logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

13/09/2011

SANT'EGIDIO À MUNICH

La rencontre de Sant’Egidio invite

à sortir de l’obsession du terrorisme

 

 

Sant'Egidio.jpg

 

 

Marquée par le souvenir du 11-Septembre, la Rencontre internationale pour la paix de la communauté italienne Sant’Egidio s’est ouverte dimanche à Munich.

S’adressant hier à cette rencontre interreligieuse, Angela Merkel a regretté l’absence des « racines chrétiennes » dans les traités européens.

 

MUNICH

De notre envoyée spéciale

 

Les images des deux tours du World Trade Center étaient présentes dans toutes les mémoires des participants à la célébration de cet anniversaire, dimanche 11 septembre, à Marstallplatz à Munich, qui a ouvert la rencontre de Sant’ Egidio pour le dialogue des religions et des cultures. Mais pas seulement dimanche. Les deux tours sont comme en surimpression de chacune des interventions des hommes de religion, mais aussi de l’entreprise et de la politique, qui, durant deux jours, se croisent dans les divers bâtiments de la ville bavaroise.

Tentation naturelle, dix ans après, jour pour jour. Mais justement, portant un regard sur la décennie qui vient de s’écouler, les participants de la rencontre ne peuvent se départir d’un sentiment d’échec, et de rendez-vous manqué. « N’avons-nous pas perdu dix années ? », s’est interrogé Andrea Riccardi, le responsable de la communauté Sant’Egidio. Comme si, a expliqué en substance l’historien, on s’était focalisé sur un ennemi invisible, cédant en cela aux tentations du « choc de civilisations», à une « interprétation de l’histoire comme un conflit permanent entre l’islam et l’Occident ».

Pour quels résultats ? 130 000 morts civils, dans les conflits de l’Afghanistan, de l’Irak et du Pakistan, et de nombreux morts militaires, reprend Andrea Riccardi, alors qu’au même moment, le nombre de pauvres, de réfugiés, d’immigrants a augmenté. Sont apparus des nouveaux problèmes, que l’obsession de la lutte contre le terrorisme a pour un moment masqués, avec une crise économique et financière et l’émergence de zones grises, où règne une « culture de la violence », « fruit de la pauvreté, de la mafia et de la criminalité ».

Comme l’a souligné de son côté le cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich, il est temps d’avoir une réponse « plus large et plus profonde » que la seule lutte contre le terrorisme. « Nous ne devons pas seulement nous protéger de la violence, a-t-il repris, mais aussi trouver de nouvelles réponses pour la paix et le vivre-ensemble dans un monde global. » « Il me semble, a-t-il repris, que tout s’est passé comme si la décennie avait été perdue sans que l’on recherche des réponses plus profondes : nous nous sommes probablement trop habitués aux scénarios de guerre et à la rhétorique de l’affrontement. » Dans le message qu’il a envoyé à ces journées

de Munich, hier, Benoît XVI a d’ailleurs, à quelques jours de l’anniversaire des 25 ans de la rencontre d’Assise, rappelé la « grande valeur » de ces rendez-vous interreligieux, pour contribuer à bâtir un « vivre ensemble» autour des principes

communs.

En résonance, les hommes et femmes de Sant’Egidio s’attachent, en ce début de semaine, à sortir d’un affrontement de civilisation pour élargir leurs regards aux nouveaux problèmes. La large place donnée à la crise économique et financière, avec notamment la présence de Christophe de Margerie, directeur général de Total, est significative.

L’Europe et ses incertitudes, hésitations et divisions économiques actuelles, ont été l’un des autres axes forts de cette rencontre.

Comme l’a souligné Angela Merkel, venue hier après-midi devant les participants, l’Europe a su, après 1989, montrer que l’espoir et la paix étaient possibles. Et si elle l’a su, c’est que, dans cette « maison commune » qui s’est construite, les Églises ont fortement contribué à « cimenter ses valeurs communes qui nous unissent ».

« C’est pourquoi, a-t-elle martelé en faisant allusion à l’opposition française de l’époque, il aurait été important de rappeler dans la Constitution européenne, comme dans le Préambule, les racines chrétiennes de l’Europe. » Car, a poursuivi la chancelière protestante, citant son compatriote le pape Benoît XVI, « sans la religion, nous risquerions d’oublier le véritable sens de notre vie ».

Angela Merkel a appelé de ses voeux le soutien des religions face à la crise financière et économique que traverse aujourd’hui le Vieux Continent. « On emploie des mots techniques pour analyser l’état de la dette, dans tel ou tel pays. Mais plus sereinement, il faut simplement expliquer que nous ne pouvons peser sur les générations européennes futures. Et je vous demande à vous, hommes de religion, d’aider les gouvernements de l’Europe en ce sens. »

C’est à cette condition, a-t-elle conclu en substance, que l’Europe, aujourd’hui un continent prospère, pourra continuer à se battre pour promouvoir, de l’Afrique du Nord au Proche-Orient, la dignité et la liberté de l’homme.

iSABELLE DE GAULMYN

10:36 Publié dans ACTUALITÉ | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique