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01/09/2011

LA HAINE : parlons-en!

 

La haine : un sentiment légitime ?

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La haine est un poison. Comment sortir de l'engrenage du ressentiment?

La réponse de Jean Monbourquette, oblat de Marie Immaculée,à la question d'un internaute : "Est-il légitime de haïr ceux qui nous font du mal ?" En partenariat avec Croire Aujourd'hui.

Quand une personne qui ne nous est pas indifférente nous a infligé des blessures incompréhensibles ou a affecté des personnes que l’on aime, il n’est pas facile de choisir entre la haine ou le ressentiment et le chemin du pardon.

 

Lors de son accompagnement catéchuménal, Nadine exprime sa souffrance : désolée et impuissante, elle n’arrive pas à s’empêcher d’éprouver des sentiments de haine à l’égard de son frère. Celui-ci, à la suite de son mariage, a rompu ses relations avec sa sœur et sa mère. Il les a rejetées, employant des mots très durs et blessants à leur endroit. Bien sûr, il y eut des essais de rapprochement mais ratés, le tout dans un climat de tension, avec un engrenage de violences verbales. Ce qui a été le plus douloureux à supporter par Nadine et sa mère, c’est le silence entretenu par son frère et son épouse sur les naissances de leurs enfants qu’elles auraient tant désirées célébrer en famille. Après de nombreuses tentatives de conciliation, Nadine en est venue à détester son frère, principalement, pour l’immense peine qu’il continue à faire à sa mère. Elle pose la question : « Est-il légitime de haïr les gens qui nous font du mal ? »

 

Dans l’engrenage du ressentiment

 

Nadine est placée devant un choix : soit elle opte pour la haine, le ressentiment et la vengeance, soit elle s’engage dans une démarche de pardon de guérison et de paix. Entre les deux, il n’y a pas d’alternative et l’option prise aura des conséquences sur son avenir de future chrétienne. Si elle choisit la première solution, elle se verra prise dans un cycle infernal. Elle restera dans son attitude de vengeance passive qui l’amène à ignorer son frère. En même temps, elle lui en voudra toujours, en se rappelant sans cesse ses paroles méchantes et ses rejets répétés, et en s’infligeant à chaque fois de nouvelles blessures comme des petits coups de couteau qui lui seraient assénés. Ajoutons qu’à cause de cet état obsessionnel qui la ramènera toujours au moment des offenses reçues, Nadine s’empêchera de vivre dans le présent. Pire, en restant à ruminer ses tristes souvenirs, elle ne sera plus capable d’imaginer l’avenir, et ses projets futurs risquent de s’en trouver compromis. Enfin, haine et vengeance l’entraîneront dans une ronde infinie avec son offenseur. Ils seront tous deux dans la crainte de subir encore paroles et gestes méchants, occasions de frustrations et de supplices mutuels… Et incapables de juger de l’intensité du dommage infligé à l’autre.

 

Se mettre sur la voie du pardon

 

Le pardon, c’est la marque du chrétien. Jésus Christ a donné une réponse radicale à Pierre qui lui demanda : « Seigneur, quand mon frère commettra une faute à mon égard, combien de fois devrais-je lui pardonner? Jusqu’à sept fois ? » La réponse troublante de Jésus ne se fit pas attendre : «Je ne dis pas jusqu’à sept fois, mais soixante-dix-sept fois sept fois » (Matthieu 18, 1-22). Si Nadine adopte cette voie, surtout, il lui est conseillé de ne pas se presser pour pardonner, mais simplement de se considérer engagée sur la voie du pardon, en acceptant que cela dure plus ou moins longtemps. Elle devra commencer par mettre un temps d’arrêt à ses sentiments de haine. Même si elle n’arrive pas encore à songer à son frère de manière calme, elle aura espoir que ses idées noires auront une fin. Elle les laissera passer comme des nuages noirs qui flottent dans le ciel, sans se fixer sur l’une d’entre elles. Le pardon n’est pas quelque chose de magique. C’est un processus qui demande la coopération de l’offensée et de Dieu. La tâche de Nadine sera de prendre tout son temps pour se guérir de sa blessure. Ainsi, elle s’ouvrira à l’amour inconditionnel de Dieu. Il n’y pas lieu de pardonner à froid d’un coup de volonté comme le prétendent certains. Pour pardonner, il faut d’abord se guérir, et Dieu fera le reste.

 

Se pardonner à soi-même

 

Comment arriver à se guérir ? Plusieurs moyens sont possibles. Par exemple, au lieu de concentrer son attention sur l’offenseur et sur sa revanche, l’offensée examine attentivement sa blessure émotionnelle sans l’amplifier ou la minimiser : «Où est-ce que j’ai mal en moi? »; « Qu’est-ce que j’ai permis à mon frère de toucher en moi ? »; « Quelle est l’étendue de l’offense? » « Quelle partie de mon être est souffrante? Ma fierté? L’amour normal entre mon frère et moi ? Mes attentes envers lui ? L’attachement à ma mère, toute attristée par le contexte familial ? » Ou bien, l’une des meilleures thérapies sera de parler à une personne qui a des qualités d’écoute. Ainsi, Nadine allègera le poids de sa tristesse; elle sentira comprise; sa blessure perdra son caractère obsessif et prendra moins d’importance.

La guérison étant amorcée, elle aura à admettre ses maladresses, ses sautes d’humeur et sa combativité pas toujours maîtrisée, et enfin à se pardonner à elle-même ses imperfections. Quand elle aura reconnu ses attentes et ses espoirs réels ou irréels à l’endroit de son frère, elle retrouvera peu à peu son calme et sa paix. Désormais, son trouble intérieur se dissipera et elle se montera plus indulgente envers elle-même.

 

Chercher à comprendre celui qui a fait du mal

 

Tout ce chemin de guérison psychologique l’amènera à poursuivre vers une guérison spirituelle: chercher à comprendre l’offenseur et trouver le sens à donner à l’offense subie. D’abord, elle se demandera comment son frère en a pu en venir à rompre ses relations avec sa famille, employer des paroles aussi offensantes envers ses proches ou manquer de considération à l’égard sa mère? Il s’agit ici d’analyser ses motivations, ses antécédents et l’influence qu’il aura subie pour qu’il en soit arrivé à rejeter ses intimes. Mais elle se gardera de la prétention de vouloir tout comprendre. Dieu seul sait le faire c’est pourquoi Il est toujours prêt à accorder Son pardon. Reste que cet exercice permettra de faire un pas vers le pardon. Ensuite, sans chercher d’explications intellectuelles, mais en faisant remonter ses réponses du plus profond d’elle-même, elle s’interrogera sur le sens à donner à ce conflit familial :

- Qu'est-ce que j'ai appris de l'offense subie?

- Quelles limites ou fragilités ai-je découvertes en moi?

- Quelles nouvelles ressources et forces de vie ai-je trouvées en moi ?

- Quel nouveau degré de maturité serai-je appelée à atteindre ?

- Quelles nouvelles raisons de vivre me suis-je données ?

 

Le pardon, dans l’amour gratuit de Dieu

 

Après tout ce travail de guérison psychologique et spirituelle, Nadine cessera de s’acharner à vouloir pardonner à son frère. Le pardon ne lui appartient pas. Parce qu’il est le don parfait, il exige un tel amour et une telle générosité que Dieu seul a le pouvoir de l’accomplir. Je connais des personnes qui s’entêtent à imposer leur pardon afin d’exhiber leur supériorité morale. Ce n’est pas ce qu’elle doit chercher. Mais quand elle aura terminé la tâche de se guérir, Nadine confiera à Dieu la joie de parfaire en elle le pardon, c’est-à-dire, elle se mettra dans sa mouvance pour recevoir la grâce d’être pardonné et de pardonner. Le pardon s’avère une expérience transcendance : en acquérant la certitude d’être aimée d’un amour divin et gratuit, elle réussira de nouveau à aimer son frère et à lui pardonner. Ensuite, qu’adviendra-t-il de sa réconciliation avec son frère ? Elle vit déjà une réconciliation, réalisée dans son cœur, mais elle est impuissante à changer son frère. Reste qu’elle a choisi de se changer elle-même au cours de sa démarche du pardon. Grâce sa nouvelle attitude et conduite, sa relation avec lui aura bougé. Elle ne le regardera plus de la même façon: elle priera pour qu’il sache se libérer de son aigreur et de son attitude rancunière. Elle souhaitera son retour dans la famille comme l’ «enfant prodigue». Et la grâce divine fera le reste.

 

 

 

Jean Monbourquette est l'auteur de Comment pardonner ? Novalis/Bayard 2003 et co-auteur avec Isabelle d’Aspremont de Demander pardon sans s’humilier, Novalis/Bayard 2006.

Par Jean Monbourquette, OMI

(Source : Blog « Croire.com »)

 

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16:05 Publié dans DIVERS | Commentaires (0)

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