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01/09/2012

SAMEDI 1er SEPTEMBRE 2012 : ST AUGUSTIN

La liturgie nous a fait célébrer le 28 Août la fête de Saint AUGUSTIN, célèbre évêque d'Hippone (actuelle Tunisie) : AUGUSTIN fut l'un des évêques les plus réputés et les plus intellectuels de l'Antiquité. Il a laissé d'innombrables écrits, parmi lesquels les "CONFESSIONS", dans lesquelles , non seulement il "confesse" la gloire de Dieu, mais raconte aussi sa vie passé, dont la jeunesse fut quelque peu tumultueuse.

 

Voici la note que l'on trouve sur le site "hérodote.com"

 

 

SAINT AUGUSTIN(354 - 430)


ST AUGUSTIN.jpg

Saint AUGUSTIN


 

 

 

Un théologien entre deux mondes

 

Augustin d'Hippone est le théologien chrétien le plus fascinant qui soit et sans doute le plus important après Paul de Tarse.

 

Né à la fin de l'empire romain, Augustin assiste aux grandes invasions et à la prise de Rome par le Wisigoth Alaric. Il a la sensation de tout un monde qui s'écroule autour de lui et cette sensation va imprégner ses écrits.

 

Évêque d'Hippone (aujourd'hui Annaba ou Bône, en Algérie), il peut être aussi considéré comme le plus célèbre des... Algériens (il s'agissait à proprement parler d'un Romain d'origine berbère). Difficile de rester indifférent à cette personnalité protéiforme... Jeune homme dissipé, homme d'action, écrivain prolixe, homme de combat et, cela va sans dire, de conviction !

André Larané

Un jeune homme attiré par la sensualité

 

Augustin est né à Tagaste, en 354, dans une province romaine constituée de l'Algérie et de la Tunisie actuelles, d'un père païen et libertin et d'une mère chrétienne et pieuse, Monique. Cédant aux supplications de sa mère, son père s'est aussi converti peu de temps de mourir.

 

Quoique marqué par la foi et l'exemple de Monique, Augustin commence pourtant par suivre, dans un premier temps, les traces de son père. Avide de plaisirs, il s'engage à l'âge de 17 ans dans une liaison qui durera plus de dix années avec une femme qui lui donnera un fils : Adeodat. Il n'en devient pas moins un étudiant puis un professeur de rhétorique fort brillant... Il est chargé de prononcer l'éloge officiel de l'empereur Valentinien II.

 

Après un long passage par le manichéisme, il raconte dans les Confessions qu'accablé de doutes dans le jardin de sa maison de Milan, il entendit un enfant du jardin voisin chanter : «Tolle, lege, tolle, lege !» («Prends et lis ! Prends et lis !» en français). Jetant les yeux sur un livre que tenait ouvert son ami Alype, il lut alors une lettre de Saint Paul aux Romains : «Vivons honnêtement, comme en plein jour, sans goinfreries ni beuveries... Comme on s'habille d'un nouvel habit, revêtons-nous du Christ et ne nous soucions pas ainsi de notre corps». Cela décida de sa conversion et il se fit baptiser à 32 ans par Ambroise, l'évêque de Milan.

 

Augustin est bientôt élu évêque d'Hippone et, jusqu'à sa mort, il va tenir un rôle central au sein de l'Église, notamment par ses prêches, ses lettres et ses écrits, en particulier les Commentaires sur les Psaumes, le Commentaire de l'Évangile de Saint Jean, le Commentaire littéral de la Genèse, les Confessions, le Traité de la Trinité et La Cité de Dieu.

Un analyste lucide de son temps

 

Dans les premiers siècles du christianisme, les croyants pensaient que la fin du monde et le Jugement dernier étaient imminents. Ils ne voyaient pas d'intérêt à préserver l'ordre social. Le célibat, la chasteté et le refus de porter les armes témoignaient d'une lecture littérale des Évangiles et de l'enseignement de Saint Paul.

 

Au temps d'Augustin, on n'en est plus là. La fin du monde n'est plus à l'ordre du jour. D'autre part, le christianisme paraît solidement établi dans l'empire romain. Prenant acte de sa prépondérance, l'empereur Théodose le proclame religion officielle en 392.

 

L'Église s'inquiète dès lors du sort de l'empire auquel son destin est encore lié. En 410, la ville de Rome, qui n'est plus que l'ombre d'elle-même, est pillée et ravagée pendant trois jours par les Wisigoths d'Alaric, fâchés que l'empereur Honorius n'eût pas versé le tribut demandé.

 

Augustin, comme tous les hommes éclairés de son temps, mesure le caractère hautement symbolique de l'événement. Il en tire la matière de La Cité de Dieu, signifiant que celle-ci n'est pas de ce monde mais de l'au-delà.

 

Contre ceux qui prennent à la lettre le commandement biblique : «Tu ne tueras point», il légitime le concept de «guerre juste». Dans un monde appelé à durer, les chrétiens ont le droit et le devoir de se défendre face aux forces du mal qui les assaillent, face aux païens et aux infidèles. Beaucoup plus tard, conjugué à la mystique guerrière héritée des Barbares, ce concept donnera naissance à la chevalerie et au mouvement des croisades.

 

Augustin développe l'idée que les enfants morts sans baptême seraient voués à la damnation éternelle et pour leur éviter ce malheur, on prend l'habitude de les baptiser dès la naissance... Plus tard, au Moyen Âge, les théologiens inventeront le concept de limbes, un lieu plus supportable que l'enfer pour les enfants morts sans baptême afin d'atténuer le pessimisme augustinien.

Un combattant infatigable de l'orthodoxie

 

Saint Augustin écrivant (anonyme du XVe siècle, musée de Dijon) À la recherche du juste équilibre, Augustin combat avec la plume les tendances sectaires qui fleurissent dans la chrétienté des premiers siècles.

 

D'un strict point de vue théologique, Augustin se heurte à trois écoles de pensée principales :

 

– les manichéens sont les disciples de Mani, ou Manès, prédicateur perse qui perçoit le monde comme le lieu d'un affrontement entre le bien et le mal. Il suppose l'existence de deux principes à l'origine du monde : un Dieu bon, qui a créé toutes les réalités spirituelles (les anges et les âmes) et un démiurge mauvais, qui a forgé toutes les réalités matérielles (les corps).

 

Le manichéisme ne se rattache pas formellement au christianisme mais les manichéens utilisent et réinterprètent dans le sens de leur doctrine la Bible chrétienne.

 

– les donatistes sont les disciples de l'évêque Donat, qui est à l'origine d'un schisme très influent en Afrique du Nord. En voici l'origine : lors des violentes persécutionsanti-chrétiennes du 3e siècle, des prêtres et même des évêques livrèrent à la police romaine des objets de culte et abjurèrent leur foi.

 

Après la fin des persécutions, Donat s'oppose à ce que ces apostats soient réintégrés dans la communauté chrétienne et ses partisans militent pour une Église élitiste, uniquement composée de «purs». Durant la seconde moitié du 4e siècle, dans la province d'Afrique, les donatistes sont aussi nombreux que les chrétiens orthodoxes. Augustin réfute leur doctrine et obtient leur condamnation définitive en 412.

 

– les pélagiens se réclament de Pélage, un moine originaire de Bretagne, qui pratique une ascèse rigoureuse et défend l'idée que l'homme peut accéder à la vie éternelle par ses seuls mérites.

 

Augustin, dont l'expérience de conversion dément cette prétention, lui répond avec vigueur en manifestant la nécessité de la grâce divine pour parvenir au salut.

Un théologien fécond

 

Jusqu'à sa mort, Augustin consacrera de nombreux traités à réfuter les thèses des donatistes. Tout ceci l'amène à élaborer la doctrine du péché originel qui va devenir par la suite un dogme officiel de l'Église catholique et marquer profondément la théologie chrétienne jusqu'à nos jours.

 

En deux mots, en désobéissant à Dieu et en voulant acquérir par eux-mêmes la maîtrise de la connaissance du bien et du mal, Adam et Eve ont fait plonger toute l'humanité dans le péché et l'ont engagée dans une voie de souffrance et de malheur.

 

Du point de vue du salut, les conséquences sont les suivantes : la volonté de l'être humain est affaiblie et celui-ci n'a plus la maîtrise naturelle de ses désirs et de ses passions qui était celle du premier couple (*).

 

Pire : par le péché, Adam et Eve ont perdu la présence de la grâce en leur coeur et cette perte se transmet, elle aussi, à toute leur descendance. Par leurs propres forces, sans le secours de la grâce divine, les hommes sont incapables de se libérer du péché. C'est à Jésus, Dieu fait homme, mort sur la croix pour la rémission des péchés, qu'ils doivent de recouvrer la grâce et d'entrer dans la vie éternelle.

Épilogue

 

Augustin s'éteint à 76 ans, le 28 août 430, pendant que les Vandales de Genséric assiègent sa bonne ville d'Hippone. Son oeuvre immense (plus de trente mille pages) le range parmi les plus grands Docteurs de l'Église (*) ; il est le patron des théologiens.

 

Augustin d'Hippone reste l'un des écrivains les plus lus et les plus étudiés dans toutes les langues et sur tous les continents. Les bibliographies le concernant représentent environ 300 livres.

 

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31/08/2012

VENDREDI 31 AOÛT 2012 : LA VIE EN "EHPAD"

 

Vivre en maison de retraite, en famille, c’est possible

 

Conséquence du vieillissement de la population, les maisons de retraite accueillent de plus en plus de personnes issues de la même famille, sur plusieurs générations.

 

À Monts, en Touraine, la maison de La Vasselière accueille trois membres d’une même famille.


 

LA VASSELIÈRE (EHPAD).jpg

LA VASSELIERE


 

 

ANIMATION À LA VASSELIÈRE.jpg

 

 

TOURS (Indre-et-Loire)

 

De notre correspondant

 

À 30 kilomètres de Tours (Indre-et- Loire), la maison de retraite de La Vasselière, à Monts, vient de porter sa capacité d’accueil à 120 lits contre 80 auparavant. Parmi les résidents, Marie, 89 ans, sa fille Fabienne, 68 ans, handicapée depuis sa naissance ainsi que Marthe, sa sœur cadette, 81 ans, ont élu domicile dans cet établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) en 2008. Quand elle a été admise à La Vasselière, Marie était accompagnée de Pierre, son époux, décédé il y a deux ans. Ce dernier était une figure appréciée de tous. À son arrivée, il avait été élu au conseil de la vie sociale.

 

Retrouver plusieurs générations de la même famille, de père en fils, est un phénomène qui se développe.

 

D’après Liliane Cornillou, directrice de l’établissement, le vieillissement de la populat ion « nous entraîne inexorablement dans ce sens ».

 

 La Vasselière vient d’ailleurs d’intégrer parmi les nouveaux venus un père et son fils. Sur liste d’attente, elle compte aussi une mère et sa fille.

En Touraine, il y a peu, un autre Ehpad a accueilli jusqu’à trois générations d’une même famille. Marie a du mal à réaliser que son époux ne reviendra plus. Monique, sa fille cadette qui vient une fois par semaine, et le personnel de santé doivent régulièrement lui rappeler « qu’il n’est plus là ». La présence de Fabienne, qui ne l’a jamais quittée depuis sa naissance, et de Marthe l’aide à surmonter son chagrin et sa

solitude. Petit à petit, elle s’est accommodée de cette nouvelle vie dans cet établissement associatif.

Marthe et sa nièce Fabienne font chambre commune. Cette dernière est, de l’aveu de Liliane Cornillou, « la mascotte de l’établissement ». En dépit de son handicap et de sa cécité, elle ne s’ennuie jamais, grâce à une pléiade d’activités. La journée, elle fait du calcul, joue avec ses poupées, monte sur son vélo d’appartement, et écrit des poèmes. « À mon anniversaire, j’ai toujours droit à un texte même si je suis absente ce jour-là, elle n’oublie jamais », raconte

Liliane Cornillou. Fabienne, qui participe aussi à la commission qui choisit les repas de l’établissement, écoute la radio : les infos en matinée et son émission fétiche d’accordéon sur Radio Portugal. Sa joie de vivre est une façon de soutenir sa tante, qui a du mal à accepter la situation : « J’ai perdu la vue, je suis veuve, ma maison me manque. Qu’est-ce qu’on peut attendre de la vie dans ces conditions ? », interroge la vieille dame. Malgré le décès de son père, Fabienne a tenu à rester dans la même chambre que sa tante avec laquelle elle a « toujours été très liée », confie Monique. Marie vient les rejoindre chaque matin dans la grande chambre agrémentée d’un joli balcon donnant sur le jardin, où son fauteuil l’attend.

Entouré de verdure, cet établissement propose des ateliers que toutes trois fréquentent. Fabienne ne manquerait pour rien au monde une animation chanson. Sa tante suit, machinalement. Sa mère rechigne « par principe, à toute proposition », souligne Monique, avant de céder.

Depuis qu’elles sont ici, leur état de santé s’est stabilisé. La maladie d’Alzheimer de Marie, que les médecins avaient diagnostiquée avant son arrivée, ne s’est guère aggravée. Monique observe que, depuis la mort de son père, sa mère « se porte mieux ». Auparavant « elle se laissait prendre en charge par son mari ».

Prévoyant, Pierre avait tout préparé scrupuleusement, notamment sur

le plan financier. Contrairement à de nombreuses personnes confrontées à ce problème, Monique est tranquillisée, elle n’a rien à verser pour payer la facture annuelle : près de 25 000 € par personne.

Avec ses trois cousines, les filles de Marthe, elle s’amuse à imaginer que le temps de la vieillesse venu, elles se « retrouveront ensemble dans la même maison de retraite ». Elle s’est plongée dans les questions de dépendance non seulement en devenant

tutrice de sa mère et de sa soeur mais aussi en pensant à son propre avenir. Car cette mère de trois enfants a aussi une fille handicapée de 24 ans. Si d’aventure elle devait rejoindre un jour une maison de retraite, Monique serait sans doute dans l’obligation d’inscrire sa propre fille avec elle.

XAVIER RENARD (La croix, du 31/08/2012)


 

LA VASSELIÈRE (EHPAD).jpg

LA VASSELIÈRE (EHPAD - INDRE-ET-LOIRE)


 

 

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30/08/2012

JEUDI 30 AOÛT 2012 : DEUX FABLES DE LA FONTAINE

CES DEUX FABLES SONT COUPLÉES PAR L'AUTEUR LUI-MÊME (VOIR LA NOTE CI-DESSOUS)

 

 

 

LE HÉRON


 

LE HÉRON(image publicitaire).jpg


 

Un jour sur ses longs pieds allait je ne sais où

Le Héron au long bec emmanché d’un long cou.

Il côtoyait une rivière.

L’onde était transparente ainsi qu’aux plus beaux jours ;

Ma commère la Carpe y faisait mille tours

Avec le Brochet son compère.

Le Héron en eût fait aisément son profit :

Tous approchaient du bord, l’Oiseau n’avait qu’à prendre ;

Mais il crut mieux faire d’attendre

Qu’il eût un peu plus d’appétit.

Il vivait de régime, et mangeait à ses heures.

Après quelques moments l’appétit vint ; l’Oiseau

S’approchant du bord vit sur l’eau

Des Tanches qui sortaient du fond de ces demeures.

Le mets ne lui plut pas ; il s’attendait à mieux,

Et montrait un goût dédaigneux

Comme le Rat du bon Horace. (1)

Moi des Tanches ? dit-il, moi Héron que je fasse

Une si pauvre chère ? Et pour qui me prend-on ?

La Tanche rebutée (2), il trouva du Goujon.

Du Goujon ! c’est bien là le dîné d’un Héron !

J’ouvrirais pour si peu le bec ! aux Dieux ne plaise !

Il l’ouvrit pour bien moins : tout alla de façon

Qu’il ne vit plus aucun Poisson.

La faim le prit ; il fut tout heureux et tout aise

De rencontrer un Limaçon.

Ne soyons pas si difficiles :

Les plus accommodants, ce sont les plus habiles :

On hasarde de perdre en voulant trop gagner.

Gardez-vous de rien dédaigner ;

Surtout quand vous avez à peu près votre compte.

Bien des gens y sont pris ; ce n’est pas aux Hérons

Que je parle ; écoutez, humains, un autre conte ;

Vous verrez que chez vous j’ai puisé ces leçons.

 

 

 

LA FILLE


 

LA FILLE (la Fontaine).jpg


 

Certaine Fille, un peu trop fière

Prétendait trouver un mari

Jeune, bien fait, et beau, d'agréable manière (3),

Point froid et point jaloux ; notez ces deux points-ci.

Cette Fille voulait aussi

Qu'il eût du bien, de la naissance,

De l'esprit, enfin tout ; mais qui peut tout avoir ?

Le destin se montra soigneux de la pourvoir (4) :

Il vint des partis d'importance.

La Belle les trouva trop chétifs (5) de moitié :

Quoi moi ? quoi ces gens-là ? l'on radote, je pense.

A moi les proposer ! hélas ils font pitié .

Voyez un peu la belle espèce !

L'un n'avait en l'esprit nulle délicatesse ;

L'autre avait le nez fait de cette façon-là ;

C'était ceci, c'était cela,

C'était tout ; car les précieuses

Font dessus tout les dédaigneuses.

Après les bons partis les médiocres (6) gens

Vinrent se mettre sur les rangs.

Elle de se moquer.  Ah vraiment,  je suis bonne

De leur ouvrir la porte : ils pensent que je suis

Fort en peine de ma personne.

Grâce à Dieu je passe les nuits

Sans chagrin, quoique en solitude.

La Belle se sut gré de tous ces sentiments.

L'âge la fit déchoir ; adieu tous les amants (7).

Un an se passe et deux avec inquiétude.

Le chagrin (8) vient ensuite : elle sent chaque jour

Déloger quelques Ris, quelques Jeux, puis l'Amour ;

Puis ses traits choquer et déplaire ;

Puis cent sortes de fards. Ses soins ne purent faire

Qu'elle échappât au Temps, cet insigne larron :

Les ruines d'une maison

Se peuvent réparer : que n'est cet avantage

Pour les ruines du visage !

Sa préciosité changea lors de langage.

Son miroir lui disait : Prenez vite un mari.

Je ne sais quel désir le lui disait aussi ;

Le désir peut loger chez une précieuse.

Celle-ci fit un choix qu'on n'aurait jamais cru,

Se trouvant à la fin tout aise et tout heureuse

De rencontrer un malotru (9).

 

 

 

Ces deux fables, couplées par La Fontaine lui-même, nous présentent deux versions d'un même thème. Le sujet de la fable Le Héron était traité chez Abstémius ("l'oiseleur et le pinson", Nevelet p. 550), imité par Haudent ("d'un oiseleur et d'une bérée", II, 98). L'idée du héron revient à La Fontaine.

Pour La Fille, La Fontaine a certainement eu recours à Martial, V, 17. ; il connaissait sans doute aussi le texte de Conrart.

 

 

La moralité commune à ces deux versions, l'une animale, l'autre humaine, termine la première fable et sert de prologue à la seconde.

 

"...à l'instar de ces airs en écho qu'affectionnaient les musiciens du roi, les deux récits sont construits l'un par rapport à l'autre et le souvenir du premier se superpose à chacune des séquences du second." (P. Dandrey, la fabrique des Fables, éd. Klincksieck, p. 169)

 

 

(1) Il s'agit du rat de ville, de Horace ( Satires, livre II, 6, 87), invité par le rat des champs, épisode que La Fontaine n'a pas repris dans sa fable

 

(2) refusée, mise au rebut

 

(3) aspect, façon de se comporter, il était agréable

 

(4) de l'établir par un mariage...

 

(5) vils, méprisables

 

(6) qui sont de condition sociale moyenne

 

(7) ceux qui ont déclaré leurs sentiments amoureux, à la différence du sens actuel

 

(8) humeur maussade

 

(9) terme populaire qui se dit des gens en mauvaise santé, mal bâtis.

 

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11:44 Publié dans FABLES | Commentaires (0)

29/08/2012

MERCREDI 29 AOÛT 2012 : RIMSHA


RIMSHA.jpg



Rimsha Misah est une jeune Pakistanaise chrétienne qui vit à Mehrabad, unquartier misérable d’Islamabad.

 

Selon Tahir Naveed Chaudhry, responsable d’une organisation pour les minorités au Pakistan, Rimsha serait une enfant de 11 ou 12 ans, atteinte de trisomie 21. Selon la police au contraire elle serait normale et âgée de 16 ans.

 

Accusée d’avoir brûlé des pages contenant des versets du Coran, attaquée par une horde fanatisée, elle a été remise à la police par l’imam de son quartier qui maintient ses accusations : elle aurait agi volontairement.

 

En vertu (si l’on peut dire !) de la loi antiblasphème elle risque la peine de la mort.

 

Elle est détenue dans la même prison que l’assassin de Salman Taseer, le gouverneur du Pendjab qui avait soutenu Asia Bibi et plaidé pour une réforme de la loi sur le blasphème.

 

De nombreux Chrétiens ont déjà fui Mehrabad après l’arrestation de Rimsha, craignant une répétition de ce qui s’est produit en 2009 à Gojra, un village où sept Chrétiens avaient péri dans un pogrom suscité par des rumeurs de blasphème.

 

Fazal-ur Rehman Afridi, partenaire de l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme, Président de l’IRESK, Institut de recherche et d’études stratégiques de Khyber (1) qui vient de rédiger le rapport ” Children living under terror in Pakistan” a été interviewé sur France 24. (2)

 

A propos de la réaction du Président de la République Islamique du Pakistan qui a demandé un rapport, il déclare :

 

“Le président s’est exprimé sous la pression de la communauté internationale. Mais à l’heure où l’intolérance religieuse est à son apogée au Pakistan, pourquoi n’a-t-il pas le courage d’abroger ces lois ?”

 

Ajoutant que la libération ne suffit pas, puisque la persécution et l’assassinat par des islamistes pourraient se produire à l’extérieur de la prison.

 

Laurent Fabius, Ministre des Affaires Étrangères a déclaré :

 

“L’existence même du délit de blasphème porte atteinte aux libertés fondamentales, que sont la liberté de religion ou de conviction, ainsi que la liberté d’expression”.

 

On ne peut que l’approuver !

 

Il faut maintenant que la pression des ONG et des gouvernements démocratiques s’exerce pour exiger l’abrogation de cette loi inique qui rend depuis 1986 le blasphème passible de la peine de mort. Le Pakistan devrait être tout simplement exclu de l’ONU tant que la loi anti-blasphème reste en vigueur.

 

Liberté et protection pour Rimsha, pour Asia et pour toutes les victimes, chrétiennes, musulmanes ou autres du fanatisme islamiste.

 

Huguette Chomski Magnis

 

Secrétaire générale du MPCT

 

 

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La Conférence des évêques de France plaide pour la fillette arrêtée au Pakistan

 

Appel à la mobilisation

 

ROME, mardi 28 août 2012 (ZENIT.org) – La Conférence des évêques de France plaide pour Rimsha, la fillette arrêtée au Pakistan, dans un communiqué de ce jour, 28 avril 2012.

 

Rimsha, une fillette, atteinte de trisomie 21 et appartenant à une famille chrétienne d’un bidonville d’Islamabad, est incarcérée dans un centre de détention pour mineurs depuis le 16 août 2012 (cf. Zenit du 21 août 2012). Elle est accusée de profanation du Coran, alors qu’elle ne sait ni lire ni écrire.

 

C’est pourquoi la Conférence des évêques de France appelle à la « mobilisation » pour Rimsha, condamnant « les attitudes religieuses qui n'honorent pas le plus petit des hommes » et proposant de vivre une rentrée scolaire dédiée « à toutes les Rimsha du monde ».

 

Communiqué de la Conférence des évêques de France

 

ELLE S'APPELLE RIMSHA

 

Rimsha n'a guère plus de quatorze ans. Elle vient d'être arrêtée au Pakistan au motif... d'avoir brûlé les pages d'un manuel sur lequel figuraient des versets coraniques.

 

Or, Rimsha ne sait ni lire ni écrire! Elle est atteinte de trisomie.

 

On condamnerait à mort l'innocence? On sanctionnerait la vie ? Et au nom de qui?

 

Des dignitaires musulmans pakistanais ont demandé une enquête "impartiale, et que soit châtiés ceux qui auraient accusé Rimsha à tort"

 

Le Cardinal Tauran s'est ému au nom de l'Eglise catholique.

 

Mobilisons-nous pour Rimsha !

 

Refusons de nous reconnaître dans les attitudes religieuses qui n'honorent pas le plus petit des hommes.

 

Que nos rentrées scolaires  se vivent, en les dédiant à toutes les Rimsha du monde.

 

Le Pasteur Dietrich  Bonhoeffer (qui connut les atrocités que l'on sait) disait : "Un croyant qui ne se tient qu'avec un pied sur la terre, ne se tient aussi qu'avec un pied au ciel !"

 

Mgr Bernard Podvin.

 

   Porte-parole

 

Conférence des évêques de France.


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26/08/2012

26 AOÛT 2012 : 21è DIMANCHE ORDINAIRE

 

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LES TEXTES

 

 

21e dim. ordinaire

 

Lecture du livre de Josué (24, 1-2a. 15-17. 18b)

 

Josué réunit toutes les tribus d’Israël à Sichem; puis il appela les anciens d’Israël avec les chefs, les juges et les commissaires; ensemble ils se présentèrent devant Dieu. Josué dit alors à tout le peuple : “S’il ne vous plaît pas de servir le Seigneur, choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir : les dieux que vos pères servaient au-delà de l’Euphrate, ou les dieux des Amorites dont vous habitez le pays. Moi et les miens, nous voulons servir le Seigneur.” Le peuple répondit : “Plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur pour servir d’autres dieux ! C’est le Seigneur notre Dieu qui nous a fait monter nous et nos pères, du pays d’Égypte, cette maison d’esclavage; c’est lui qui, sous nos yeux, a opéré tous ces grands prodiges et nous a protégés tout le long du chemin que nous avons parcouru, chez tous les peuples au milieu desquels nous sommes passés. Nous aussi, nous voulons servir le Seigneur, car c’est lui notre Dieu.”

 

Psaume 33 [34]

 

Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur !

 

Je bénirai le Seigneur en tout temps,

sa louange sans cesse à mes lèvres.

Je me glorifierai dans le Seigneur :

que les pauvres m’entendent et soient en fête !

 

Le Seigneur regarde les justes,

il écoute, attentif à leurs cris.

Le Seigneur affronte les méchants

pour effacer de la terre leur mémoire.

 

Malheur sur malheur pour le juste,

mais le Seigneur chaque fois le délivre.

Il veille sur chacun de ses os,

pas un ne sera brisé.

 

Le mal tuera les méchants;

ils seront châtiés d’avoir haï le juste.

Le Seigneur rachètera ses serviteurs :

pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge.

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens (5, 21-32)

 

Frères, par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres, les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus, car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l’Église, le Christ est la tête, lui qui est le Sauveur de son corps. Eh bien ! si l’Église se soumet au Christ, qu’il en soit toujours de même pour les femmes à l’égard de leur mari.

 

Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Église, il s’est livré pour elle; il voulait la rendre sainte en la purifiant par le bain du baptême et la Parole de vie, il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut; il la voulait sainte et irréprochable. C’est comme cela que le mari doit aimer sa femme : comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime soi-même. Jamais personne n’a méprisé son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin.

C’est ce que fait le Christ pour l’Église, parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l’Écriture : à cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. Ce mystère est grand : je le dis en pensant au Christ et à l’Église.

 

Acclamation

 

Alléluia, Alléluia.

Tes paroles, Seigneur, sont pour nous l’esprit et la vie. Tu as les paroles de la vie éternelle.

Alléluia.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (6, 60-69)

 

Jésus avait dit dans la synagogue de Capharnaüm : “Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle.” Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, s’écrièrent : “Ce qu’il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l’écouter !” Jésus connaissait par lui-même ces récriminations des disciples. Il leur dit : “Cela vous heurte ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant ?... C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas.” Jésus savait en effet depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et celui qui le livrerait. Il ajouta : “Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père.” À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en allèrent et cessèrent de marcher avec lui. Alors Jésus dit aux Douze : “Voulez-vous partir, vous aussi ?” Simon-Pierre lui répondit : “Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu.”

 

 

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COMMENTAIRE DE L’EVANGILE

 

        

 

Communier, c’est ce décider pour le Christ; c’est « marcher avec lui », s’engager. Il est plus honnête de rester sur sa chaise tant qu’on ne se sent pas prêt pour le oui à Dieu, plutôt que de faire une communion qui n’engage à rien (évangile). Un oui sans compromission; il faut choisir (première lecture). Mais comme ce oui serait facilité, si nous savions - expérimentalement - combien le Christ nous aime, mieux qu’un mari sa femme (deuxième lecture) !

Première lecture : Jos 24,1-2a.15-17.18b

 

Israël s’est installé dans le pays de Canaan, installé dans tous les sens du mot; la cohabitation avec les populations idolâtres a laissé s’infiltrer le culte des dieux amorties (cananéens). Josué sent le danger.

 

Il réunit à Sichem, importante place forte du nord, tout l’appareil politique et administratif des douze tribus : les anciens, chefs, juges et commissaires. Ils se présentent ensemble devant Dieu, devant le sanctuaire (Jérusalem et son temple ne viendront que trois siècles plus tard). Josué fait un long discours où il rappelle, à grands traits, les interventions de Dieu pour son peuple. Le discours est omis par le lectionnaire, mais la réponse du peuple le reflète : C’est le Seigneur notre Dieu qui nous a fait monter d’Egypte où nous étions en esclavage. Celui qui a opéré tous ces grands prodiges de la mer Rouge, de la manne, de l’Alliance... c’est lui qui nous a protégés. Et Josué de conclure : Vous ne pouvez pas continuer à vivre dans les compromissions. Choisissez : ou les faux dieux ou le Seigneur ! Et, pour les décider, il ajoute : moi et les miens, nous voulons servir le Seigneur. Le peuple, remué, répondit : Plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur pour servir d’autres dieux !

 

Cette mise en demeure introduit celle du Christ aux disciples : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » - avec une réponse semblable des Douze (évangile).

 

L’Alliance avec Dieu n’est jamais chose faite. Elle est remise en cause à tous les tournants de notre vie. Il faut toujours re-choisir entre Dieu et ces dieux que sont l’argent, le pouvoir, le sexe, la consommation... Chaque eucharistie nous invite au choix. Quand le prêtre nous donne la sainte hostie et nous dit : « Le corps du Christ », et que nous répondons « Amen », sachons que cet Amen, ce oui est plus qu’un : « Je crois en la présence réelle » - il engage : « Amen, oui, je laisse entrer le Christ dans ma vie ».

Psaume : Ps 33

 

Je bénirai le Seigneur en tout temps, mais surtout en cette eucharistie. Sans cesse je veux renouveler mon attachement au Seigneur, car ce n’est jamais chose faite.

 

Confie-toi donc au Seigneur, car il regarde les justes, il est attentif à leurs cris... il les délivre... il veille. Tandis que les méchants, ceux qui ont rompu l’Alliance, le Seigneur les affronte.

Deuxième lecture : Ep 5,21-32

 

Vers la fin de sa lettre, Paul donne des avis catégoriels : aux enfants et aux parents, aux esclaves et aux maîtres... Il commence par les maris et leurs femmes. Un grand texte, mais « mal entendu », et qui a toujours irrité nos dames : Femmes, soyez soumises à vos maris... car le mari est la tête !

 

Paul écrit dans un contexte social ou le pater-familias était le chef incontesté, alors que la femme ne pouvait pas plus avoir de droits civils que saint Paul circuler en auto. De plus, il n’est pas question, ici, de normes juridiques. Le regard se porte sur le Christ, c’est lui qui est donné en exemple.

 

Et Paul de le montrer comme Il a aimé l’Eglise, comme Il s’est livré pour elle, jusqu’au bout du possible. Il l’a rendue sainte, l’a transfigurée, l’a purifiée par le bain du baptême et la Parole de vie, lui a ainsi donné un nouvel être et, de la sorte, l’a embellie, l’a rendue resplendissante, sans rides ni taches, jeune et sans aucun défaut. Que n’a-t-il fait pour elle ! Comme Il l’aime !

 

Eh bien ! Vous, les hommes (on remarquera que les hommes sont autant interpellés que les femmes) c’est comme cela que le mari doit aimer sa femme. Il doit donc l’aimer, non la posséder telle une chose, non en profiter. Il doit, au contraire, se livrer pour elle dans un total oubli de lui-même. La rendre belle, sans rides, jeune - tant il est vrai qu’une femme aimée rajeunit. En prendre soin, ne pas la mépriser, vouloir, au contraire, son épanouissement. Quel programme ! La mesure, la démesure du coeur du Christ lui est donnée en exemple.

 

C’est de ce point de départ, et de lui seul, que se comprennent bien les mots adressés à la femme. Il ne faut plus, alors, penser à un paragraphe juridique, ils sonnent comme une provocation amoureuse : comme l’Eglise se soumet librement à son Epoux, au Christ, au ’il en soit de même pour les femmes à l’égard de leur mari. Pour elles, rien ne doit être plus important que de répondre à l’amour de leur époux, parce que, pour celui-ci, rien ne doit être plus important que d’entourer sa femme de toute l’attention de son coeur.

 

Ce mystère est grand. Mystère est ici, non une chose obscure, mais si riche qu’elle est inépuisable. Nous ne finirons pas de nous en émerveiller. L’Ancien Testament avait souvent comparéà des épousailles l’amour de Yahvé pour son peuple. En Jésus, ce n’est plus une comparaison. Le don total sur la croix est une réalité tragique et passionnée. La Vulgate avait traduit mystère par « sacrement », non sans bonheur. Il y a quelque chose de sacral en l’amour. Il est signe de plus haut. Pour avoir une petite idée de la relation entre Christ et nous, regardons l’amour d’un couple idéal. Inversement, l’amour du Christ pour son Eglise est la « mesure » démesurée de ce que devrait être l’amour entre le mari et l’épouse.

Evangile : Jn 6,60-69

 

Le discours du pain de vie, que nous lisons depuis trois dimanches, s’achève sur une crise, une prise de position pour ou contre Jésus, et cela jusque dans les rangs même de ses disciples. On n’avait d’abord vu, sur le devant de la scène, On n’avait d’abord vu, sur le devant de la scène, que la foule qui s’était muée en juifs haineux. Voici que, à leur tour, beaucoup de disciples, jusqu’ici à l’arrière-plan, mais qui avaient entendu tout le discours, s’écrièrent : Ce qu’il dit est intolérable, on ne peut pas continuer a l’écouter. Ils sont heurtés, au sens presque physique du mot : ils heurtent un obstacle qui les empêche d’aller plus loin. Effectivement, ils ne veulent pas aller plus loin avec ce Jésus qu’ils ont suivi dans l’enthousiasme et qui, maintenant, les trouble, les déçoit. Tout cela se passe dans leur tête ou du moins à mots couverts. Mais Jésus, dont le regard souverain perce les reins et les coeurs, connaissait par lui-même ces récriminations.

 

Il leur dit : Cela vous heurte ? Et quand vous verrez le Fils de l’Homme monter où il était auparavant ?... (sous-entendez : que direz-vous alors ?). La phrase reste inachevée, mais elle lève un coin du voile qui cache encore les événements à venir : ils verront le Fils de l’Homme. Jésus apparaîtra clairement comme cet envoyé céleste que Daniel identifie au Messie de la fin des temps. Ils le verront monter : mot typique chez Jean; il signifie aussi bien la montée sur la croix que la montée en gloire. Monter où il était auparavant. Affirmation nette de la préexistence divine de Jésus. Jésus n’est pas un homme que la résurrection aurait déifié. Le Verbe était auprès du Père de toute éternité, il est « descendu du ciel » (mot fréquent dans le discours sur le pain de vie), il remonte où il était auparavant. C’est un « pas de géant » dont parle le psaume 18,7 : du ciel vers la terre et de la terre vers le ciel; il résume toute la mission du Christ : Incarnation (descente). Résurrection (montée).

 

Nous sommes effarés de la profondeur des vues de Jean. Qui peut comprendre cela ? Assurément, la chair (ici la seule raison humaine) n’en est pas capable. Seul l’Esprit de Jésus peut nous y introduire et nous y faire vivre. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. Mots à résonance multiple : ces paroles viennent de l’Esprit Saint qui donne la vie du Père; ou encore : ces paroles sont le Verbe de Dieu que l’Esprit nous communique. Jésus semble encore dire aux auditeurs troublés ces paroles : manger ma chair, boire mon sang ne sont pas à prendre au sens physique, mais au sens spirituel.

 

Les apôtres n’ont évidemment pas saisi la moitié de ces paroles. Ils comprendront, ils verront, quand le Christ sera monté, quand l’Esprit Saint leur sera donné. Et ce qu’écrit Jean, le vieillard, est le fruit d’une longue et riche expérience, après que son bien-aimé Seigneur fut monté au ciel.

 

Tout cela n’est que « de la théologie », si l’Esprit ne le rend vivant en nous : Personne ne peut venir à moi si cela ne lui est donné par le Père. Et le Père le donne à celui qui s’ouvre, qui croit.

 

Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. Le mot est tombé : ils refusent le don du Père. A partir de ce moment-là, beaucoup de ses disciples s’en allèrent. L’un d’eux, Judas, a déjà décidé en son coeur de le livrer. Jésus, dans sa souveraine lucidité, le savait depuis le commencement. Une immense peine a dû serrer son coeur. Ces disciples qui avaient partagé sa vie, son ministère, les voici qui cessent de marcher avec lui. Mystère des bourgeons prometteurs qui tombent on ne sait pourquoi. Beaucoup sont partis, il n’en reste que peu, à peine les Douze, dirait-on, et que Jean nomme ici pour la première fois.

 

Alors Jésus se tourne vers eux : Voulez-vous partir, vous aussi ? Simon Pierre lui répond (déjà, il exerce un ministère particulier, celui de parler au nom de tous) : Seigneur, vers qui pourrions-nous aller, tu as les paroles de la vie éternelle. Que les autres te quittent, quant à nous, nous croyons, nous te faisons confiance entière. Et, à l’intérieur de cette foi, nous savons, expérimentons que tu es le Saint de Dieu. A l’abandon des uns répond la foi plus vive des autres qui culmine dans ce titre assez rare de Saint de Dieu, et qui indique une relation unique de Jésus à Dieu.

 

Ainsi finit ce discours que l’on n’a pas fini d’explorer, tant il est dense, profond, sublime. Ainsi finit une période du ministère de Jésus que l’on a parfois appelée le printemps de Galilée. Jérusalem va devenir désormais le lieu de l’action du Christ et de la contestation accrue des Juifs. Ce discours sur le pain de vie clôt une étape et en ouvre une autre. Il est une espèce de repas d’adieu aux foules, en attendant que la Cène devienne le repas d’adieu à ses disciples.

 

 

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