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16/10/2011

HÉRITAGE

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Comment mieux vivre l’héritage

 

L’héritage déchire parfois, mais passionne toujours les familles. Des ressorts que nous avons voulu décrypter pour vous aider à aborder cet événement avec plus de sérénité. H éritage, succession, donation. Des mots qui évoquent la mort autant que l’avenir. Qui parlent de patrimoine, d’argent, de bijoux, mais aussi d’amour, de partage et de rivalités. Car ce qui se joue à travers la transmission d’un patrimoine, aussi modeste soit-il, n’est pas uniquement d’ordre matériel.

UNE EXPÉRIENCE PSYCHIQUE Hériter de ses parents est avant tout une expérience psychique. « Le lien qui nous unit à nos géniteurs influe sur la façon dont nous recevons les biens qu’ils nous lèguent », explique Ginette Lespine, psychologue, auteur de Hériter sans se déchirer (Albin Michel). De fait, il suffit qu’un seul enfant n’ait pas réglé son problème d’autonomie pour empoisonner la succession d’une fratrie. Comme si prolonger le conflit familial autour du décès des parents était en quelque sorte nécessaire pour supporter leur disparition. « Quand le parent meurt, on perd un être cher, mais aussi une partie de soi, poursuit Ginette Lespine. Les objets reçus en héritage nous aident à compenser le vide. Par les questions qu’ils nous forcent ànous poser, les biens permettent de poursuivre la relation avec le défunt dans l’imaginaire. » Dans les familles où les relations fraternelles sont apaisées, le partage des objets se fait assez facilement. « Après le décès de mes parents en 2005, raconte Patrick, nous avons eu la surprise de constater que tel meuble, tel bibelot, possédait manifestement une charge symbolique différente pour chaque enfant. »

DES DÉCISIONS À EXPLIQUER Les parents ne mesurent pas toujours le poids affectif des objets. C’est une dimension à prendre en compte si on envisage de transmettre directement un tableau ou un bijou à un petit-enfant en sautant une génération. Valérie s’est trouvée meurtrie de voir sa mère offrir sa bague de fiançailles à sa petite-fille pour ses 18 ans. Le symbole de l’amour parental était confié à sa propre fille sans qu’elle ait son mot à dire. « Il n’est pas anodin d’être une génération niée, sautée, prévient Ginette Lespine. Ces décisions nécessitent beaucoup de délicatesse de la part des donateurs. » « Les cas les plus douloureux sont ceux où les parents ont avantagé un enfant sans expliquer pourquoi », estime Me Sylviane Plantelain, notaire à Saint-Germain-en- Laye (78). Une part de l’héritage appelée « quotité disponible » peut être attribuée à un seul d’entre eux. Les frères et soeurs d’une personne handicapée, par exemple, acceptent souvent cette décision sans problème. À condition d’en parler. Quand ce choix est incompréhensible, ce peut être la catastrophe. Ainsi, Colette a appris avec stupeur la teneur du testament de sa mère, déclarant sa plus jeune soeur légataire universelle. Pour elle, c’était comme si sa mère avait annulé deux de ses filles. À la lumière de cet événement, Colette relit l’histoire de ses relations avec sa mère, sa préférence pour sa dernière fille, sous prétexte de sa fragilité. « Pour éloigner la colère, dit-elle, j’essayais de me rappeler les bons moments, mais je n’en trouvais pas… Maintenant, je réalise que ma mère m’a transmis sa force et son goût de la vie. C’est finalement l’essentiel. »

Dominique Fonlupt (Source : "L'1visible. Octobre 2011")

 

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10:28 Publié dans DIVERS | Commentaires (0)

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