu te bats, les autres l’ont abandonné depuis longtemps. (…) Mais si tu y regardes vraiment bien, ta présence est indispensable et importante. Ton enthousiasme, ton élan, ton énergie sont comme la lumière dans l’obscurité… (…) Ce feu en toi n’est pas le fruit de ton propre effort. Un « Autre » l’a déposé en toi et t’a appelée à briller et à répandre de la chaleur. Entretiens-le fidèlement en toi, comme ton plus grand trésor. Bien sûr, tu ne vas pas embraser le monde entier avec ça, mais tu seras un signe visible que tu existes, - et pour Celui qui a allumé cette flamme en toi . » Je tombe à genoux et je pleure à chaudes larmes. Une seule parole me vient : « Tu me veux, c’est ça, Tu me veux ? » Je me sens vaincue…

Cette grâce inattendue m’apporte une bouffée de bonheur. Je cherche depuis si longtemps à tâtons, et voilà que j’ai un début de réponse de la manière à laquelle je m’attendais le moins, au moment où je ne le souhaitais même pas… Mystère de Dieu, qui nous rejoint là où nous sommes, dans ce que nous sommes, qui se révèle de la façon la plus audible par notre pauvre être de chair et de sang, prenant en compte toute notre histoire… Après la grâce, il faut durer. Elle n’est qu’un commencement. J’ai encore des réticences à me dire que je vais devoir faire un pas vers l’Eglise… Mais en même temps, j’y suis attirée. Mon fils suit ses premiers cours de religion à l’école - toujours le statut concordataire d’Alsace - Moselle. A son entrée au CP, nous avons fait le choix de ne pas le dispenser de cet enseignement, surtout parce que la catéchiste est une personne que nous connaissons bien et apprécions beaucoup, elle rayonne d’une lumière communicative. Je lis avec grand intérêt le cahier de religion de mon petit garçon. Jusqu’alors - nous habitons ce village depuis presque deux ans - je n’avais fait aucun pas vers la paroisse. Un mercredi matin, j’emmène mon fils et ma fille à la messe des enfants et j’y reste avec eux. Je veux voir quel genre de langage tient le curé de la paroisse. C’est un homme âgé qui a l’air bon a priori. Il commente la parabole de l’arbre qui porte de bons fruits et de l’arbre qui porte de mauvais fruits. Il leur dit : « Celui qui dit que Dieu n’existe pas, ça c’est très mauvais. » Je suis heurtée par cette parole. J’ai beaucoup d’amis athées, mais qui respectent les croyances des autres et s’engagent dans de multiples causes humanitaires et sociales. Je ne peux pas avoir d’opinion aussi tranchée sur ce qui est bon et ce qui est mauvais. Je me rends compte que mon retour vers l’Eglise ne sera pas aisé. Mais je persévère néanmoins. Je sais qu’il va falloir que je me positionne, car nos enfants vont arriver à l’âge où on leur proposera la préparation à la Première Communion, et ils ne sont même pas baptisés. Je partage beaucoup cette recherche spirituelle avec mon mari. Comme moi, il s’interroge, il lit, il débat volontiers du sujet. Il me fait découvrir Théodore Monod et nous sommes touchés par sa pensée, qui réconcilie science et foi. Je lis son livre « Terre et Ciel » et j’y trouve, après mes doutes de terminale, des réponses convaincantes sur la conciliation possible entre Dieu et la théorie de l’évolution de l’espèce. J’ai souvent regretté aussi qu’adolescente, personne ne m’ait proposé de lire Teilhard de Chardin. J’y aurais trouvé des pistes de réflexion dans ce domaine. A ce stade de ma quête spirituelle, je ne sais pas encore vers quelle église je vais me tourner. Le catholicisme constitue mes racines profondes, mais le protestantisme m’attire sur bien des points. Je nourris le désir de faire baptiser nos enfants mais je me sens encore incapable de faire, pour eux, un choix aussi déterminant. Au fil du temps, l’Eglise catholique paraîtra cependant notre lieu de culte le plus évident, d’autant plus qu’elle est la seule présente dans notre vallée.

 

Source http://www.histoiredunefoi.fr

 

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14:35 Publié dans RÉCITS | Commentaires (0)

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