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29/10/2011

IVAN ET GIULIA

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SARKO ET CARLA (Parents de Giulia)

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David CAMERON (Père de IVAN et 1er Ministre de Grande-Bretagne)

 

 

Ivan et Giulia

Geneviève

JurGensen

La naissance de la petite Giulia pourrait être un moment d’attendrissement commun, qui rapprocherait du président de la République et de son épouse. Nous sommes passés à côté de cette occasion, ce n’est pas grave mais c’est dommage. Les messages transmis par l’Élysée ont été trop nombreux, trop contradictoires depuis le début de la mandature. La distance n’a jamais été trouvée. Tous nous savons que la vie privée est compliquée, qu’il faut beaucoup d’indulgence pour les couples qui traversent des tempêtes et s’abstenir de critiquer l’éducation donnée aux enfants de peur qu’on ne nous propose de balayer devant notre porte. Nous avons besoin de deviner pleinement humains ceux qui nous dirigent, tout en voulant les savoir épargnés par des tourments qui les envahiraient au point qu’ils ne puissent tout à fait s’occuper des affaires à la conduite desquelles le suffrage universel les a portés. L’art du ton juste, du juste degré de réserve et de proximité dans lequel on se sent vrai et qui, grâce à cela, sera bien perçu par tous, fait partie du talent politique.

Depuis toujours, l’actuel premier ministre anglais, David Cameron, s’est montré très ouvert sur sa vie de famille. Jeune en politique, il se laissait volontiers photographier en promenade avec son épouse et ses enfants tout petits. Dans les interviews, il évoquait facilement sa vie de famille. À tel point que son principal adversaire politique, Gordon Brown, nettement plus austère de tempérament, le lui a reproché avec virulence : « Moi je ne parade pas avec ma famille », a-t-il lancé un jour.

Le mot avait son poids. Car les deux hommes savaient ce qu’être atteint dans ses enfants veut dire, et la flèche de Brown, avec sa dose d’amertume, n’en était que plus cruelle. Pourtant, alors que la campagne électorale battait son plein, les deux hommes étant réputés se détester, un événement tragique a inspiré à Brown une trêve bouleversante. À la Chambre des communes, le jour où l’on apprit qu’Ivan Cameron, 6 ans, affreusement handicapé depuis sa naissance, venait de perdre la vie, Gordon Brown, la voix lourde de sincère chagrin, a prononcé quelques paroles si émouvantes que je regrette de ne

pas avoir la place de les traduire ici .

Tous les Britanniques savent, car il l’a souvent dit, que David Cameron, bien que de droite, est farouchement attaché à préserver et améliorer le système de santé publique de son pays. En effet, il décrit à qui veut l’entendre le secours que sa femme et lui y ont trouvé quand il s’est agi de fournir jour et nuit les soins appropriés à un enfant en danger de mort permanent. Ainsi, chaque citoyen sait qu’il doit lui-même quelque chose à ce pauvre petit garçon,

qui a comme tout autre façonné ses parents et les a fait grandir en expérience et en humanité. Si, malgré la crise, le budget de la santé est préservé et avec lui l’accès aux soins, le petit Ivan et l’amour qu’il sut inspirer (« mon bel enfant », disait son père) y sont pour beaucoup.

Non, ce n’est pas être fleur bleue que de souhaiter comprendre nos dirigeants et parfois même fraterniser avec eux. Ce n’est pas non plus verser dans la politique spectacle.

Le général de Gaulle ne laissait rien transparaître de sa vie privée et l’unique photo connue de lui avec sa petite Anne n’en est que plus précieuse. À chacun son style, à chacun sa forme de sincérité. Mais nous espérons tous que les bonheurs et les malheurs de la vie nous enrichissent, nous élèvent, nous rendent meilleurs, et puisque une petite Giulia est née, puisqu’elle a un papa qui sans doute à son âge n’espérait plus devenir père encore une fois, nous aurions aimé qu’il se fasse et nous fasse confiance, en prononçant quelques paroles simples et vraies, jaillies du coeur, propres à nous toucher, plutôt que de baisser le rideau en minimisant artificiellement un événement si unique et si banal, propre à nous changer au plus profond de nous-mêmes, et généralement dans le bon sens.

(Source : La Croix,29/10/2011)

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11:42 Publié dans ACTUALITÉ | Commentaires (0)

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