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06/01/2012

JEANNE D'ARC ET LA POLITIQUE

J.d'Arc.jpg

 

Nicolas Sarkozy,

Jeanne d’Arc

et l’usage des symboles

 

(Pauvre Jeanne ! Il se trouve qu’elle est née le 6 Janvier 1412 : 600 ans aujourd’hui ! Mais cet anniversaire – que sa « Bonne Ville d’Orléans » va célébrer tout au long de l’année, et dès ce soir à la Cathédrale – mériterait mieux que le sort que lui réservent nos hommes politiques : aujourd’hui, c’est Nicolas SARKOZY qui se rend à Domrémy, demain, ce sera au tour de Jean-Marie LE PEN d’exalter notre héroïne nationale que son Parti a « annexée » depuis qu’il existe… tout cela, bien entendu, avec des arrière-pensées politiques : nous sommes en période électorale… et il s’agit de recruter des voix !!! L’auteur de l’article souligne à juste titre que notre Président n’est jamais venu à Orléans, contrairement à l’usage qui veut que tout Président vienne présider les Fêtes du 8 Mai, au moins une fois au cours de son mandat : M. SARKOZY n’a jamais daigné venir à Orléans, et cela, les Orléanais auront du mal à le lui pardonner… Mais JEANNE n’a besoin de personne : elle se suffit à elle-même !)

 

 

Le chef de l’État doit célébrer aujourd’hui, dans les Vosges et la Meuse, le 600e anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc. Lors de la campagne de 2007, il avait déjà évoqué ce symbole de l’unité nationale et convoqué d’autres héros du passé, comme Jean Jaurès et le résistant Guy Môquet.

 

Nicolas Sarkozy ouvre aujourd’hui une séquence « Histoire ». Pour célébrer le 600e anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc, le 6 janvier 1412, le président de la République devait se rendre ce matin à Domrémy-la-Pucelle (Vosges) pour une visite de l’église et de la maison natale de Jeanne d’Arc, figure du patrimoine national.

À Vaucouleurs (Meuse), il devait ensuite prononcer un discours sur « l’importance de l’enseignement et de la diffusion de l’Histoire ».

De fait, cet exercice est un classique de la fonction présidentielle et de la tradition républicaine. « C’est le rôle d’un chef d’État de célébrer les grandes figures du passé », souligne l’historien Nicolas Offenstadt (1).

Les présidents François Mitterrand, en 1982, et Jacques Chirac, en 1996, avaient eux aussi évoqué le message de Jeanne d’Arc. « Chez Nicolas Sarkozy, poursuit ce maître de conférences à Paris 1, il y a une mise en scène du roman national réduit à de grands événements et à de grands hommes. Il fait un usage intensif de l’histoire.» Se référer à des symboles fédérateurs sert ainsi à renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté nationale et à rassurer, dans un contexte plus immédiat. Comme aujourd’hui, en période de crise financière européenne et de doute

sur la sauvegarde de la souveraineté française.

 

En 2007, le candidat Sarkozy s’était rendu au Mont-Saint-Michel. Et il s’était reconnu

« dans Jaurès et dans Blum, dans Jules Ferry et dans Clemenceau ». Plus récemment, le président est allé au Puy-en-Velay, symbole de l’héritage chrétien. Car faire appel à de grands lieux ou personnages qui parlent aux Français est aussi l’un des ingrédients d’une campagne électorale. « Cela lui donne une tonalité et contribue à façonner une image, en rupture ou en continuité », note Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’Ifop. « Chacun y retrouve ses références, ajoute-t-il. Que Nicolas Sarkozy honore Jeanne d’Arc, c’est dans la tradition de la droite. En revanche, si c’était François Hollande, on pourrait se poser la question de la transgression. » Autrement dit, cela pourrait contribuer à brouiller les lignes politiques.

Toutefois, en 2007, Ségolène Royal n’avait pas hésité, elle, à se comparer à Jeanne d’Arc. Car cette héroïne est multi-usages. L’historien Michel Winock a décrit cette « mémoire disputée». « La personne historique tend à être transformée en mythe, sa vie, en allégorie ; son étendard et son épée deviennent les emblèmes de partis opposés », a-t-il écrit (2). Selon lui, Jeanne d’Arc est à la fois « l’image de la sainte catholique, l’incarnation du peuple patriote et la patronne du nationalisme exclusif ».

En allant dans l’est de la France, et non à Orléans, pour célébrer Jeanne d’Arc, le chef de l’État se déplace « dans de vieilles terres patriotes, où le vote Front national est bien implanté », rappelle Jérôme Fourquet.

Selon lui, en faisant ce choix, « le président ne vise pas que les catholiques, mais aussi l’électorat du FN ». D’autant que, demain, le parti de Marine Le Pen organisera sa propre commémoration à Paris. En 2007, à Rouen, le candidat Nicolas Sarkozy avait déjà longuement exalté la mémoire de ce symbole de l’identité nationale :

«Jeanne dépasse tous les partis, nul ne peut la confisquer. Jeanne, c’est la France !», demandant à la droite pourquoi elle avait laissé le FN en faire un symbole de lutte contre les « nouveaux envahisseurs ».

Selon Nicolas Offenstadt, cette stratégie consistant à réveiller le sentiment national « a été validée par l’élection présidentielle de 2007 ». Cette fois-ci, estime Jérôme Fourquet, « l’impact, s’il y en a un, ne sera pas immédiat et sera assez mineur », car « si l’on sait décoder les stratégies, les électeurs peuvent le faire aussi ». Cet usage des symboles peut également rencontrer des résistances dans la société civile. Avec le recul, Nicolas Offenstadt cite les exemples de « l’échec reconnu du débat sur l’identité nationale » et du « projet contesté de Maison de l’histoire, qui en est toujours à ses balbutiements ». La lecture par les lycéens de la lettre du résistant Guy Môquet en est une autre illustration. Ce qui devait marquer le premier acte du mandat est tombé dans les oubliettes de l’histoire.

CORINNE LAURENT

(« LA CROIX, DU 06/01/2012)

 

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18:03 Publié dans ACTUALITÉ | Commentaires (1)

Commentaires

Bonjour,
rendons aux historiens leur noble fonction de nous éclairer sur le passé. Hier soir, sur France Culture, M. Odon Vallet, spécialiste des religions, disait que
- Jeanne d'Arc a vraiment vécu,
- elle est vraiment née en 1412,
- elle s'habillait en garçon, ce qui était choquant à l'époque.
Il affirmait que
- la date exacte de sa naissance était absolument inconnue,
- ses origines familiales étaient totalement incertaines,
- ses motivations étaient plus que floues : d'où lui venait l'idée de s'habiller en garçon ?

Quant à l'utilisation et aux détournements de son image, "bien mal acquis ne profite jamais" dit la sagesse populaire !

Écrit par : Beaufreton Jean-Patrick | 07/01/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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