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11/04/2012

11 AVRIL 2012 : HISTOIRE D'UNE FOI (suite)

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METZ - CATHÉDRALE (photo D.Merlen)

 

 

(Avec l'aimable autorisation de l'auteure, voici la suite de son récit : source :"www.histoiredunefoi.fr")

 

Avant les grandes fêtes catholiques, on va se confesser, encore dans le confessionnal dans ces années-là. C’est un moment que je redoute : faire un retour sur moi-même et débusquer en moi tous mes manquements, mes égoïsmes, mes vanités, mes colères, mes paresses… J’essaie toujours d’être sincère quand je dis ce que j’ai sur la conscience dans cet endroit bizarre qu’est le confessionnal. Mais il s’en suit à chaque fois un dialogue chaleureux avec notre curé. Et ce moment extraordinaire de l’absolution, du pardon de Jésus. J’aime ce moment entre tous. Je retourne prier sur les bancs de l’église, je me sens lavée, toute neuve, c’est comme une page vierge et je peux repartir sereine pour les mois suivants… en faisant attention de ne pas accumuler trop de manquements pour ne pas avoir à en raconter trop la prochaine fois… Dans les années suivantes, on célèbre dans ma paroisse des liturgies pénitentielles avec absolution collective. Plus de confessionnal. Ça semble plus confortable pour tout le monde. Ce n’est que bien plus tard, après trente-cinq ans, que j’ai redécouvert la confession individuelle et que je l’ai à nouveau appréciée comme une chance.
Catholiques et protestants Je suis une petite fille qui se pose beaucoup de questions. Mes parents n’ont pas vraiment de bases culturelles pour y répondre. Alors j’ai parfois des réponses hâtives qui suscitent encore plus de questions qu’elles n’en résolvent. Le mari de ma tante est protestant. Ça a été le drame de la vie de ma grand-mère paternelle, pieuse à l’excès, que sa fille catholique ait épousé un protestant. J’ai une idée un peu tronquée sur les protestants, parce que mon oncle est en fait surtout anticlérical et athée. Quand il y a un repas de famille, c’est un vrai casse-tête, il faut éloigner à tout prix l’un de l’autre l’oncle - côté maternel - qui est prêtre catholique et l’oncle - côté paternel - qui est anticlérical et moqueur. Ils s’écharpent à chaque fois qu’ils se rencontrent, ayant en plus chacun un ego surdimensionné. Il faut gérer l’affrontement pour que ça ne gâche pas la fête de famille. Je demande à mes parents quelle est la différence entre les catholiques et les protestants, parce que quelque part, je me doute bien que mon oncle anticlérical et athée n’est pas représentatif du protestantisme. Ma mère me répond que les protestants ne croient pas à la Sainte Vierge. Elle-même, c’est tout ce qu’elle sait, je suppose. Ça n’apaise pas vraiment mon questionnement, d’autant plus que moi-même, j’ai un peu un problème avec la Sainte Vierge. D’ailleurs un jour j’ai demandé à ma mère ce que ça voulait dire « Vierge », et elle ne m’a pas répondu. La Sainte Vierge, chez nous, elle est partout. On a une statue de plâtre que mes parents ont rapportée de Lourdes. On a aussi une boîte à musique qui représente la grotte de Lourdes, et qui joue « Les saints et les anges », on l’écoute le soir quand on va au lit. On connaît toutes par coeur notre « Je vous salue Marie », bien sûr. Le 15 août on fait la procession à la grotte avec les cierges, quand il pleut ça tombe à l’eau, c’est le cas de le dire. On a même des gourdes pour nos sorties avec l’école qui ont été achetées à Lourdes, aussi avec la grotte dessus. Quand on va en vacances chez nos grands-parents paternels, le soir, notre grand-mère nous fait tremper les doigts dans le bénitier et on prie avec elle. Et on a toutes les quatre « Marie » dans nos prénoms. Nos parents disent que c’est comme ça dans une famille catholique. Mais moi, si j’ai un problème avec la Sainte Vierge, c’est parce qu’on parle toujours de sa tendresse de maman, j'entends dire qu’elle nous aime tous comme elle a aimé son enfant, comme nous aime notre maman. Or moi, ma maman, je cherche désespérément sa tendresse et je ne la rencontre pas. Elle est là, toujours là, elle nous soigne, nous nourrit, nous habille, on ne manque jamais de l’essentiel, mais pas de tendresse, pas de bisous, pas de gestes, pas de mots doux. Jamais. J’ai un grand vide dans le coeur. J’essaie de lui plaire mais j’ai le sentiment de ne pas y arriver. Je sais que je suis l’enfant de trop, celui qui est venu au bout du bout de sa fatigue, quatre enfants en six ans. Elle le dit souvent. En plus encore une fille, pour la quatrième fois. A ma naissance, ils ne savaient même pas comment m’appeler. Plus de prénom de fille en réserve. Alors ma tante, la soeur aînée de mon père, qui est très pieuse, lui a dit : « Appelle-la Véronique, comme sainte Véronique qui a essuyé le visage du Christ sur son chemin de croix. »
Et ils m’ont appelée comme ça. Et j’aime cette histoire, j’aime mon prénom, j’aime cette sainte dont on n’a aucune preuve qu’elle ait vraiment existé. Elle est pourtant là, dans toutes les églises, à la sixième station du chemin de croix. Je vis dans un doux compagnonnage avec elle. Ce n’est pas rien d’avoir été prénommée Véronique à sa naissance parce qu’une femme a, il y a 2000 ans, montré une compassion extrême pour un Christ harassé de souffrance au terme de son calvaire. Elle lui a tendu un linge pour qu’il puisse essuyer son visage, et son image y est restée imprimée. « Vera icona », ma compagne au quotidien.

 

 

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11:50 Publié dans RÉCITS | Commentaires (0)

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