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15/10/2011

DIEU ET CÉSAR

 

 

 

CÉSAR.jpg
Monnaies à l'effigie de CÉSAR


29e dim. ordinaire

 

Lecture du livre d’Isaïe (45, 1. 4-6a)

 

Parole du Seigneur au roi Cyrus, qu’il a consacré, qu’il a pris par la main, pour lui soumettre les nations et désarmer les rois, pour lui ouvrir les portes à deux battants, car aucune porte ne restera fermée :

“À cause de mon serviteur Jacob et d’Israël mon élu, je t’ai appelé par ton nom, je t’ai décerné un titre, alors que tu ne me connaissais pas.

Je suis le Seigneur, il n’y en a pas d’autre : en dehors de moi, il n’y a pas de Dieu. Je t’ai rendu puissant, alors que tu ne me connaissais pas, pour que l’on sache, de l’Orient à l’Occident, qu’il n’y a rien en dehors de moi.”

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (22, 15-21)

 

Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : “Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens… Donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ?” Mais Jésus, connaissant leur perversité, riposta : “Hypocrites ! pourquoi me tendez-vous un piège ? Montrez-moi la monnaie de l’impôt.” Ils lui présentèrent une pièce d’argent (un « denier »). Il leur dit : “Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? - De l’empereur César”, répondirent-ils. - “Rendez donc à César ce qui est à César… et à Dieu ce qui est à Dieu.”

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29ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

 

« Rendez à CÉSAR ce qui est à César et à DIEU ce qui est à Dieu ! »

Cette parole de Jésus est particulièrement célèbre… Elle est même devenue un proverbe utilisé dans le langage profane… On la comprend habituellement comme un équivalent imagé de l’expression « à chacun son du ! »

Et pourtant, même très connue, cette parole mérite toute notre attention, car elle porte bien plus loin qu’un simple proverbe.

Si Jésus a prononcé ces mots, c’était pour répondre à une question précise qu’on venait de lui poser : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? »

Les Juifs de l’époque étaient, en effet, divisés sur cette question. Ils étaient, comme vous le savez, sous le joug des Romains, qui avaient annexé leur territoire à l’Empire. Les Romains se montraient assez tolérants en bien des domaines : ils n’intervenaient pas dans la religion, ils laissaient les Juifs pratiquer fidèlement leurs propres lois et coutumes, mais ils se réservaient certains domaines, comme, par exemple, le droit de condamner à mort… et celui de prélever un tribut annuel… La plupart des Juifs s’accommodaient plutôt bien de la situation, et payaient sans broncher l’impôt dû à l’empereur (tels étaient les personnages qui interrogeaient Jésus)… mais d’autres se montraient plus réfractaires, à leurs risques et périls, d’ailleurs : tels étaient les « zélotes », qui, dans leur « zèle » pour la Loi Juive, se refusaient à obéir aux Romains.

Ceux qui posent à Jésus la question qui nous occupe ne le font pas du tout par souci de savoir la vérité : là-dessus, ils savent très bien se débrouiller… Mais ils veulent tendre un piège à Jésus… et ils étaient malins ! Quelle que soit la réponse, elle devait causer des ennuis à Jésus. S’il disait « Oui, il faut payer ! » on pourrait le dénoncer au bon peuple comme complice des Romains abhorrés… Si, au contraire, il disait « Non ! Il ne faut pas payer cet impôt ! » il serait aussitôt dénoncé comme ennemi de Rome… Selon eux, il n’y avait pas d’échappatoire possible…

Mais ils n’avaient pas compté avec la Sagesse de Jésus !

« Montrez-moi la monnaie de l’impôt ! »… Ils n’ont pas à chercher : leurs poches en sont remplies ! Ils sortent donc une pièce et la montrent à Jésus…. Et Jésus leur désigne l’effigie gravée sur la pièce : « Qui représente-t-elle ? » - « César », bien sûr !

Et la réponse fuse : « Rendez à César ce qui est à César… et à Dieu ce qui est à Dieu ! »

Ces mots de Jésus sont d’une extrême importance, car on peut leur faire dire, et on leur a fait dire, bien des choses et leurs contraires. Je ne voudrais retenir qu’un seul exemple.

On a pensé que , par ses mots, Jésus voulait établir la séparation entre le domaine politique et le domaine spirituel , entre le public et le privé, et donc prôner en quelque sorte la séparation entre l’Eglise et l’Etat, il aurait appelé l’Eglise à ne pas s’occuper de politique, et l’Etat à ne pas s‘occuper de religion, ce qu’on a pu résumer par cette caricature : « les curés à la sacristie ! » L’Histoire encore récente nous montre qu’en France, on a tenté d’appliquer cela à la lettre…

Mais on a vite vu où cela conduisait: confiscation des églises et des presbytères, ainsi que des évêchés, suppression de toute aide à l’enseignement catholique, écoles privées tout justes tolérées, à condition qu’elles vivent de la charité des fidèles (cette Maison de Nazareth, à son origine, fut un fruit obligé de cette politique, puisqu’elle fut fondée pour accueillir les anciennes institutrices du privé, qui n’avaient droit à aucune retraite !)

Bref, la mise en œuvre d’une « séparation » radicale a conduit à une sorte de guerre civile larvée entre les « laïques » et les « chrétiens »…

Heureusement, les Français, qui ont du bon sens, ont fini par comprendre l’impasse où menait une telle séparation entre l’Etat et l’Eglise…Peu à peu, si l’Etat est resté « laïque », cette laïcité est devenue une « Laïcité apaisée » … De nos jours, l’Eglise ne se mêle pas de politique, mais on lui reconnaît le droit de dire ce qu’elle pense sur des sujets aussi importants que la vie et la mort, sur le bon usage de l’argent, sur la guerre et la paix, etc… De son côté l’Etat entretient de bonnes relations avec les religions (au pluriel)… Un très grand pas a été franchi en ce sens avec l’instauration des « lois Debré » qui ont mis fin à la guerre scolaire, en instituant des contrats entre les écoles privées et l’Etat, grâce à quoi, ces écoles peuvent enfin vivre honorablement. Ce n’est qu’un exemple !

BREF, Jésus n’a pas voulu créer une frontière entre Dieu et César, mais bien plutôt inviter les uns et les autres à vivre ensemble, dans le respect mutuel et le dialogue…

On pourrait prolonger longtemps cette réflexion sur Dieu et César : on ne peut tout dire en quelques minutes, mais ce que nous avons dit méritait d’être dit, je crois, et peut amorcer une réflexion plus prolongée que chacun pourrait faire, dans la mesure de son inspiration, bien sûr !

En terminant, je vous dirai ceci : Si vous pensez que mes paroles sont trop peu compréhensibles, qu’elles vous « passent au-dessus de la tête », contentez-vous d’écouter Jésus, et de « Rendre à Dieu ce qui est à Dieu ! ». Ce sera déjà beaucoup … AMEN !

Père Gabriel JEUGE, Maison de Retraite de "Nazareth" (Orléans) - Homélie prononcée à la messe de la Maison

 

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11:47 Publié dans RELIGION | Commentaires (0)

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