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15/02/2012

RENCONTRE DE PERSONNES ÂGÉES DE 7 À 70 ANS

ENTRETIEN ENTRE PERSONNES

 

ÂGÉES DE 7 À 70 ANS

 

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«Vivre ensemble, c’est vivre avec quelqu’un d’autre qu’on aime. Ou même quelqu’un qu’on n’aime pas », observe Jalil du haut de ses 7‑ans. « Et aussi les inconnus dans la rue, complète Madeleine, 13‑ans. Il faut respecter les gens. » Ce sont les adolescents qui le mentionnent‑: pour vivre ensemble, il faut des règles. Autour d’eux, les aînés approuvent en souriant. Kalaï, 16‑ans, affirme qu’« il n’y a pas de société sans règles », avant d’ajouter qu’une règle absurde « ne sera sûrement pas respectée ».

Si la société française pose des lois pour mieux vivre ensemble (« comme porter assistance aux personnes en danger », dit Camille, 15‑ans), l’adhésion personnelle reste essentielle. « On ne peut pas obliger les gens à vivre ensemble », estime la collégienne.

Thomas, lecteur de La Croix de 37‑ans, souligne l’importance du sens‑: « Si on ne sait pas pourquoi on veut vivre ensemble, on va se décourager, car c’est compliqué ! » Les plus jeunes envisagent mal en tout cas une vie sans les autres. « On serait seuls ! », dit Madeleine. « Il y aurait beaucoup de guerres », prédit Jalil. « Chacun pour soi, je trouverais ça horrible », tranche Émile, collégien.

Le défi est immense, mais il en vaut la peine, disent de concert les participants de 7 à 70‑ans. Tous s’accordent sur un élément essentiel pour vivre ensemble‑: l’égalité. « Égalité devant la loi, la santé, l’éducation », énumère‑Michel, lecteur de Notre Temps. « Il faut que tout le monde ait les mêmes droits », signale Emilio-Kodjo, 10‑ans. Certaines inégalités sont vite pointées du doigt, à commencer, côté ados, par « le président de la République qui vit dans un palais et se déplace avec quinze gardes du corps, comme s’il avait peur de son peuple ». Les écarts de richesse sont unanimement dénoncés. « Un riche est plus écouté qu’un pauvre », juge Nicolas, 18‑ans. « On n’a jamais produit autant de richesses, mais elles n’ont jamais été aussi mal réparties, note Thomas. Ce mauvais partage provoque un sentiment d’injustice qui rend le vivre ensemble plus diffcile. »

Retraitée à l’accent chantant, Giovanna évoque l’après-guerre « où la plupart des gens étaient dans le besoin, mais se sont mobilisés pour changer. Aujourd’hui, la crise pourrait être une opportunité, mais on a peur de perdre ce qu’on a ». Notre société manquerait de solidarité au point que certains voudraient inscrire cette valeur au fronton des mairies. « ‘‘Fraternité’’, c’est trop fort, estime Nicolas. Soyons déjà solidaires. » « ‘‘Fraternité’’ a une connotation religieuse qui ne parle pas à tout le monde », ajoute un aîné. « Et la religion, parfois, ça empêche de vivre ensemble », dit Émile. Thomas s’étonne qu’elle soit perçue comme source de divisions‑: « Pour moi, c’est tout le contraire ! »

C’est la question du communautarisme qui affleure ici. « ‘‘Des communautés’’ et ‘‘une communauté’’, c’est presque des mots contraires », analyse Camille. « C’est vivre ensemble juste avec ceux qui nous ressemblent », résume Kalaï. Thomas est d’accord‑: « Quel intérêt de ne vivre qu’avec d’autres

soi-même ? L’intérêt c’est de vivre entre hommes et femmes, jeunes et vieux, riches et pauvres… Compliqué, mais c’est un choix de société ! » La religion devrait y trouver sa place, « non pas en limitant la croyance de chacun, mais en la respectant. Vivre ensemble, ce n’est pas gommer les différences, mais les accepter pour partager quelque chose ». « J’ai du plaisir à vivre avec tous ceux qui ont quelque chose à partager, témoigne Kalaï. Que ce soit faire des blagues, du bateau ou cultiver des patates! »

Vivre ensemble suscite aussi des images‑: mains qui se serrent, repas de quartier, jardins ouvriers… Adolescents et adultes se retrouvent autour de l’évocation d’un concert ou d’un match de foot, moments de communion festive entre différents âges et milieux sociaux. Les enfants ont fait ensemble un dessin‑: une planète entourée d’une ronde de bonshommes de toutes les couleurs, petits, grands, gros, maigres, avec des lunettes, une cicatrice ou des taches de rousseur… au-dessus, la phrase « Il y a des différences dans le pareil », un soleil qui dit « Je suis avec vous »

les bébés à naître », une flèche « entrée libre » et une « pour ceux qui ne veulent pas entrer dans la chaîne ». « Si un jour ils veulent venir », précise Jalil de sa voix enfantine. Les plus grands, conquis, applaudissent. « C’est génial ! », s’exclame Michel. « Je n’aurais jamais pensé à ça à leur âge », s’étonne Virginie. Le «‑vivre ensemble‑» s’illustre aussi dans ce moment, et cet après-midi d’échanges enthousiastes entre générations.

AZILIZ CLAQUIN (« LA CROIX » 15/02/2012)

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10:38 Publié dans Société | Commentaires (0)

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