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05/04/2012

5 AVRIL 2012 : JEUDI-SAINT

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JEUDI-SAINT – HOMÉLIE

 

Il vous est sans doute arrivé de contempler, dans une église ou dans un musée, tel ou tel de ces chefs d’œuvres , peints au XVè ou XVè siècles par des artistes célèbres, et qui sont composés de 3 volets, souvent articulés, dont les panneaux de gauche et de droite peuvent se rabattre sur la partie centrale : on appelle ce genre de peintures des « triptyques »… (Vous en trouvez un au bas du verso de votre feuille)  Pourquoi est-ce que je vous dis cela ? C’est bien simple : la liturgie du Jeudi-Saint nous propose 3 lectures, qui évoquent 3 scènes bibliques : il serait facile de les représenter sous forme de triptyque ; pour ne pas trop prolonger notre célébration, nous n’avons lu que deux des trois scènes, mais les trois sont importantes pour bien saisir l’esprit de la liturgie de ce jour. Voici donc 3 tableaux (ou 3 scènes) : au Centre, bien entendu, se trouve le repas du Seigneur – à gauche, nous voyons l’Agneau Pascal – et à droite le Lavement des pieds : chaque scène mériterait d’être contemplée longuement, mais je voudrais souligner plutôt ce qui en fait l’unité profonde .

Regardons d’abord le volet de « L’Agneau pascal »… Vous savez à quoi il fait allusion : à la Sortie d’Egypte sous la conduite de Moïse. La mémoire de ce fait merveilleux s’était gravé à tout jamais dans la mémoire du Peuple, et chaque année, les Juifs devaient manger l’Agneau Pascal, en souvenir de l’Agneau que leurs Pères avaient immolé et mangé avant de sortir d’Egypte : le chair de l’Agneau avait été leur nourriture, et de son sang les portes des maisons avaient été marquées, pour épargner la mort aux premiers-nés, dernier fléau qui devait décider Pharaon à laisser enfin partir le peuple esclave…

Il se trouve que Jésus a voulu mourir au moment où les Juifs mangeaient l’Agneau Pascal. Les chrétiens ont tout de suite compris que, désormais, l’Agneau Pascal ne serait plus un animal, mais bien Jésus lui-même : voici pourquoi on lit aujourd’hui ce récit de l’Agneau Pascal.

Et nous « passons » de la figure à la réalité, avec le récit du dernier repas de Jésus.

Dans son récit, St Paul ne vise pas directement à faire œuvre d’historien, mais il écrit pour reprocher vivement aux Chrétiens de Corinthe, de galvauder le « repas du Seigneur » : la coutume des premiers chrétiens était de célébrer ce repas dans la maison de l’un d’entre eux, assez grande pour accueillir la communauté : il n’était pas question de faire cela à la synagogue, car ce « repas » était un rite nouveau, ignoré de la Tradition Juive ; il n’existait pas non plus encore d’églises, évidemment ! On se réunissait donc dans une maison « privée », et c’est ce qui commençait à donner lieu à bien des abus… Chacun apportait son repas, et les uns mangeaient beaucoup tandis que d’autres n’avaient que très peu ; il y en avait même qui buvaient plus que de raison ! St Paul s’enflamme donc contre ce dévoiement de « repas du Seigneur », et il rappelle à la raison les chrétiens égarés : ils défigurent le « repas du Seigneur » : et Paul d’en profiter pour leur rappeler ce qu’on lui a enseigné à lui-même à ce sujet… Et ce qu’on lui a enseigné, c’est exactement ce dont témoignent les Evangiles : Jésus a donné sa chair à manger et son sang à boire, la nuit même où il fut livré, et du même coup, il a institué le sacerdoce, en chargeant les apôtres de « faire cela en mémoire de Lui ». C’est cela que nous célébrons ce soir… et à chaque Eucharistie .

Mais il manque encore un volet du triptyque : c’est celui que St Jean raconte dans son Evangile (alors qu’il ne parle pas de l’Eucharistie !) : le LAVEMENT DES PIEDS… Scène surprenante, et qui a heurté Pierre, lequel proteste vivement… Mais scène voulue expressément par Jésus, comme un commentaire vivant de sa vie, et surtout de sa Pâque : il accomplit un geste courant à l’époque, mais qui incombait aux esclaves… Lui, le « Maître et Seigneur », il joue le rôle de Serviteur : toute sa vie a été SERVICE, service du Père et Service des hommes, et sa mort rédemptrice est le plus grand service qu’il pouvait rendre à l’Humanité… Désormais l’Eucharistie a partie liée avec le service : il sera impossible de communier à Jésus Serviteur sans vouloir être soi-même Serviteur.

Voilà donc le sens plénier du Triptyque « Agneau – Eucharistie – Service ».
- « Seigneur, que tes Œuvres sont belles ! Que tes Œuvres sont grandes ! Tu nous combles de joie ! » Amen !

Père Gabriel JEUGE (Maison de Nazareth - Orléans 45000)

 

 

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11:09 Publié dans RELIGION | Commentaires (0)

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