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15/11/2011

BIOÉTHIQUE : propos d'un médecin-diacre

Capture d’écran 2011-11-15 à 10.13.31.pngLa bioéthique : en quoi sommes-nous

concernés ?

 

par Bruno Pailloncy, médecin et diacre permanent

 

 

Pendant des siècles, il est venu en ce monde caché au plus secret des femmes ; mais depuis quelques décennies, le voilà qui peut se retrouver disponible sous le microscope des médecins et des biologistes, ou stocké dans l'azote liquide avec un avenir plus qu'incertain. Pauvre embryon ! On peut même le ''créer'' de toutes pièces avec un spermatozoïde et une ovule anonymes ; et qui plus est, voilà qu'en cet état, il intéresse non seulement des médecins pour lutter contre l'infertilité des couples mais aussi pour lui donner une mère sans père, ou deux mères ou encore deux pères… Et il intéresse aussi d'autres médecins qui convoitent ses premières cellules, dites cellules souches, pour guérir des malades ; et puis, aussi, l'industrie pharmaceutique et cosmétologique... mais où va-t-on ? La science est-elle ce moloch à qui l'on sacrifie même les êtres les plus faibles ? Tout ce qui est techniquement possible est-il bon pour l'homme et pour l'humanité ?

 

Mais ses tribulations ne s’arrêtent pas là. Quand il s’est multiplié 2 ou 3 fois (stade de 4 à 8 cellules), on peut lui prendre, toujours sous microscope, une cellule sans que cela perturbe son développement et, à partir de cette cellule, on peut analyser son patrimoine génétique et malheur à lui s’il n’est pas conforme, mais conforme à quoi, à qui ? C’est ce que l’on appelle le diagnostic pré-implantatoire ou DPI. Et on peut aussi prédire un peu de son avenir en étudiant ses facteurs de risques, (médecine prédictive) ; heureusement que tout n’est pas génétique dans ce qui fera de lui un homme ou une femme unique ! Et si, au lieu d’en faire un seul exemplaire, on en faisait une série, on pourrait ainsi en choisir un dont les caractéristiques permettraient d’envisager une greffe pour soigner un grand frère ou une grande sœur malade, c’est ce que l’on a appelé le "bébé-médicament", louable projet, certes, mais puisse cet altruisme originel involontaire ne pas le marquer à vie (et quid des autres?).

 

Et puis, quand il aura réintégré un utérus accueillant, il continuera, comme tous les autres petits d’homme de son âge, à être étudié, surveillé, échographié (diagnostic prénatal), pour son plus grand bien mais avec le risque d’être "éliminé" si on lui découvre quelque chose de grave.

 

Auriez-vous dit eugénisme ?

 

Les hommes des pays développés luttent mieux contre les maladies et vieillissent ; de plus, bien des toxiques viennent détériorer précocement leurs organes. La médecine a appris à les inter-changer mais encore faut-il trouver des organes à greffer : où les trouver ? Sur des cadavres récents, mais dans quelles conditions qui respectent la volonté du défunt, s'il en a exprimé une, et la douleur des proches ? Ou juste après le décès en fin de réanimation, mais la limite vie-trépas est des plus floues dans ce contexte. Alors, entre vivants ? Mais dans quelles conditions qui respectent la liberté du donneur potentiel en préservant son libre choix de toute contrainte ? Faut-il alors en organiser le commerce à l'échelle mondiale, (la mafia s'en charge bien déjà !) ? Que de questions !

 

Derrière toutes ces bio-techniques (et bien d'autres) maîtrisées par une élite super-qualifiée et passionnée et derrière les questions apparemment très pointues qu'elles soulèvent et qui dérangent parfois se dessine une vision de l'homme : faut-il laisser les maîtres du jeu en décider seuls les contours ? L'homme, le citoyen, l'humanité toute entière n'a-t-elle pas son mot à dire ? Et pour le chrétien, dépositaire de la Parole de son créateur et sauveur, sur quels critères se fonder, non pas pour dire ce qu'il faut penser, mais creuser des chemins de réflexion pour progresser dans ce contexte vers plus d'humanité ? Si les chrétiens dans leur ensemble se taisent, des repères essentiels à notre monde se perdront.

 

Bruno Pailloncy, médecin et diacre permanent

 

Capture d’écran 2011-11-15 à 10.17.35.png
En 2008, les Évêques de Frances discutents de bioéthique

 

 

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