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28/03/2012

28 MARS 2012 : 1er TRAIN POUR AUSCHWITZ, EN 1942

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La Shoah en France

 

 

L'invasion de la Pologne par l'Allemagne en septembre 1939 déclenche la Seconde Guerre mondiale. Soutenant son allié, la France s'engage dans le conflit. Mais l'offensive des troupes du IIIe Reich en mai 1940 sur le front occidental défait les armées françaises. Le 22 juin 1940, la France vaincue signe une convention d'armistice avec le régime nazi. Ses conditions sont sévères. Elle prévoit notamment l'occupation de plus de la moitié de son territoire, l'annexion de l'Alsace-Moselle et le rattachement du Nord et du Pas-de-Calais au Commandement allemand de Bruxelles.

 

 

 

Une ligne de démarcation établit une séparation entre une partie occupée au nord et une zone dite « libre » au sud sous autorité française. La France doit en outre livrer tous les ressortissants allemands et autrichiens désignés par le gouvernement du Reich, internés dès septembre 1939.

 

En zone occupée, les autorités allemandes appliquent une législation antisémite, inspirée par les lois du Reich. L'ordonnance du 27 septembre 1940 énonce les critères d'appartenance à la religion juive et ordonne le recensement des personnes considérées comme telles. Il leur est interdit de quitter cette zone. Le processus de spoliation des entreprises et commerces juifs s'engage également. « Tout commerce, dont le propriétaire ou le détenteur est juif, devra être désigné comme 'entreprise juive' » par une affiche spéciale en langue allemande et française.

 

La politique antisémite de l'Etat français

 

La IIIe République cesse de fait d'exister le 10 juillet 1940 avec le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. La démocratie est remplacée par un régime autoritaire. Faisant figure d'homme providentiel, le chef de « l'État français », installé avec le gouvernement à Vichy, bénéficie alors du soutien massif de la population française traumatisée par la débâcle militaire et l'effondrement du pays. Appelé au gouvernement dès le 18 mai, Pétain avait rapidement exclu le principe de la capitulation et de la poursuite des combats, convaincu du caractère inéluctable de la défaite.

 

Le régime de Vichy entend mettre en œuvre une « Révolution nationale », devant se traduire par « l'assainissement » politique, social et moral de la nation. Substituant la devise « Travail, Famille, Patrie » à la formule républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité », cet ordre nouveau se fonde sur une idéologie nationaliste, autoritaire, xénophobe et antisémite. Il applique d'emblée une politique d'exclusion à l'égard des individus jugés « nuisibles », au premier rang desquels les Juifs.

 

 

Le statut des Juifs en France sous le gouvernement de Vichy

 

Le gouvernement de Vichy, avec à sa tête Pierre Laval, promulgue ainsi précocement une suite de lois et de décrets à leur encontre, applicable en zone occupée comme en zone dite « libre ». Durant cette période, on comptera plus de 200 textes législatifs qu'il s'agisse d'ordonnances allemandes, de décrets ou de lois. Le 22 juillet 1940, le gouvernement de Vichy promulgue un décret-loi portant sur la révision des naturalisations établies depuis 1927. 15 000 personnes perdent la nationalité française, dont environ 8 000 Juifs, et deviennent apatrides.

 

De sa propre initiative, et sans pression nazie, l'État français adopte le 3 octobre une loi définissant le « statut des Juifs ». Celle-ci concerne les deux zones. Certains secteurs d'activité leur sont désormais interdits : la fonction publique, la presse et le cinéma notamment. Cette liste ne cessera de s'élargir décret après décret. Les Juifs d'Algérie, sont privés de la nationalité française, acquise depuis le décret Crémieux en 1871. Le 7 octobre 1940, ils deviennent des « indigènes des départements de l'Algérie ».

 

La collaboration Franco-Allemande

 

Lors de la rencontre entre Hitler et Pétain à Montoire, le 24 octobre 1940, le principe d'une collaboration d'Etat entre la France et l'Allemagne dans les domaines économiques, militaires et répressifs est institué. À cette période, malgré la germanophobie d'une majorité de la population, la collaboration est surtout entreprise à l'initiative de Vichy.

 

La coordination des appareils répressifs français et allemands est facilitée par le maintien de l'administration de Vichy, qui entend préserver ses prérogatives, sur la plus grande partie du territoire. Celle-ci recourt de manière systématique à l'internement administratif et établit des fichiers utilisés par la suite pour les arrestations.

 

 

 

À la demande des Allemands, un Commissariat général aux questions juives (CGQJ) est créé par le gouvernement Darlan le 29 mars 1941. Son rôle est d'élaborer une législation à l'encontre des Juifs et de veiller à son application dans les deux zones (recensement, interdictions professionnelles, aryanisation des entreprises). La spoliation concernera au total près de 47 000 entreprises.

Le 2 juin 1941, tout en ordonnant un recensement sur l'ensemble du territoire, l'État français promulgue un deuxième statut des Juifs, qui élargit les critères d'appartenance à la « race juive » et étend le champ des interdictions professionnelles.

 

 

 

Sur une demande allemande, une loi française est adoptée le 29 novembre 1941 créant l'Union générale des israélites de France (UGIF), chargée d'assurer la représentation des Juifs auprès des pouvoirs publics.

 

Les premières rafles

 

À Paris, en liaison étroite avec l'administration française, les autorités allemandes procèdent aux premières arrestations. Le 14 mai 1941, 3 710 hommes sont convoqués dans des commissariats où ils sont arrêtés pour être transférés dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande (Loiret). C'est la rafle dite du « billet vert » du nom du document envoyé par les autorités. Le 20 août suivant, plus de 4 000 autres sont conduits à la cité de la Muette, à Drancy, camp d'internement ouvert à cette occasion. Ce sont surtout des Juifs étrangers bien qu'il y ait aussi parmi eux des Français.

 

 

Le 12 décembre, 743 hommes, des notables essentiellement, sont arrêtés et enfermés au camp de Compiègne-Royallieu (Oise). Ce camp sera par la suite le lieu de rassemblement et de transit des déportés politiques, celui de Drancy le devenant pour les Juifs.

 

Le camp de Drancy

 

Le camp d'internement de Drancy est installé en 1941 par les autorités d'occupation dans un vaste bâtiment alors inachevé, appartenant à un ensemble d'habitation collectif appelé la Cité de la Muette. Il s'agit d'un immeuble en forme de U de quatre étages, autour d'une cour d'environ 200 mètres de long et 40 mètres de large.

 

 

 

Réquisitionné par l'armée allemande le 14 juin 1940, des prisonniers de guerre français et britanniques y sont placés temporairement en captivité avant d'être transférés. Les premiers internés juifs sont les victimes de la rafle du 20 août 1941. Le camp est ouvert dans la précipitation, dans des conditions d'hygiène et d'alimentation déplorables pendant plusieurs mois, provoquant les premiers décès. La vie demeure difficile, dans l'ennui, alors que les visites et l'intervention des ouvres de secours sont interdites.

 

De la captivité à la déportation

 

Le camp devient à partir de mars 1942 le camp de rassemblement et de transit en vue de la déportation de tous les Juifs de France. 63 convois avec 67 000 personnes au total sont formés et partent jusqu'en juillet 1943 de la gare du Bourget-Drancy puis de la gare de Bobigny, principalement vers le camp d'Auschwitz-Birkenau.

 

Durant les périodes les plus intenses, et notamment dans la deuxième moitié de l'année 1942, deux voire trois convois par semaine sont formés au camp de Drancy. Sous l'autorité du service des affaires juives de la Gestapo, l'administration du camp est gérée par la Préfecture de Paris jusqu'en juin 1943.

 

 

 

À cette date, il bascule entièrement sous contrôle allemand, la garde extérieure demeurant affectée à la gendarmerie française. Les conditions de vie sont alors améliorées en apparence et le rôle des internés renforcé dans le fonctionnement interne du camp, pour en fait faciliter les déportations. Les responsables

SS du camp de Drancy sont successivement Theodor Dannecker, Heinz Rothke et Aloïs Brunner.

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Le dernier convoi à destination d'Auschwitz part le 31 juillet 1944. Le 18 août 1944, 1 467 prisonniers sont libérés après l'arrivée du représentant diplomatique suédois et de membres de la Croix rouge. Plus de 80 000 Juifs seront détenus à Drancy, entre mai 1941 et août 1944, à 4 kilomètres de Paris.

 

Le tournant de l'été 1942

 

L'année 1942 marque le début de la mise en œuvre de la « Solution finale » à l'échelle européenne. Le 27 mars, un premier convoi de déportés juifs quitte la France pour Auschwitz. Soixante-treize autres suivront par la suite, la plupart pour cette même destination.

 

 

Reinhard Heydrich se rend à Paris le 5 mai 1942 afin d'installer le général SS Karl Oberg comme chef de la SS et de la police en France et lancer la préparation des déportations massives. Adolf Eichmann, le chef de la section antijuive du RSHA, se déplacera à son tour le 30 juin. Entre-temps, une ordonnance allemande est proclamée le 29 mai, en même temps en France, en Belgique et aux Pays-Bas, relative au port de l'étoile jaune. Elle entre en vigueur le 7 juin. Peu après, l'accès à la plupart des lieux publics est interdit aux Juifs. L'exclusion se renforce.

 

Début juin, Oberg entame des négociations avec les autorités françaises sur l'organisation et les conditions de mise en œuvre de l'arrestation, du transfert et de la déportation des Juifs de France aboutissant à la signature d'un accord officiel avec René Bousquet, secrétaire d'État à la Police de Vichy représentant le gouvernement, le 2 juillet 1942. Ce document valide la participation des forces de l'ordre françaises aux arrestations de Juifs, le nombre des Juifs à arrêter et à livrer, les critères d'arrestation, le transfert de Juifs depuis la zone sud, alors non occupée, en vue de leur déportation. Le nombre est fixé à 100.000 personnes pour l'année 1942. Sur la proposition de Pierre Laval, la déportation des enfants de moins de 16 ans est en outre acceptée par Berlin et appliquée en août.

 

Malgré le nombre élevé de personnes prises lors de la rafle, organisée à Paris et en région parisienne les 16 et 17 juillet 1942, le quota de Juifs à déporter fixé par les Allemands et les représentants du gouvernement de Vichy lors de négociations n'est pas atteint. Pour y parvenir, l'État français se tourne vers les camps d'internement de la zone sud, encore non occupée. Ceux-ci constituent un vivier dans lequel il puisera régulièrement. Ainsi, parmi les 10 000 Juifs livrés au Reich en août-septembre 1942, figurent en majorité des apatrides et des étrangers provenant de ces camps. Les autres sont raflés à partir du 26 août dans les départements du sud de la France.

 

 

Une réaction indignée d'une partie de l'opinion publique

 

À cette date, le gouvernement s'efforce encore de conserver le contrôle illusoire des mesures prises envers les Juifs français, tout en acceptant que les enfants nés en France de parents étrangers soient déportés.

 

Plus de la moitié des Juifs déportés de France l'a été au cours du deuxième semestre 1942.

 

 

Vers la Libération

 

Le 11 novembre 1942, la zone sud est envahie par les Allemands et les Italiens. La zone italienne, dans le sud-est de la France, constitue alors un refuge pour les Juifs mais, suite à l'armistice signé en septembre 1943 par ce gouvernement avec les Alliés, l'intégralité du territoire est occupée par les Allemands.

 

 

Même si les forces de l'ordre françaises demeurent impliquées, le régime de Vichy se montre plus réticent dans sa collaboration en la matière. Les troupes du IIIe Reich se chargent le plus souvent des arrestations, appuyées dès lors par la Milice. Les persécutions, les arrestations et les déportations se poursuivent néanmoins jusqu'à la Libération, frappant désormais l'ensemble des Juifs. Ainsi, le 6 avril 1944, quarante-quatre enfants et leurs éducateurs sont raflés à Izieu (Ain) par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo à Lyon.

 

 

 

En juillet, Aloïs Brunner, alors commandant du camp de Drancy, fait arrêter en banlieue parisienne plus de 230 enfants et adolescents qui sont déportés le 31 juillet, moins d'un mois avant la libération de la capitale. De nombreux Juifs sont par ailleurs arrêtés voire assassinés par la Milice, comme à Rillieux-la-Pape près de Lyon, où Paul Touvier, son responsable local, fait exécuter sommairement sept otages le 29 juin 1944.

 

 

 

Dans les derniers jours de l'Occupation, ils sont encore plusieurs centaines à être massacrées en divers lieux, dont des personnalités comme Jean Zay.

 

 

Les grandes rafles de l'été 1942 concernent pour la première fois des familles entières. Elles suscitent une réaction indignée dans une partie de l'opinion publique, jusqu'alors peu sensible aux persécutions commises contre les Juifs. Ainsi, une partie de l'épiscopat français, plus particulièrement en zone libre, se manifeste. De hautes personnalités comme Mgr Saliège, archevêque de Toulouse, Mgr Théas, évêque de Montauban, Mgr Delay, évêque de Marseille, le cardinal Gerlier, archevêque de Lyon, ou le pasteur Marc Boegner, protestent contre l'arrestation, les mauvais traitements et la remise des Juifs à l'occupant. Des institutions religieuses, des couvents, participent à l'accueil sous de fausses identités d'enfants, notamment ceux dont les parents étrangers sont enfermés dans les camps d'internement ou sont déjà déportés. Dans le milieu rural, des initiatives individuelles et spontanées se manifestent également.

 

Ces interventions et la désapprobation d'une fraction de la population ont un réel impact sur l'opinion publique.

 

Mais surtout, les Juifs prennent en charge leur propre sauvetage à travers les actions conduites par des organisations juives comme l'Ouvre de secours aux enfants, parfois appuyées par des organisations non juives, pour la plupart caritatives et religieuses.

 

 

 

Cette Résistance a revêtu divers aspects selon les circonstances et les lieux. Le rôle des femmes, souvent jeunes, est exemplaire, notamment dans le sauvetage des enfants qu'elles ont cachés ou fait passer en Suisse. La conjonction de toutes ces actions, juives et non juives, contribue grandement à la survie des trois quarts des Juifs de France ; un phénomène favorisé aussi par la géographie du territoire et les conditions de l'occupation du pays.

 

 

Par ailleurs, de nombreux Juifs de France s'engagent contre l'occupant au sein de la Résistance intérieure ou extérieure, suscitant également la création de mouvements spécifiques comme l'Organisation juive de Combat. Cet engagement des Juifs en Résistance prend de multiples formes.

 

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10:26 Publié dans HISTOIRE | Commentaires (0)

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